21 Septembre 2021

Le « projet Mérida » vise à promouvoir un modèle de vie durable par le développement de forces productives de six zones géographiques dans l’Etat de Mérida. Un réseau de 31 unités de production s’est engagé à la mise en œuvre de pratiques agro-écologiques pour la production de semences autochtones et d’aliments d’origine végétale et animale. La stratégie du projet repose sur deux piliers essentiels : la redevabilité, et la «capacité de réplication ». 

Le projet s’étend sur plus de 3 années : jusqu’en 2023, en raison de la pandémie actuelle.

Ce projet est soutenu par

Le contexte

 Le projet est implanté dans l’Etat de Mérida, situé dans l’ouest du pays dans la région des Andes. Il est peuplé d’environ 830 000 habitants et structuré autour de la ville principale de Mérida. Il y a 23 municipalités autonomes. Notre zone d’intervention se situera dans les municipalités de Campo Elías et Andrés Bello. L’Etat de Mérida est marqué par une histoire agricole spécifique. Mérida est l’un des États ayant la plus grande diversité géographique, avec des zones hautes de plus de 4 000 mètres et des zones plus proches du niveau de la mer, situées à moins de 200m. Ce sont de hautes vallées qui présentent des conditions naturelles idéales pour l’agriculture mêlant végétation tropicale et neige éternelle.

Problématiques

C’est pour résoudre le problème de l’immense dépendance à l’égard des importations d’alimentation, et pour atténuer les inégalités liées à la répartition des terres, que le président Hugo Chavez a fait de la réforme agraire l’un des piliers de la révolution bolivarienne au début des années 2000. L’agro écologie a été introduite dans la Constitution de 1999. En 2015 est adoptée la loi sur les semences (Ley de semillas), qui interdit la production et la commercialisation de semences transgéniques, s’oppose à tout système de privatisation des semences (brevets, contrats d’exclusivité…), favorise la production nationale des semences, et garantit l’approvisionnement en semence du pays. 

Or l’actuelle crise économique engendrée par la dépendance excessive aux ressources pétrolières et la non-durabilité du modèle agro-industriel dominant, fragilise les systèmes alimentaires allant de la production à la distribution avec des pénuries et une flambée du prix des denrées alimentaires.

4 problématiques :

  • Autonomie alimentaire et reproduction de semences : le Venezuela est très dépendant des importations de semences
  • Alimentation biologique et circuit de distribution courts et directs
  • Gestion des ressources naturelles
  • Education aux médias et à la communication : les zones rurales et les initiatives agricoles sont peu médiatisées

Historique

Depuis 2012, une délégation de FAL 33 se rend annuellement au Venezuela afin de rencontrer différents acteurs qui mènent des projets de développement durable local pour accéder à la souveraineté alimentaire et visiter les différentes initiatives sociales, agricoles et écologiques locales. Au courant de ces voyages, FAL 33 n’a cessé de renforcer ses relations avec les partenaires rencontrés sur le terrain. Ainsi entre 2016 et 2018, FAL33 a mené avec le Mouvement des Sans Terre du Brésil (MST) via sa fondation Tierra Vermelha, un projet agro écologique nommé « Raiz fuerte » dans la ferme Caquetios qui hébergeait le siège de la Fondation au Venezuela.

Devant la situation de grande vulnérabilité en matière de sécurité alimentaire liée à l’actuelle crise économique au Venezuela, FAL33 continue sa coopération avec le MST en élaborant conjointement le « projet Mérida », lancé en 2018.

Objectifs

La finalité de ce projet est d’amorcer l’intérêt pour l’agroécologie et de valoriser les savoirs faire des agriculteurs locaux dans le but de développer un mode de vie durable dans l’Etat de Mérida au Venezuela. Il est basé sur la mise en place de systèmes agro-écologiques autonomes pour la production de graines et d’aliments et la gestion des eaux.

Bénéficiaires

Les bénéficiaires sont les paysannes et les paysans, productrices et producteurs et les étudiants des 31 unités de productions retenues (1 070 personnes soit 214 familles). Sur le moyen terme, l’objectif est de consolidé le processus de transition écologique sur leurs territoires et qu’ils mettent en œuvre des alternatives à la production de semences et d’aliments par le maintien des nouveaux systèmes de captation, de distribution et d’assainissement de l’eau douce. Sur le long terme, l’objectif est de produire 80% des aliments qu’ils consommeront localement.

En France, ce projet est intégré dans notre démarche d’Education Populaire (réflexion sur la souveraineté alimentaire, sensibilisation à la solidarité internationale, au développement durable…) par le biais d’intervention dans les collèges, les lycées, les universités mais aussi lors d’événements en Nouvelle Aquitaine.

Activités réalisées lors de la première année

√  Résultat n°1 : La phase une du projet à amorcé la mise en œuvre de nouvelles pratiques agro- écologiques comprenant l’organisation et la formation technique pour la production de semences durables et d’aliments sains permet de tendre vers la souveraineté alimentaire. Lors de la première année a été amorcé la constitution d’un réseau de semences biologiques en vue de la création d’une banque de semences entre les 31 familles de producteurs. 

√   Résultat n°2 : la conception des systèmes agricoles efficaces basés sur la permaculture et l’agroécologie suite aux résultats des évaluations du terrain de la ferme pilote « Terra Libre » on été appliqués au sein des jardins individuels des 31 familles de producteurs. 

√  Résultat n°3 : Gestion effective des ressources naturelles notamment hydriques. Il s’agissait d’améliorer les taux d’accès à l’eau potable dans la zone du projet. Le projet à conduit à la création d’une Mesa Tecnica del Agua, une plateforme de réflexion représentative réunissant l’ensemble des acteurs locaux : les bénéficiaires du projet, la communauté et les acteurs politiques. Le projet a impliqué le renforcement des infrastructures (toilettes sèches, stockage, pompe à eau, système d’irrigation goutte à goutte…). 

√  Résultat n°4 : a conduit la mise en place d’un programme de formation et de production audiovisuelle avec notre partenaire TerraTV destiné à la réflexion et la préservation de la mémoire historique du processus et le partage des savoirs et des connaissances. Cela a permis la création d’une trentaine de vidéos. 

√  Résultat n°5 / Valorisation du projet en Nouvelle-Aquitaine : Les films de Terra TV ont été utilisés comme supports audiovisuels suivi d’un débat lors du Festival latino-américain de 2019. La venue des partenaires vénézuéliens en avril 2019 a été l’occasion d’échanger et de sensibiliser autour des enjeux liés à la souveraineté alimentaire. L’association promeut sous forme d’ateliers audiovisuels animés par les bénévoles de FAL, de réfléchir sur la problématique de l’alimentation durable et la préservation des ressources naturelles auprès du public scolaire (collèges, lycées, universités)

Notre voyage solidaire en août 2019

Loin des médias, une équipe solidaire  réunie par fal33, et la brigade du MST au Venezuela, ont organisé un atelier de permaculture. Une formation impulsée par Gloria Verges et Franck David pour appuyer la création de “Tierra Libre”, le siège du réseau de producteurs de semences autochtones établi par les Sans Terre dans le village andin de La Azulita. Deux formateurs de TERRA TV se sont mêlés aux participant(e)s pour filmer les deux derniers jours de cette expérience. Une formation à l’image a également été prodiguée par ces formateurs en parallèle de l’atelier de permaculture. Au-delà de la transmission de connaissances, c’est une rencontre humaine toute particulière que révèle et raconte leur documentaire (ici).

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Activités prévues pour la deuxième année

Objectif 1- Créer une mémoire documentaire sur les expériences d’organisation et de formation. Comme pour la première année il s’agit de garder une trace des résultats, des réussites et de l’expérience accumulée lors de l’avance du projet. 

Objectif 2- Renforcer la souveraineté alimentaire grâce aux techniques agroécologiques. Dans la continuité des actions menées par le MST sur place, la brigade continue les visites formatives et distribution de semences biologiques destinées à la reproduction. 

Les membres de la brigade réalisent un suivi spécifique des parcelles des producteurs bénéficiaires ainsi que dans la  conception de systèmes agroécologiques à l’échelle familiale.

Durant cette année, le projet vise a construire les infrastructures collectives prévues lors de la première  année au sein de la ferme Terra Livre. 

Objectif 3 – Contribuer à la consolidation des organisations sociales de production et de transformation de semences agroécologiques. La brigade du MST va poursuivre son suivi des parcelles avec le module de recensement semencier. Cela s’inscrit dans le programme de formation à la production de semence sur l’année par le MST.  L’objectif étant d’instaurer le base d’une banque de semence “vivante” sur toute l’année entre les producteurs.  C’est à dire le partage régulier de semences entre producteurs.  

Objectif 4- Actions de valorisation et d’échange entre la France et le Venezuela. Ces échanges prendront la forme de rencontres  sur l’alimentation de paysan à paysan. 

Des échange de pratiques et savoir-faire entre partenaires français et spécialistes vénézuéliens sont prévus en fonction de l’amélioration du contexte sanitaire (conférences, ateliers, ciné-débats, interventions scolaires…). 

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