Dans un contexte de profonde crise économique et environnementale, engendrées par la dépendance aux ressources pétrolières et la non-durabilité du modèle agro-industriel dominant, les ressources naturelles se dégradent, tout comme les conditions de vie de la population.

En effet, depuis les années 1980-1990, l’agriculture intensive conduit à la surexploitation des ressources naturelles, à l’utilisation massive d’engrais et de pesticides, à la dégradation des sols ou encore l’augmentation des couts de production… facteurs qui entraînent également la disparition des cultures traditionnelles et des savoirs ancestraux. Face à ces défis, le gouvernement d’Hugo Chavez réforme progressivement l’utilisation des terres agricoles, et les années 2008-2010 s’accompagnent des premiers pas d’une transition agro-écologique. Mais les conflits sont fréquents entre les petits producteurs en agro écologie et les grandes entreprises agricoles liées à l’oligarchie locale.

Ce projet se déroule dans l’Etat de Lara au Nord ouest du Venezuela, mais sa zone d’influence s’étend jusqu’aux Etats de Mérida, Trujillo, Táchira, Portuguesa et Anzoátegui. Cinq de ces six Etats se situent dans la partie andine du pays, et bordent la cordillera de Mérida. Ce sont de hautes vallées, qui présentent des conditions naturelles idéales pour l’agriculture.

Mais, progressivement, l’expansion commerciale et industrielle ainsi que l’augmentation d’une économie de services dans les grandes villes, ont conduit au décroissement de la population rurale et au délaissement de ces régions.

Les petits producteurs expriment leur désir d’indépendance et leur besoin en professionnalisation, afin de mettre en place des techniques plus innovantes, plus écologiques, et plus efficientes…

Ce projet est né d’une volonté de transformer la réalité agricole existante, et de repenser un modèle de souveraineté alimentaire, respectueux du modèle culturel et social de l’agriculture familiale. En somme, un modèle plus durable qui positionne l’agriculteur comme entrepreneur et travailleur.

Problématiques

Les petites et moyennes exploitations agricoles sont particulièrement mises en difficultés face à la puissance des grands groupes agro-industriels transnationaux. Par ailleurs, la plupart d’entre elles sont dépendantes des intrants agricoles, dont les prix fluctuent en fonction du marché et de la spéculation sur les produits alimentaires. Ces facteurs mettent en péril la souveraineté alimentaire du Venezuela.

Objectif principal

Par la mise en place d’un nouveau modèle de production agricole plus respectueux de l’environnement et des communautés paysannes, ce projet vise à protéger la production agricole locale et nationale. Au vu des faiblesses structurelles de l’agriculture vénézuélienne, ce projet favorise un processus d’organisation de la production alternatif, qui promeut la relation avec la terre et surtout l’usage de technologies qui accélèrent le développement de la production nationale, freinant ainsi la migration massive des populations, de la campagne à la ville.

Objectifs spécifiques

Contribuer d’une part à la souveraineté alimentaire du pays par l’instauration d’un modèle de production agro écologique et d’autre part à l’autonomie (politique, économique et sociale) des communautés paysannes par le biais de la formation.

Bénéficiaires

Ce projet se déroule sur 24 mois (2016-2018). Il s’adresse à 16 communautés paysannes, qui regroupent environ 5 000 personnes et qui sont basées dans 5 Etats du Venezuela. La majorité des activités du projet se dérouleront sur le terrain de la Ferme Caquetios, dans la municipalité de Palavecino, Etat de Lara.

Partenaires

C’est une organisation à but non lucratif, dont la mission principale repose sur la défense, la préservation et la conservation de l’environnement et de l’économie paysanne. Elle promeut une vision systémique de la production agricole, du développement rural durable et de la souveraineté alimentaire, et favorise la diffusion des pratiques agro écologiques. Elle stimule et développe les réseaux de travailleurs indigènes et paysans, de femmes et de jeunes, pour la construction d’un nouveau modèle de production basé sur la justice sociale et l’équité, dans une perspective écologique.

Dans le but de préserver les savoirs ancestraux et traditionnels des communautés, tout en enseignant les techniques de production innovantes et efficientes, la structure met en place des formations diverses et transversales pour les organisations paysannes et les mouvements sociaux du Venezuela et d’Amérique Latine.

Retour en images

Mise en place d’une Ecole qui forme les paysans et paysannes à la production écologique : formations à la gestion des organisations communautaires (gestion de groupe, leadership, communication populaire…)

Mise en production de légumes, de graines et de semences selon un modèle agro-écologique 

Construction d’une Unité de production d’intrants biologiques et agro-écologiques

Mise en place d’une unité de production de semences

Création d’un réseau de producteurs de semences agro-écologiques.

Instauration d’un système de commercialisation et de distribution communautaire directe.

Pour aller plus loin