Accueil

Comité Bordeaux – Gironde de France Amérique Latine

FAL33 a pour objectif de soutenir durablement les actions de solidarité envers l'Amérique Latine et renforcer des liens de coopération entre les peuples français et latino-américains, avec 4 principes d’action :

  •   agir dans la durée en Aquitaine et en Amérique latine ;
  •   par des projets culturels et des projets de solidarité internationale ;
  •  avec une vision sociale, solidaire et d’égal à égal ;
  •   pour consolider les passerelles entre les deux.

Programmation

affiche-30e-web-1660x1000px

La programmation des 30e Rencontres du cinéma latino-américain est maintenant disponible !

Retrouvez ici tout le programme du festival 2013 ! (cliquez ici)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

VOYAGE EQUITABLE ET SOLIDAIRE EN COLOMBIE







Pour le formulaire d'inscription cliquer ici :
Attachments:
Download this file (Appel a Inscription.pdf)Appel a Inscription.pdf[ ]441 Kb
 

Film de présentation des 29e Rencontres du cinéma latino-américain

En mars 2012, une équipe d'étudiants en BTS audiovisuel de l'ESMI de Bordeaux ont suivi le déroulement des Rencontres du cinéma latino-américain et ont réalisé un film.

Merci !

 

DECLARATION DE LA COORDINATION COLOMBIE – EUROPE – ETATS UNIS

Lundi, 19 novembre 2012, commence les négociations de paix entre l'Etat colombien et la guerrilla, las FARC.

La société civile colombienne avec le soutien international se mobilise pour accompagner ces négociations.

Vous trouverez ci joint la déclaration de la Coordination Colombie-Europe- Etats Unis, un réseau des organisations sociales et ONG de défense des droits de l'Homme.

Attachments:
Download this file (1er Ciclo de Negociaciones de Paz.pdf)1er Ciclo de Negociaciones de Paz.pdf[ ]131 Kb
 

Les activités de novembre

Voici le programme des rendez-vous de l'association pour le mois de novembre : cinéma, rencontres, débats... Nous espérons vous retrouver nombreux autour de ces événements.

 

7, 8 et 9 novembre : Projections-rencontres organisées par l'Espace Histoire-Image de Pessac et FAL33 dans le cadre du Mois du Film Documentaire

L'Espace Histoire-Image de Pessac consacre un cycle de 3 séances au documentaire latino-américain et FAL33 s'est associé pour concoter la programmation.

Nous vous proposons 3 séances, 3 rencontres, 4 intervenants autour du cinéma documentaire et de l'Amérique latine des années 70.

Les séances ont lieu à l'Espace Histoire Image - 21 rue de Camponac – Pessac - Entrée gratuite


Mercredi 7 novembre à 19h30 : Derrière les collines de Samantha Yépez. La projection est suivie d'une rencontre avec la réalisatrice.

Derrière les collines, un film réalisé par Samanta Yépez - France, Colombie, Equateur, 2011, 42 minutes, VOST

Production : Uma films

Des observateurs internationaux se rendent en Colombie pour enquêter sur les crimes d'État. La réalisatrice les accompagne. Caméra à l'épaule, elle recueille la parole de celles et ceux qui témoignent de la mort de leurs proches. Leur fils, leur sœur, leur père ont été tués par l'armée qui présente les victimes comme des guérilleros morts au combat. « Ils n'étaient pas guérilleros, il n'y a pas eu de combat ». Ce film est habité par la dignité de ces paysans, la peur des représailles ne les empêche pas de dénoncer ces crimes. En s'accrochant à leur seule parole, ce documentaire rend hommage à leur courage.

 

 

 

 

 

Jeudi 8 novembre à 19h30 : Donde comienza el camino de Hugo Grosso. La séance est animée par Laure Bedin de FAL33, enseignante en cinéma et littérature et la projection est suivie d'une rencontre avec Cécilia Gonzalez, maître de conférence à Bordeaux 3.

Donde comienza el camino, un film réalisé par Hugo Grosso - Argentine, 2005, 83 minutes, VOST

Fernando Birri laissera une trace indélébile dans l'histoire du Nouveau Cinéma Latino-américain. Il a fondé et dirigé l'Ecole Documentaire de Santa Fe, en Argentine, puis l'Ecole Internationale de Cinéma et Télévision de San Antonio de los Baños à Cuba. Des années 50' à nos jours, il n'a cessé d'appuyer son propos sur le nécessaire engagement artistique, poétique et politique du cinéaste à travers de nombreux films documentaires.

Les propos enivrants de Birri et de ceux qui ont partagé son parcours sur les méthodes, les influences, son rôle fondateur, son engagement poético-politique, sa production artistique sont quelques uns des sillons qui forment ce chemin et qui font de ce film un véritable cours magistral sur l'histoire du cinéma.

 

Vendredi 9 novembre à 19h30 : Hommage à Chris Marker avec la projection de trois courts-métrages de la série "On vous parle de" sur le Chili et le Brésil, suivie d'une rencontre avec Bamchade Pourvali, doctorant en cinéma, auteur de "Chris Marker", édité par les Cahiers du cinéma Scéren-CNDP dans la collection Les Petits Cahiers.

On vous parle du Chili : ce que disait Allende, un film réalisé par Chris Marker et Miguel Littin - Espagnol, 1973, 15 minutes, VOST

Production : SLON

Interview de Salvador Allende par Régis Debray. Salvador Allende : «Je crois que la bourgeoisie part d'une erreur, qui fait de l'homme le facteur essentiel dans un processus social. Nous, nous savons que c'est le peuple, que ce sont les masses. Ce qui n'empêche pas qu'un homme peut avoir une influence déterminée à un moment donné. (...) Pour le Chili, bon, s'ils m'assassinent, le peuple suivra sa route. Avec la différence que les choses seront plus dures, plus violentes. Parce que pour le peuple ce sera une leçon très claire, très objective : que ces gens-là ne reculent devant rien.»

 

On vous parle du Brésil : tortures, un film réalisé par Marker Chris - France, 1969, 17 minutes, VOST

Production : SLON

Le 4 septembre 1969, un groupe de révolutionnaires brésiliens enlève l'ambassadeur des États-Unis. En échange de sa libération, ils demandent que les autorités brésiliennes publient un manifeste qu'ils fournissent, et libèrent 15 prisonniers politiques dont ils donnent la liste. À leur arrivée à Cuba, après leur libération, ces 15 prisonniers qui ont ainsi échappé à la torture et probablement à la mort, témoigneront de ce qu'ils ont vu et vécu dans les prisons brésiliennes.

 

 

On vous parle du Brésil : Carlos Marighela, un film réalisé par Marker Chris - France, 1970, 20 minutes, VOST

Production : SLON

Le 4 novembre 1969, Carlos Marighela est attiré dans une embuscade et tombe sous les balles de 80 policiers armés de revolvers et de mitraillettes. La dictature le considérait comme l'ennemi public N°1 et espérait en l'assassinant en finir avec la guérilla urbaine très active alors au Brésil. Ce film fait un an après sa mort, retrace à travers le témoignage de ses camarades de lutte et de ses amis, la vie et l'histoire politique de Carlos Marighela.

 

 

 

Du 9 au 30 novembre : campagne AlimenTerre

Vendredi 9 novembre de 14h à 22h au Rocher Palmer : Lancement régional de la Campagne AlimenTerre 2012 et de la Semaine de la Solidarité Internationale, auxquelles FAL33 participe depuis 3 ans.

Plusieurs associations locales se mobilisent au mois de novembre pour sensibiliser le jeune public et les grand public aux enjeux de la souveraineté alimentaire et de la solidarité internationale. Un programme très riche vous attend avec des conférences, une sieste musicale, animations et projections des courts métrages. Dans ce cadre, le court-métrage cubain de la Fondation Antonio Nuñez Jimenez "Sauvons les semences" sera projeté. Pour plus d'informations visiter la page: http://www.radsi.org/spip.php?page=calendrier

 

Mardi 13 novembre à 18h30 au ciné-Jalles de St Médard en Jalles : Projection-débat dans le cadre de la campagne AlimenTerre avec un focus spécifique sur le contexte du Brésil. Cette soirée est co-animée avec l'association Echanges Nord-Sud.

Deux films seront projetés :

La face cachée des agrocarburants un documentaire brésilien et le court métrage Les défis du guarana.

Cette projection sera suivie d'un débat avec Robert FALLAY, Vice-Président du Comité Bordeaux-Gironde de France Amérique Latine. Consultant en Coopération Internationale avec une expérience en Amazonie Équatorienne (5 ans) et des pratiques d'échange Nord-Sud dont le Brésil (mouvement sans terre) et Christine ROUX, Responsable EAD-SI Artisans du monde à Bordeaux.

Cette soirée sera clôturée autour d'un pôt d'amitié solidaire, les brésiliens nous ferrons découvrir des amuses bouche brésiliennes.

Lieu : Ciné-Jalles - place de la République - 33360 St Médard en Jalles

 

Mardi 27 novembre au cinéma Les Colonnes à Blanquefort à 20h30 : Soirée projection-débat et performance artistique dans le cadre de la campagne AlimenTerre.

Projection du documentaire gualtemalteque La Era del Buen Vivir qui sera suivie par l'intervention de Anne Laure FARGES-PLANTIER, juriste en Droit International des Droits de l'Homme et Jossie RIFFAUD Membre de la Confédération Paysanne et Déléguée au comité de Via Campesina, présidente de l'association "Combat Monsanto".

Cette soirée se poursuivra avec une performance musicale : Extraits du conte musical Pablito l'Amérindien auteur : Luis Marcel CASSORLA et l'ensemble Diaguitas de Parempyre et Blanquefort. Nous clôturerons cette belle rencontre entre cultures avec une pot de l'amitié solidaire avec des empanadas et des jus.

 

Du 17 au 25 novembre : Semaine de la Solidarité Internationale

Samedi 17 novembre de 10h à 18h, Place de la Victoire à Bordeaux : Village associatif de la Semaine de la Solidarité Internationale.

Jeux, concerts, danse, animation diverses des association locales, FAL33 tiendra un stand pour vous faire découvrir ses projets dans le cadre de la Solidarité Internationale avec les différents pays latino-américains.

 

Mardi 20 novembre à 18h30 au ciné-Jalles de St Médard en Jalles : Projection-débat autour du documentaire Derrière les collines de Samanta YEPEZ, suivie d'une rencontre avec de la réalisatrice.

La Colombie est submergée depuis plus de 50 ans par un conflit armé. Aujourd'hui l'Etat engage des négociations de paix... la société civile est dans l'expectative.

Ce documentaire est un bel exemple de l'engagement d'une jeune réalisatrice franco-équatorienne envers des familles victimes de ce conflit armé en leur donnant la parole.

FAL33 souhaite dans le cadre de cette mobilisation nationale sur la Solidarité Internationale donner une place à cette oeuvre cinématographique qui retrace la mobilisation internationale des différents acteurs pour la défense des droits de l'Homme en Colombie.

Lieu : Ciné-Jalles - place de la République - 33360 St Médard en Jalles

 

Jeudi 22 novembre à 21h au cinéma Utopia à Bordeaux : Le Collectif Bordeaux-Centre de la Semaine de la Solidarité Internationale organise une soirée "Droit à l'Essentiel" avec la projection du documentaire Derrière les collines de Samanta YEPEZ, suivie d'un débat avec la réalisatrice pour aborder les questions de la défense des droits de l'Homme et l'engament des réalisateurs dans des problématiques de pays latino-américains.

Lieu : Cinéma Utopia – 5 place Camille Jullian – Bordeaux

 

Deuxième Semaine du Cinéma Equatorien à Paris

Après le succès de 1e Semaine du Cinéma Équatorien – Paris 2011, l'Association Rencontres Culturelles organise, sous le haut patronage de l'Ambassade de l'Équateur en France et avec la collaboration de l'Institut Cervantes, la deuxième édition de cet événement, qui aura un lieu du 22 au 27 octobre 2012. Les séances auront lieu successivement à l'Institut Cervantes et au Cinéma Saint-André des Arts.

La Semaine propose une sélection diverse, entre fictions et documentaires, des films récents de la production équatorienne et plusieurs classiques inédits en France. Pour faire honneur au nom de notre Semaine -Images d[é]s centr[é]es-, nous avons voulu étendre les limites de notre propre regard sur le cinéma équatorien. Pour cela, nous avons inclus une importante sélection de films réalisés par des cinéastes équatoriens ayant émigré, et des films de cinéastes français qui ont ressenti le désir et la nécessité de se rapprocher, de filmer en Équateur et de raconter leurs liens profonds avec notre pays. C'est le cas de Joseph Morder, Laetitia Moreau et Yves de Peretti.

Cette Semaine nous donne aussi l'occasion de rendre hommage à la carrière prolifique de Toty Rodríguez, actrice ayant débuté à Paris et qui sera l'invitée d'honneur de cette édition d'Images d[é]s centr[é]es. Un hommage particulier sera également rendu à Jaime Cuesta, récemment disparu, co-réalisateur de l'inoubliable road-movie des années 80', Dos para el camino, dont la projection sera sans aucun doute un moment fort de cette Semaine.

La 1e Semaine du Cinéma Équatorien a rencontré un véritable succès auprès du public, les 1200 personnes ayant assisté aux séances en 2011 sont venues découvrir le cinéma équatorien et confirmer sa bonne santé. Cette deuxième édition nous donnera l'occasion de consolider en France un espace de promotion et de diffusion de notre cinématographie.

Plus d'informations et le programme complet : http://umafilms.wordpress.com/diffusion-2/deuxieme-semaine-du-cinema-equatorien/

 

 

 

 

 

 

 

 

UNE VICTOIRE

Le choix fait par les vénézuéliens, le 7 octobre 2012, du programme socialiste, écologique et participatif de Hugo Chavez avec 55 % des voix, face au programme néo-libéral du candidat Henrique Capriles qui a obtenu 44 % des voix, est d'autant plus significatif qu'il a suscité une forte participation citoyenne (80 %).

 

Le philosophe Simón Rodriguez (1769-1854)

 

Depuis quelques années des candidats progressistes rassemblent systématiquement le même niveau de suffrages (Rafael Correa en Equateur, Evo Morales en Bolivie, Daniel Ortega au Nicaragua, Dilma Roussef au Brésil..). C'est la première évidence que les médias en guerre depuis 13 ans contre le Venezuela devraient tenter de comprendre. Ce qui se passe en Amérique Latine, c'est tout simplement que des majorités sociales deviennent, grâce à la démocratie retrouvée, des majorités politiques. Au Venezuela, l'éminence grise de Simon Bolivar, le philosophe Simón Rodriguez avait déjà pour idée maîtresse l'intégration des exclus de la société coloniale : les noirs, les indigènes, les « pardos », « morenos ».. qui composaient 60 % de la population.

Cette victoire appelle à mon sens deux autres réflexions.

1. Il est temps de comprendre l'Histoire du peuple du Venezuela, qui a trop vécu, trop lutté, trop retenu ses larmes, trop appris, trop compris. Dans cette société fondée dans la violence du maître et de l'esclave, dans la castration continue du sujet, la rage de l'humiliation s'est souvent accumulée au point de faire sauter toutes les barrières. L'échec de la deuxième république (1814) était due en grande partie au caudillisme de Boves qui transforma la rage collective en instinct de destruction. Il a fallu que Simón Bolivar (1783-1830) élimine ce danger, reprenne cette rage à zéro, et fasse de son armée d'esclaves le ferment d'une république et l'outil de l'émancipation du reste de l'Amérique Latine.

A la fin du vingtième siècle, le Venezuela pétrolier aurait pu retomber facilement « dans les griffes de Boves ». La colère de l'immense pauvreté, l'arrogance de l'élite, tout y conduisait. Ce qui a évité au Venezuela de devenir une deuxième Colombie ou un deuxième Mexique, c'est l'élection de Hugo Chavez, militaire qui avait refusé la répression comme réponse aux problèmes sociaux, et construit un programme « bolivarien » transformant la violence en force de construction : assemblée constituante (1999) puis démocratie participative (2002-2012).

C'est tout le paradoxe de cette histoire incomprise : il a fallu au peuple élire en 1998 un leader bolivarien venu des forces armées pour reprendre l'Histoire, exorciser la rage, la peur, pour être soi, mais surtout « être plus » comme dit Paulo Freire, c'est-à-dire dialoguer avec le reste du monde, se reconnaître peu à peu dans les autres.

Quand Chavez parle longuement à la population, en pédagogue des droits humains, de l'économie socialiste, des droits inscrits dans la nouvelle Constitution, de l'Histoire censurée du Venezuela, c'est tout le contraire d'un embrigadement. Il travaille pour que le processus ne dépende plus d'un seul homme, et il le fait inlassablement. En 2012, la sédimentation de la démocratie participative, avec ses 40.000 conseils communaux, a déjà rompu avec le paternalisme endémique et la paix sociale achetée par les régimes antérieurs.

Pour arriver à cela, Chavez ne fait que reprendre la manière du chanteur Ali Primera qui enseigna aux Vénézuéliens qu'il existait un passé et un dehors. Le chantre des casas de cartón, du haut de sa voix rauque et de ses notes blessées, racontait qu'il y a autant de morts en Haïti que le colibri bat d'ailes en un siècle. Primera refusa de vendre son chant ou d'apparaître dans une télévision qui au Venezuela n'admettait que les blancs, préférant l'abrazo de foules grandissantes, jusqu'à sa mort. En parlant avec humour à ceux à qui jamais on ne parlait, Ali Primera ou Hugo Chavez réveillent un peuple et lui communiquent le sentiment d'exister.

Exister. Dignité. Ces mots expriment le corps brun, noir, pauvre sorti de l'ombre et qui vous cherche, vous saisit par le bras, jusque sous la pluie, et ce visage trop présent soudain qui vous parle, vous parle de ce qu'il refuse à présent de perdre, dans le rire souverain, là où se dressent chaque matin les échoppes des vendeurs de rue, là où la jeune femme brune lève un bras musclé et pose sa question en reposant son enfant par terre. Mains noires plongées dans la terre noire, qui ne demandent qu'à nourrir les corps décharnés de Haiti, la république soeur : la pensée resurgit dans la lutte, dans le temps, lentement, devenant université, musique, pensée, sentiments, Petrocaribe, Alba...

On rappelle parfois que les idées de Rousseau débarquèrent ici dans les caisses de machines à imprimer traînées sur le sable par les généraux de Bolivar, on oublie qu'elles ont dû coexister très tôt avec l'imaginaire, bien enraciné dans la moëlle, du « cumbe », cette commune libre ou les esclaves en fuite réinventaient le monde. L'imprimerie allait bientôt tomber aux mains d'une élite post-bolivarienne comme outil de distinction contre la « plèbe analphabète » ? Mais la révolution bolivarienne rend deux siècles plus tard au peuple ces livres à des prix symboliques. Le Venezuela est devenu en 2012 le troisième pays d'Amérique Latine en nombre de lecteurs.

2. Cette victoire est aussi la défaite des grands médias qui aujourd'hui « pensent » la gauche occidentale. Tête basse, celle-ci n'ose plus parler une autre langue. Elle comprendra peut-être un jour que son refus de démocratiser et de pluraliser en profondeur le champ médiatique, la condamne non seulement à ne plus comprendre le monde, mais à ne plus y être entendue et, à terme, à disparaître elle-même. Car réduire le monde à un journal télévisé, c'est finalement cesser d'exister soi-même.

Le cliché : «Ah ! quel dommage que Chavez soit trop primaire pour comprendre que les ennemis de ses ennemis ne sont pas forcément des amis » exprime la difficulté, voire le refus de s'informer et d'admettre que l'Autre est capable de penser subtilement, d'avoir une stratégie à long terme et une Histoire assez dense pour qu'on ne le définisse pas en creux.

Comment ignorer encore, en 2012, le mouvement profond d'une diplomatie qui procède en droite ligne de Simón Bolivar et de son projet de réunir "les trois quarts de l'Humanité" lors du Congrès de Panama (1826) pour bâtir «l'équilibre du Monde » ? Rêve multipolaire saboté par les grandes puissances de l'époque mais souvent repris depuis par les nations du Sud (Bandoeng 1955) ? Au-delà des contingences de qui gouverne chacun des États (combien de despotes ici ou là à l'époque de Bolivar, à l'époque de Bandoeng, aujourd'hui ?), cette multipolarité – un des cinq objectifs pour lesquels Hugo Chavez vient d'ètre réélu – consiste à préparer, par des accords d'État à État, le jour où comme en Amérique Latine, et peut-être sous son influence, l'intelligence collective des peuples permettra de démocratiser les institutions politiques et de construire des relations internationales sur les principes de souveraineté, d'égalité, de respect et de coopération. C'est dans ce sens que Caracas resserre ses liens avec l'Afrique et l'Asie, et accueillera le sommet des non-alignés en 2015.

Thierry Deronne, Caracas, 8 octobre 2012.

Photos de l'auteur : à Caracas, le peuple vénézuélien fête la victoire du 7 octobre 2012.

 

Page 1 sur 5

oto kiralama ankara şoförlü oto kiralama ankara lüks araç kiralama ankara
cinsel sohbet numaralari sex sohbet hatlari canli telefonda sohbet kiz telefon ucuz sohbet telefonda chat sohbet numaralari sicak sohbet sex sohbet
arac muayene randevu alma tuvturk arac muayene randevu bilinmeyen numaralar canli sohbet hatti sohbet hatti canli sohbet hatlari uyap dava sorgulama trafik ceza sorgulama dava sorgulama vergi borc sorgulama emeklilik hesaplama ne zaman emekli olurum
  • Seo Danismani kontor yukle hacklink hacklink