Projet d’Ecole populaire et latino-américaine de cinéma, télévision et théâtre


La République Bolivarienne du Venezuela est bordée par la Guyane, le Brésil et la Colombie, et possède un accès à la mer des Caraïbes au nord et à l’océan Atlantique à l’est. Peuplée de quelques 30 millions d’habitants et très urbanisée, sa superficie est d’environ 900 000km2.

La position géographique du pays en fait un carrefour privilégié de l’intégration latino-américaine tournage venezuela– en témoignent de nombreux projets (Alba, Celac, PetroCaribe etc..).

Le pays vit depuis 15 ans un processus de transformation appelé «Révolution Bolivarienne», dont le programme est marqué par la volonté de mettre fin à l’économie de ports et la dépendance des importations, de mettre en œuvre la ré-industrialisation nationale et la réforme agraire. Il s’agit également de favoriser l’inclusion des couches sociales vulnérables, jusque là politiquement et socialement exclues, par la redistribution des gains pétroliers vers les services publics de santé, d’éducation, d’alimentation et d’infrastructures…

Au Venezuela, comme dans beaucoup de pays d’Amérique Latine, les outils et le langage audiovisuels sont réservés à une élite sociale, puisque la majorité des médias appartiennent à de grands groupes privés transnationaux. Cette mainmise sur la communication, conduit au dénigrement, à l’isolement et à la marginalisation des mouvements sociaux, qui n’ont plus la place pour s’exprimer, pour mener leurs activités et diffuser leurs luttes. C’est dans un contexte de demande croissante en ouverture des médias et en formation, que ce projet intervient; sur une durée de 3 ans (2015-2018).

Zone de projet

Le Venezuela est un Etat fédéral divisé en 23 subdivisions territoriales. Le projet est implanté dans l’Etat d’Aragua, situé au nord ouest de la capitale Caracas, peuplé d’environ 1 600 000 habitants et structuré autour de la ville principale de Maracay. Composé de 18 municipalités, notre zone d’intervention se situe dans celle de Francisco Linares Alcantara, dans le quartier de Teletambores.

Aragua

Zone de projet venezuela

Partenaire venezuelien

Eplacite LOGOL’Ecole Populaire de Cinéma de Maracay est née en 1994. En 20 ans, elle a offert plus de mille ateliers gratuits, ainsi que des équipements nécessaires aux mouvements sociaux du Venezuela et d’Amérique Latine, tels que des groupes féministes, des syndicats du textile, des associations de lutte pour la défense de l’environnement, du mouvement des Travailleurs Ruraux Sans Terre du Brésil etc… En ouvrant un espace permanent de formation et de travail destiné aux jeunes talents des quartiers populaires, l’école a contribué à former une nouvelle génération de réalisatrices et de réalisateurs pour favoriser le développement d’un cinéma du Sud. Des étudiant(e)s de tous le pays, et des membres d’organisations populaires ont désormais la possibilité, avec le soutien d’un personnel enseignant qualifié, d’étudier le cinéma.

En janvier 2009, l’École Populaire et Latino-Américaine de Cinéma, Théâtre et de Télévision (EPLACITE) a acquis le statut de personne juridique vénézuélienne en tant que « Fondation Sans But Lucratif ».

Le projet

Les Bénéficiaires

Les mouvements sociaux urbains et ruraux du Venezuela et de l’Amérique Latine souhaitant créer une télévision associative ou qualifier le personnel d’un média existant.

Objectif principal

Décloisonner, remobiliser et autonomiser les mouvements sociaux, en rendant visibles leurs luttes.

Objectifs spécifiques

  1. Le projet vise à contribuer au développement de médias audiovisuels citoyens et associatifs pour promouvoir une culture Latino-américaine alternative. Ainsi, les citoyens pourront développer une vision alternative du réel, autonome, éloignée de la création de faux intérêts par la publicité commerciale ou l’acculturation des sous-produits de la télévision dominante, et pourra générer un contenu respectueux de l’humain, de l’environnement et basé sur les intérêts profonds des sociétés où ils s’insèrent.
  1. Créer du lien social par la mise en réseau des mouvements sociaux, aussi bien au niveau local qu’à l’échelle internationale.

Activités - Vénezuela

  • Formation intégrale de professionnels de l’audiovisuel et du théâtre sur tout le continent Latino-américain.
  • Mise en ligne des cours afin de permettre à d’autres mouvements sociaux d’avoir accès à la formation à distance.
  • Mise en ligne des productions réalisées par les étudiant(e)s afin de favoriser la visibilité de leurs oeuvres
  • Des ateliers externes sont organisés pour sensibiliser et former d’autres mouvements sociaux indépendants
  • Organisation d’un festival annuel, avec projection des réalisations des étudiant(e)s, et évaluation participative des habitants de la communauté.

En 2016

L’équipe d’EPLACITE rend hommage à Berta Caceres, militante écologiste assassinée au Honduras le 3 mars dernier, en renommant l’Ecole a son nom, et en organisant une série d’ateliers consacrés à ses luttes.

Activités - France

En Aquitaine

Le projet s’appuie sur le développement d’un cinéma populaire du Sud, grâce à des échanges entre acteurs vénézuéliens et aquitains.

  • Des réalisateurs et étudiants de l’école viendront en Aquitaine, pour mettre en place des activités de sensibilisation de publics scolaires (enseignants, collégiens, lycéens) et sociaux (maisons de quartiers, de jeunes etc.).
  • Le projet donnera également lieu à l’organisation de projections de films d’étudiants vénézuéliens lors des Rencontres du cinéma Latino-Américains à Bordeaux et lors des Rencontres avec le cinéma d’Amérique Latine et des Caraïbes.

Zoom sur 2016

Dans le cadre du projet EPLACITE et des 33ème Rencontres du Cinéma Latino-américain, FAL33 a invité deux réalisateurs, producteurs et caméramans vénézuéliens. Ces derniers  étaient en France du 8 au 29 mars 2016, et ont participé et animé diverses activités.

Freres Rodriguez

Luis et Andres Rodriguez sont nés à Caracas en 1974. Avant de se consacrer à la réalisation de documentaires, ils ont travaillé dans le domaine social. C’est cette expérience qui les a portés à s’intégrer aux personnes marginalisées de la société, celles qui n’ont pas toujours les moyens de s’exprimer. Carrière cinématographique très prolifique pour ces jumeaux puisqu’ils ont déjà tourné dans une quarantaine de documentaires, mais aussi des fictions. Ils ont par ailleurs dispensé plusieurs cours, dans le contexte de la formation audiovisuelle offerte par le projet EPLACITE au Venezuela.

A Bordeaux…

Ils ont participé au stage de formation « Découverte des cinématographies latino-américaines », organisé les 10 et 11 mars.

Lors de cette formation, une après midi a été consacrée à une Masterclass de la filmographie des Frères Rodriguez. Ceux-ci étaient présents pour commenter leur travail avec les participants, et échanger sur leurs productions.

Ils ont échangé avec le public, lors de la projection de leur fiction Brecha en el silencio

Ce film, tourné au Venezuela en 2012, a été diffusé deux fois lors des 33ème Rencontres du Cinéma Latino américain. Les spectateurs ont pu donc rencontrer et débattre avec Luis et Andres, durant toute la durée du Festival.

Ils ont tourné un court métrage avec la communauté Sahraouie de Bordeaux

Du Sahraouis21 au 26 mars 2016, les Frères Rodriguez, en partenariat avec FAL33, Le Rocher de Palmer, Rosa Florent, La Ligue des Droits de l’Homme et Sylvain Mavel, ont dirigé des ateliers audiovisuels avec la communauté Sahraouie de Bordeaux. Ainsi, les Sahraouis ont pu tourner des images de leur quotidien et témoigner de leur culture et de leur mode de vie dans la métropole bordelaise, tout en sensibilisant le grand public à leurs problématiques quotidiennes. Ils ont également été formés aux instruments et techniques audiovisuelles de base.

Le 26 mars aux Halles des Douves, ils ont projeté le court métrage, résultat de cet atelier, en présence des Sahraouis et de leurs représentants. Luis et Andres ont également  projeté leur film Sahara esperando el vuelo, tourné en 2013 dans les camps de réfugiés sahraouis en Algérie. Le public a ensuite pu échanger avec les sahraouis présents ainsi que les réalisateurs.

Ils ont animé une rencontre entre professionnels de l’audiovisuel au Rocher de Palmer de Cenon

Le 29 mars, dans le cadre de l’espace co-working du Rocher de Palmer, les Frères Rodriguez et Sylvain Mavel, ont participé à une Rencontre entre professionnels de l’audiovisuel et des multimédias.

A Pau…

Echanges avec notre partenaire FAL64

Soirée Manos Mansas_1

Dans le cadre de l’agrandissement de la région Aquitaine Limousin Poitou Charente, FAL33 mutualise ses invités avec ses partenaires. Ainsi, Luis et Andres Rodriguez présentaient leur film Manos Mansas au Cinéma Le Saleys à Salies-de-Béarn le 15 mars, Los suenos de José Castillo et Refugios au Cinéma La Bobine de Monein le 16 mars, et Brecha en el Silencio le 17 mars 2016.

Les échanges entre FAL33 et ses partenaires font partie intégrante de tous les projets de solidarité de l’association. Il s’agit d’apporter de la visibilité sur les projets développés en Amérique Latine, ici au Venezuela, et d’apparaître comme un relais de communication ici en France.

Dans le cadre de la première année du projet EPLACITE, les Frère Rodriguez ont participé à un ensemble d’activités très variées, répondant aux objectifs  spécifiques fixés par le projet :

  • La diffusion d’un cinéma indépendant d’Amérique Latine en France
  • La Sensibilisation et les échanges avec le grand public
  • La rencontre avec des associations locales

Nous les remercions pour leur venue, riche en échanges !


Projet Raíz Fuerte – Venezuela


Dans un contexte de profonde crise économique et environnementale, engendrées par la dépendance aux ressources pétrolières et la non-durabilité du modèle agro-industriel dominant, les ressources naturelles se dégradent, tout comme les conditions de vie de la population.

Les petits producteurs expriment leur désir d’indépendance et leur besoin en professionnalisation, afin de mettre en place des techniques plus innovantes, plus écologiques, et plus efficientes…

Le contexte local

Les petites et moyennes exploitations agricoles sont particulièrement mises en difficultés face à la puissance des grands groupes agro-industriels transnationaux. Par ailleurs, la plupart d’entre elles sont dépendantes des intrants agricoles, dont les prix fluctuent en fonction du marché et de la spéculation sur les produits alimentaires. Ces facteurs mettent en péril la souveraineté alimentaire du Venezuela.

Ce projet se déroule dans l’Etat de Lara au Nord ouest du Venezuela, mais sa zone d’influence s’étend jusqu’aux Etats de Mérida, Trujillo, Táchira, Portuguesa et Anzoátegui. Cinq de ces six Etats se situent dans la partie andine du pays, et bordent la cordillera de Mérida. Ce sont de hautes vallées, qui présentent des conditions naturelles idéales pour l’agriculture. Mais progressivement, l’expansion commerciale et industrielle ainsi que l’augmentation d’une économie de services dans les grandes villes, ont conduit au décroissement de la population rurale et au délaissement de ces régions.

Depuis les années 1980-1990, l’agriculture intensive conduit à la surexploitation des ressources naturelles, à l’utilisation massive d’engrais et de pesticides, à la dégradation des sols ou encore l’augmentation des couts de production… facteurs qui entraînent également la disparition des cultures traditionnelles et des savoirs ancestraux. Face à ces défis, le gouvernement d’Hugo Chavez réforme progressivement l’utilisation des terres agricoles, et les années 2008-2010 s’accompagnent des premiers pas d’une transition agro-écologique. Mais les conflits sont fréquents entre les petits producteurs en agro écologie et les grandes entreprises agricoles liées à l’oligarchie locale.

Ce projet est né d’une volonté de transformer la réalité agricole existante, et de repenser un modèle de souveraineté alimentaire, respectueux du modèle culturel et social de l’agriculture familiale. En somme, un modèle plus durable et qui positionne l’agriculteur comme entrepreneur et travailleur.

Nos Partenaires

Ce projet est implanté par la Fondation Tierra Vermelha, qui a été créée à l’initiative du Mouvement des Sans Terres au Venezuela en 2015.

Ferme ecole CaquetiosC’est une organisation à but non lucratif, dont la mission principale repose sur la défense, la préservation et la conservation de l’environnement et de l’économie paysanne. Elle promeut une vision systémique de la production agricole, du développement rural durable et de la souveraineté alimentaire, et favorise la diffusion des pratiques agro écologiques. Elle stimule et développe les réseaux de travailleurs indigènes et paysans, de femmes et de jeunes, pour la construction d’un nouveau modèle de production basé sur la justice sociale et l’équité, dans une perspective écologique.

Dans le but de préserver les savoirs ancestraux et traditionnels des communautés, tout en enseignant les techniques de production innovantes et efficientes, la structure met en place des formations diverses et transversales pour les organisations paysannes et les mouvements sociaux du Venezuela et d’Amérique Latine.

Le projet

Les bénéficiaires

Ce projet se déroule sur 24 mois (2016-2018). Il s’adresse à 16 communautés paysannes, qui regroupent environ 5 000 personnes et qui sont basées dans 5 Etats du Venezuela. La majorité des activités du projet se dérouleront sur le terrain de la Ferme Caquetios, dans la municipalité de Palavecino, Etat de Lara.

Objectif général

Par la mise en place d’un nouveau modèle de production agricole plus respectueux de l’environnement et des communautés paysannes, ce projet vise à protéger la production agricole locale et nationale. Au vu des faiblesses structurelles de l’agriculture vénézuélienne, ce projet favorise un processus d’organisation de la production alternatif, qui promeut la relation avec la terre et surtout l’usage de technologies qui accélèrent le développement de la production nationale, freinant ainsi la migration massive des populations, de la campagne à la ville.

Objectifs spécifiques

  1. Contribuer à la souveraineté alimentaire du pays par l’instauration d’un modèle de production agro écologique.
  1. Contribuer à l’autonomie (politique, économique et sociale) des communautés paysannes par le biais de la formation.

Activités au Venezuela

Mise en place d’une Ecole qui forme les paysans et paysannes à la production agro écologique.

  • 4 cours d’agro-écologie
  • 12 ateliers de techniques agro-écologiques
  • 4 séminaires d’agro-écologie et de production de semences

Mise en production de légumes, de graines et de semences selon un modèle agro-écologique.

Construction d’une Unité de production d’intrants biologiques et agro-écologiques

Mise en place d’une unité de production de semences

Création d’un réseau de producteurs de semences agro-écologiques

Instauration d’un système de commercialisation et de distribution communautaire directe

Mise en place de formations à la gestion des organisations communautaires (gestion de groupe, leadership, communication populaire…)

Ferme ecole Caquetios