Le président Evo Morales dénonce la menace d’une intervention états-unienne au Venezuela

Le président de la Bolivie, Evo Morales, a demandé le mardi 13 février 2018 que se réunisse en urgence un sommet de l’Union des Nations Sud-américaines (UNASUR) face à la menace états-unienne d’intervenir militairement au Venezuela depuis la Colombie.

Depuis La Paz, le dirigeant bolivien a réaffirmé sa solidarité avec le peuple frère du Venezuela et demandé à l’UNASUR de faire respecter sa souveraineté.

La menace d’une intervention militaire au Venezuela a été brandie par le secrétaire d’Etat états-unien, Rex Tillerson, lors de sa tournée au Mexique, en Colombie, au Pérou, en Argentine et en Jamaïque, pour préparer le renversement du gouvernement de Nicolás Maduro.

« Tillerson vient visiter plusieurs pays, j’imagine, pour convaincre ou influencer ses présidents de droite en vue de participer à une intervention militaire ou pour noyer le Venezuela », a déclaré Morales lors de son émission de radio « Caminando con el pueblo ».

Le président Morales a également dénoncé les déclarations du sénateur républicain Marco Rubio, qui a déclaré peu après Tillerson, que « c’est le meilleur moment pour un coup d’État au Venezuela, pour des raisons humanitaires ».

Le dirigeant bolivien a rappelé que dans les années 70 et 80, le Plan Condor a été créé pour exercer clandestinement le terrorisme d’Etat contre les dirigeants syndicaux, anticapitalistes et militants de gauche qui s’opposaient aux dictatures du Chili et de l’Argentine. Brésil, Paraguay, Bolivie et Uruguay.

Le Plan Condor a été coordonné avec les États-Unis et la CIA, avec un solde d’au moins 50 000 morts, 400 000 emprisonnés et 30 000 disparus.

Source : https://www.telesurtv.net/news/bolivia-cumbre-unasur-emergencia-intervencion-eeuu-venezuela-20180213-0044.html

Traduction: T.D.

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Vidéo intégrale du débat « Quel futur pour la révolution bolivarienne » organisé par Mémoire des Luttes

Le 31 janvier 2018 Mémoire des Luttes a organisé (merci à Christophe Ventura) le débat « Quel futur pour la révolution bolivarienne » avec des témoins du terrain : María Hernandez, avocate et militante féministe vénézuélienne, Marco Teruggi, journaliste et sociologue franco-argentin basé à Caracas depuis quelques années, et Maurice Lemoine, ex-rédacteur en chef du Monde Diplomatique, qui parcourt l’Amérique Latine depuis trente ans. Une source détaillée de réinformation pour comprendre le Venezuela hors du champ médiatique actuel.

Réalisation du reportage : Stéphane Dujardin (RosaLux : http://www.rosa-lux.fr/). Débat enregistré au Lieu Dit (Paris)

URL de cet article : http://www.medelu.org/Venezuela-entre-crise-et,2747

Le Media TV sur le Venezuela

Première de la nouvelle émission « Les sujets qui fâchent » sur LeMediaTV, présentée par Gérard Miller, le 9 février 2018. Le journaliste Maurice Lemoine, ex-rédacteur en chef du Monde Diplomatique et qui couvre l’Amérique Latine depuis trente ans, démonte l’univocité médiatique en France et rétablit le point de vue de la réalité du Venezuela. Cette émission existe grâce aux Socios.

 

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Le traitement des informations sur le Venezuela par les médias « mainstream »

Par Bernard Besson le 06/02/2018.

 

30 octobre 2017- Élections régionales au Venezuela : la soudaine discrétion et l’embarras de la presse française

Alors que l’élection de l’Assemblée nationale constituante en juillet dernier avait fait l’objet d’une intense couverture médiatique de plusieurs jours en France, les élections régionales qui se sont tenues la semaine dernière n’ont pas fait les gros titres de la presse hexagonale. photo-election-regionale-uneEst-ce parce que l’opposition y a largement participé et que la campagne et les élections se sont déroulées dans le calme, la thèse de la « dictature chaviste » se voyant ainsi invalidée ?…

 

 

 

 

Pour lire la suite :

https://venezuelainfos.wordpress.com/2017/10/30/elections-regionales-au-venezuela-la-soudaine-discretion-et-lembarras-de-la-presse-francaise/

 

Septembre 2017 – Venezuela – Mensonges médiatiques contre la France Insoumise

« Maduro a fermé 49 médias »

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https://venezuelainfos.wordpress.com/2017/09/04/mensonges-mediatiques-contre-france-insoumise-partie-i-maduro-a-ferme-49-medias/

« Le digne chavisme de Mr. Bourdin »

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https://venezuelainfos.wordpress.com/2017/09/26/mensonges-mediatiques-contre-france-insoumise-partie-ii-le-digne-chavisme-de-mr-bourdin/

« Dictature et crise humanitaire au Venezuela »

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https://venezuelainfos.wordpress.com/2017/09/27/mensonges-mediatiques-contre-france-insoumise-partie-iii-dictature-et-crise-humanitaire-au-venezuela/

25 août 2017 – Venezuela – Ou comment ne pas donner une information

Le 30 juillet s’est produit un évènement politique d’une portée historique considérable: un peuple assailli à l’extérieur et soumis à la violence paramilitaire à l’intérieur, est descendu dans la rue pour exprimer son double rejet de l’ingérence internationale et des aspirations des élites locales à reprendre le pouvoir, en allant voter pour les élections constituantes afin d’élire les 545 membres de l’Assemblée nationale constituante… Cependant, le 31 juillet, l’information sur les élections vénézuéliennes pour l’Assemblée Constituante est passée sous silence dans les médias espagnols. C’est une autre information qui fut donnée à sa place…

Pour lire la suite :

https://venezuelainfos.wordpress.com/2017/08/19/venezuela-comment-ne-pas-donner-une-information/

18 août 2017 – Venezuela : l’indulgence de la presse française pour la violence d’extrême-droite

Le Venezuela est instrumentalisé à des fins de politique intérieure. Autrement dit, avec le Venezuela, le camp néolibéral fait d’une pierre, deux coups : relayer l’agenda géopolitique de Washington qui n’exclut pas une intervention militaire et donner des uppercuts à la gauche de transformation sociale (FI et PCF), quitte à banaliser l’aile la plus radicale de la droite vénézuélienne qui est aujourd’hui en position de force au sein de la MUD.

Pour lire la suite :

http://arretsurinfo.ch/venezuela-lindulgence-de-la-presse-francaise-pour-la-violence-dextreme-droite/

4 août 2017 – Médias du monde libre contre le droit au suffrage des Vénézuéliens (Photos et commentaires)

. Ils ont marché pendant des heures à flanc de montagne, sous la pluie, traversé à pied des torrents impétueux en se tenant par la main, … pour accéder aux bureaux de vote !

. Journaux d’Amérique Latine, d’Europe et des Etats-Unis détournant la photo de l’explosion d’une bombe dans le centre de Caracas lors d’un énième attentat de la droite contre les forces de l’ordre pour illustrer… « la répression de Maduro pendant l’élection de la Constituante » !

. Etc,…

 

DGHKaknXYAAMolh

 

 

Pour lire la suite :

https://venezuelainfos.wordpress.com/2017/08/01/photos-medias-contre-droit-au-suffrage-des-venezueliens/

1 août 2017 – Venezuela : la grande manip

Un peu plus de 8 millions de Vénézuéliens ont voté dimanche en faveur d’une Assemblée Constituante  malgré la violence déclenchée par une opposition puissante disposant de moyens considérables financiers et médiatiques soutenue par le gouvernement des Etats-Unis et la CIA. Un succès pour le mouvement populaire et progressiste vénézuélien. En France et plus généralement en Europe, la tendance médiatique est à l’acharnement contre le pouvoir en place à Caracas en procédant à une manipulation de l’information.

Pour lire la suite :

https://www.mondialisation.ca/venezuela-la-grande-manip/5602130

18 juillet 2017 – Cachez cette Assemblée Constituante que je ne saurais voir : pourquoi les médias censurent une élection au Venezuela

Le black-out des médias occidentaux confirme l’option déjà observée dans le traitement des manifestations anti Dilma Roussef : contribuer au renversement de démocraties de gauche en Amérique Latine. Dans le cas du Venezuela bolivarien, les journalistes ont déjà fait passer pour une révolte populaire une insurrection de droite…

Pour lire la suite :

https://venezuelainfos.wordpress.com/2017/07/18/cachez-cette-assemblee-constituante-que-je-ne-saurais-voir-pourquoi-les-medias-censurent-une-election-au-venezuela/

 

14 juin 2016 – Venezuela : les cinq plus grands mensonges des médias

La campagne médiatique contre le Venezuela n’est pas un conte de fées, c’est une réalité. TeleSUR indique cinq grands mensonges. Les médias internationaux, les Etats-Unis ou autres qui cherchent à s’emparer des ressources du Venezuela propagent de grands mensonges sur ce pays.

Pour lire la suite :

https://www.mondialisation.ca/venezuela-les-cinq-plus-grands-mensonges-des-medias/5530869

24 mai 2016 – Désinformation médiatique

Le 14 mai l’ex-président colombien Alvaro Uribe, dont on attend encore la comparution devant la Justice pour crimes contre l’humanité, a déclaré depuis Miami que l’opposition vénézuélienne devrait avoir “une armée pour la défendre” et qu’il fallait répliquer contre Maduro … Que dit France 2 de tout cela? Que “le gouvernement rejette le référendum” et que ”la police réprime des manifestants”…

Pour lire la suite :

https://venezuelainfos.wordpress.com/2016/05/24/venezuela-pierre-de-folie/

11 décembre 2015 – Comment la CIA fabrique des informations contre le gouvernement du Venezuela

Quand Felipe Gonzalez dit que le Venezuela vit sous un régime tyrannique, personne ne demande à l’ancien chef du gouvernement espagnol qu’il expose ses arguments qui soutiendraient un mensonge aussi éhonté.  … La triangulation consiste à semer des informations de la CIA dans la presse madrilène, provenant toujours de « sources confidentielles », pour ensuite les reproduire à Miami et par le biais du Groupe de Journaux d’Amérique. Ces informations sont ensuite rediffusées à Caracas par le journal El Nacional, comme s’il s’agissait de la parole divine.

Pour lire la suite :

https://www.mondialisation.ca/comment-la-cia-fabrique-des-informations-contre-le-gouvernement-du-venezuela/5495250

29 août 2015 – Venezuela : La presse française lâchée par sa source ?

Parmi les vieux tours de magie des médias français, de Jean-Hébert Armengaud (Courrier International) à Natacha Tatu (nouvel Observateur), il y a la transformation de la droite vénézuélienne en sympathique club de combattants pour la démocratie… Si certains des leaders de “l’Aube Dorée” vénézuélienne – tels Leopoldo Lopez – sont arrêtés comme organisateurs de violences – On peut compter sur les médias privés majoritaires au Venezuela et la presse française pour en faire… des prisonniers “d’opinion”.

Pour lire la suite :

https://venezuelainfos.wordpress.com/2015/08/04/venezuela-la-presse-francaise-lachee-par-sa-source/

17 mars 2014 – Comment la plupart des journalistes occidentaux ont cessé d’appuyer la démocratie en Amérique latine.

Au Venezuela, les membres d’ONGs indépendantes des droits humains dénoncent les mensonges quotidiens des médias internationaux qui reproduisent la version de la droite…

Pour lire la suite :

https://venezuelainfos.wordpress.com/2014/03/16/comment-la-plupart-des-journalistes-occidentaux-ont-cesse-dappuyer-la-democratie-en-amerique-latine/

8 mars 2014 – Croyez-vous que les médias peuvent renverser Maduro ?

Les médias vénézuéliens, qui sont privés à 80%, ont déjà perpétré un coup d’Etat en avril 2002 contre le gouvernement démocratique d’Hugo Chávez. Il y a une inquiétante réminiscence des événements de 2002 avec les manifestations actuelles…

Pour lire la suite :

https://www.mondialisation.ca/sept-reponses-sur-lopposition-et-le-fascisme-au-venezuela/5372588

 

Journée photo avec les habitants du quartier de San Agustín, Caracas

Les photographies issues du projet Retratarte (faire ton portrait) feront partie d’une exposition
4 février 2018

 

 

 

 

 

 

 

«L’artiste n’est pas un type particulier d’individu, mais chaque individu est un type particulier d’artiste». Avec cette phrase de Herbert Read, le photographe Jesus Reyes a expliqué l’essence de Retratarte, un projet photographique qui a été installé hier sur le boulevard de San Agustín pour refléter en images la vérité d’une ville.

Une petite tarière noire installée à l’entrée de la Fondation Carlín Rodríguez était l’espace où Jesús Reyes, photographe diplômé de l’Université des Arts et membre de l’École populaire et latino-américaine de Cinéma, TV et Théâtre dirigée par Thierry Deronne, s’est posté pour mener à bien cette initiative depuis environ un mois, cherchant à générer des contributions en termes d’identité, en proposant des concepts d’esthétique différents de ceux normalisés qui permettent aux habitants de se reconnaître comme faisant partie d’un territoire.

Pour l’heure, le projet Retratarte. Portraits de la Société, a eu lieu dans la paroisse de San Agustín grâce au contact fait avec le cabinet culturel du secteur. Pour cette raison, la deuxième édition du projet – le premier a eu lieu à Catia – a pris le titre de Retratarte. Visages de San Agustín.

À partir de cette expérience, ses créateurs espèrent réunir au total 250 visages qui seront ajoutés aux images qui ont émergé de la veille et qui seront projetés dans le hall du Théâtre Alameda.

De plus, les photographies obtenues feront partie de deux œuvres audiovisuelles réalisées par Thierry Deronne : l’une, consacré à l’histoire sociale et politique du Venezuela et l’autre, consacré à réfuter la matrice de l’opinion internationale qui assure qu’au Venezuela les gens meurent de faim.

Les deux audiovisuels seront projetés à la fin du mois dans la rue La Fila de Los Magallanes de Catia.

http://ciudadccs.info/realizaron-jornada-fotografica-habitantes-san-agustin/

Les États-Unis reconnaissent publiquement que les sanctions cherchent l’effondrement du Venezuela

Le Secrétaire d’État états-unien Rex Tillerson a suggéré la possibilité d’un coup d’État au Venezuela pour chasser le président élu Nicolas Maduro et l’exiler à Cuba : « parfois en Amérique Latine l’armée peut être un acteur de changement quand les choses vont trop mal«, a-t-il précisé le jeudi 1 février.

La thèse est assez souvent répétée mais elle ajoute plus de réalisme au scénario actuel : plus les partis d’opposition rendent visible leur incapacité à diriger le front intérieur de l’opération de changement de régime, plus les puissances occidentales se font les porte-paroles d’actions contre le Venezuela et agissent. De façon de plus en plus agressive et brutale.

La semaine dernière, le chef de la CIA, Mike Pompeo, a avoué lors d’un forum du think-tank néo-conservateur American Enterprises Institute que l’appareil de renseignement qu’il dirige a travaillé coude à coude avec Trump les éléments des sanctions contre le Venezuela.

Les médias internationaux qui ont rapporté ses déclarations en ont extrait la partie la plus rentable pour eux, oubliant les détails que, pendant presque une heure, Pompeo a donnés sur le parcours qui a abouti à la mise sur pied de institutionnalisation des sanctions financières par un Ordre Exécutif (13692) et la désignation de plus de 30 fonctionnaires de haut niveau du Gouvernement vénézuélien par l’OFAC/Département du Trésor.

Pour orchestrer les sanctions, la CIA, selon son chef, a préparé des rapports sur le statut actuel des Forces Armées Nationales Bolivariennes (FANB) et leur relation avec le pouvoir exécutif. Il a aussi été élaboré une mosaïque des points faibles de la dette extérieure concernant le délai et la capacité de paiement du pays destinée à obtenir une plus grande efficacité qui se permettrait non seulement de forcer la situation de défaut de paiement mais aussi de déformer le schéma du commerce international du Venezuela concernant des produits de base comme les aliments et les médicaments.

Peut-être à cause du flux énorme d’informations au Venezuela où des événements importants peuvent remonter dans un ensemble de nouvelles concernant le spectacle, les déclarations du chef de la CIA sont arrivées dans la plus grande indifférence, encouragée par les nouvelles technologies de l’information en ce qui concerne la politique parce que c’est leur intérêt. Et cela aussi fait partie du plan : l’individualisation en tant que processus systémique (le contraire de la politique) est la dernière touche de la grande œuvre du pouvoir mondial pour supprimer les vases communicants de la société.

Des déclarations de Pompeo se détachent, au moins, 3 signes qui vont marquer le conflit politique et sa internationalisation consciente pour des raisons géopolitiques impérieuses après l’installation de l’Assemblée Nationale Constituante (ANC) et le désastre de l’opposition interne:

La confession de la CIA est un reflet du fait que le pouvoir dur (qu’on appelle « Etat profond » dans les conclaves des grandes corporations qui décident de la politique étrangère des puissances) laisse derrière lui la diplomatie et, dans le meilleur des cas, lui impose ses rythmes et ses façons d’agir.

Que des organes de sécurité étasuniens entrent en jeu de façon frontale révèle que les sanctions et ce qui en découle sur le terrain sont une expérimentation pré-guerrière dans laquelle la vie de la population et l’Etat Nation doivent être détruits par des mécanismes de pouvoir réel (interruption de la fourniture d’aliments, de produits d’hygiène, d’argent) en poussant un scénario d’intervention préventive pour « raisons humanitaires » et « l’effondrement définitif » tellement annoncé.

Les agences du Gouvernement des États-Unis et le Congrès prennent un tournant dans lequel « l’issue » à la crise vénézuélienne est transnationale et se fait par la force, les élections et l’Etat en exercice (la Constitution vénézuélienne) en tant que pratique sociale et cadres symboliques de la nation, deviennent des obstacles au développement du plan de fond. Le Gouvernement Trump est, à la base, une Junte Militaire. C’est pourquoi il crie à la « fraude » dès que les élections présidentielles ont été annoncées.

La création par l’extrême droite de María Corina Machado de « Je suis le Venezuela » comme avant-garde idéologique de « l’intervention humanitaire » nommée ainsi sans aucun détour car ils savent qu’ils recevront les applaudissements du Congrès, doit être vue comme l’élargissement de ce front. Le vertige que donne l’élargissement des sanctions demande de simuler une certaine vénézolanisation.

Dans une vidéoconférence avec des journalistes, le haut fonctionnaire du Département d’État a évoqué sans plus de détails la façon dont « un officiel du Département de l’État-major » a donné certains détails sur la tournée qu’effectuera le Secrétaire d’Etat Rex Tillerson en Amérique Latine à partir du 1° février. Dans son programme, il est prévu qu’il se rende au Mexique, en Argentine, en Colombie, au Pérou et en Jamaïque et qu’il rencontre les principales autorités et le corps diplomatique des pays qui composent le Groupe de Lima.

Un détail important : cette tournée se déroule à quelques jours de la présentation par la Chine, qualifiée comme l’une des principales menaces pour les États-Unis dans sa Stratégie de Sécurité Nationale et de Défense pour 2018, de son projet Initiative de la Bande et de la Route au II° Forum Chine-CELAC (Communauté des États Latino-américains et des Caraïbes). Un fait qui n’est pas sans importance étant donné que la Chine augmente son influence financière sur la région dont le Venezuela est un pivot dans les stratégies du géant asiatique qui prend la place des États-Unis comme principal partenaire commercial.

Les journalistes ont interrogé « l’officiel » sur les divers sujets que Tillerson devrait traiter pendant sa tournée. Les négociations complexes sur le TCLAN avec le Mexique, l’augmentation de la production de drogue en Colombie et d’autres négociations sur l’ouverture de marchés pour les exportations étasuniennes devraient tenir une bonne partie de l’ordre du jour bien que le sujet du Venezuela devrait être au premier plan pour la presse mondiale.

A une question de la journaliste María Molina de Radio Colombia sur l’efficacité des sanctions contre le Venezuela, il a répondu : « La campagne de pression fonctionne. Les sanctions financières que nous avons imposées au Gouvernement vénézuélien l’ont obligé à commencer à créer le défaut de paiement aussi bien en ce qui concerne la dette souveraine que la dette de PDVSA, leur compagnie pétrolière. Et ce que nous allons amener, (…) c’est un effondrement économique complet du Venezuela. Alors, notre politique fonctionne, notre stratégie fonctionne (…) » Cette déclaration est un message pour tenter d’affaiblir la table de dialogue en République Dominicaine.

Il souligne aussi (sur un ton assez euphorique) les sanctions coordonnées avec l’Union européenne et la création du Groupe de Lima pour mettre en place une coalition qui augmente la capacité de nuisance des sanctions des États-Unis.

De cette façon, les États-Unis reconnaissent une évidence mais qui résonne différemment quand elle est prononcée par le pouvoir : les sanctions imposées au Venezuela n’ont pas pour but de « rétablir la démocratie » ou d’inciter à des « négociations sérieuses » avec l’opposition mais de faire s’effondrer le pays économiquement et financièrement pour l’engager dans une situation de chaos perpétuel qui pourrait permettre une issue militaire. La privation d’aliments et de médicaments, le boycott du dollar parallèle et le blocus financier sont des étapes préalables et ceux qui les mettent en place reconnaissent qu’elles suivent la bonne voie. Le moment d’occulter les ordres du jour est passé.

Pendant ce temps, le Congrès des États-Unis a déjà approuvé dans sa chambre basse un projet de loi « d’assistance humanitaire » au Venezuela qui oblige la diplomatie étasunienne à chercher à obtenir du Conseil de Sécurité de l’ONU des mesures coercitives qui permettent de faire parvenir cette « aide » grâce à des mécanismes militaires et privés. Le Département d’Etat reconnaît que les politiques de sanctions représentent un ensemble d’agressions préalables pour que cette loi l’impose comme la seule solution pour le Venezuela.

Tillerson semble avoir bien prévu son ordre du jour et la façon de faire pression, ce n’est pas pour rien que Pompeo s’attribue les sanctions et « l’officiel » du Département d’Etat interviewé fabrique un modèle aux objectifs que poursuivent les sanctions. Une manœuvre qui rend transparents les acteurs de poids qui sont derrière et contrôlent.

A la lumière des composantes du front intérieur (dialogue, Assemblée Nationale aux mains de gens comme ceux du parti Un Nouveau Temps, décomposition de l’opposition de partis politiques et organisation d’élections présidentielles) tout suggère que la tournée de Tillerson non seulement annonce une ronde de sanctions plus agressives contre l’économie – le Journal des Amériques envisage un éventuel embargo sur le pétrole – mais la construction de bases de soutien dans la région pour les rendre légitimes. Le Groupe de Lima a été créé pour cela. Au départ, il a été fondé en tant que garant du blocus politique, diplomatique et financier du pays. Il faudra voir combien de pays sont attirés par le fait de rompre les relations commerciales et diplomatiques avec le Venezuela car au-delà des communiqués, les États-Unis ont besoin d’envoyer un message fort et d’augmenter l’efficacité du blocus diplomatique et financier.

Une analyse minimale des éléments dont nous avons parlé permet d’envisager l’éventualité qu’à mesure que l’effondrement provoqué par les sanctions avance, cette coalition se transforme en front militaire pour faire pression pour une intervention « humanitaire. » La résistance provoquée par les paroles de Trump disant qu’il n’écartait pas « l’option militaire » au Venezuela a différentes acceptions, selon qu’il s’agit d’une intervention pour soi-disant protéger ou sauver un pays « effondré », ou de l’ouverture de « couloirs humanitaires » par des pays frontaliers pour balkaniser le pays. La CIA et le Congrès travaillent à ce changement de sens devant lequel le Département d’État et son « chef » baissent la tête.

The Washington Post et The New York Times, des médias qui ont d’importantes relations commerciales avec la CIA, accélèrent une intense campagne pour homologuer le Venezuela avec la Somalie ou le Congo, des pays également victimes de cette sorte de guerres. Les crimes ne sont pas seulement économiques mais se mènent aussi dans le domaine de l’information.

Les tournées de hauts fonctionnaires des États-Unis pour préparer un ordre du jour de siège ont un précédent dans la tournée de Mike Pence en août, quelques semaines après l’installation de l’Assemblée Nationale Constituante et avec une opposition dévastée, dans laquelle il s’agissait d’intégrer des soutiens régionaux pour augmenter les pressions sur le Venezuela.

Quelques semaines plus tard, un Ordre exécutif signé par Donald Trump institutionnalisait le blocus financier du Venezuela, une action qui aujourd’hui rend chaotiques tous les aspects de la vie sociale, économique et politique du pays. Un crime qui aujourd’hui dépasse toutes les lois internationales et « met contre le mur l’estomac de la population »…

Traduction:  Françoise Lopez pour Bolivar Infos

Source en espagnol : http://misionverdad.com/LA-GUERRA-EN-VENEZUELa/eeuu-reconoce-publicamente-que-busca-llevar-a-venezuela-al-colapso

URL de cet article :http://bolivarinfos.over-blog.com/ 2018/02/venezuela-les-etats-unis-reconnaissent-publiquement-que-les-sanctions-cherchent-l-effondrement-du-pays.html

Comprendre le Venezuela

Vendredi 9 février 20h-22h30

Salle Saint Augustin Place de l’église

Bordeaux

 

 

 

 

 

 

Rencontre avec Marco Teruggi et Maria Hernandez

 Crise politique et économique, tensions régionales, sanctions et ingérences des Etats-Unis (et de l’Union européenne), campagnes médiatiques, la situation au Venezuela fait l’objet de nombreux commentaires, souvent instrumentalisés dans les débats politiques en France et en Europe. Quelle est la situation du pays avant l’élection présidentielle ? Quels sont les défis qui s’imposent au chavisme ? Quels sont les projets de « l’opposition » ?

« Je ne cesse de m’interroger sur l’arrogance de ceux qui prétendent que l’Histoire commence à partir du moment où ils entrent en scène. Ils ont l’air de croire qu’au Venezuela les critiques n’existent pas, que le chavisme est monolithique, que les expériences d’organisation populaire, les communes par exemple, ne contestent pas la bureaucratie et ne la nomment pas publiquement pour ce qu’elle est : une bureaucratie corrompue. Puis ils viennent nous faire la leçon pour, disent-ils, occuper la place d’une gauche qui ne se tait pas. La première chose qu’ils auraient dû faire, la plus importante, est d’écouter avant de parler. (…)
Leur argumentation ignore tout de l’expression critique constructive qui existe au sein du chavisme. (…) Pour ma part, j’ai choisi de répondre de l’intérieur même du chavisme, en adoptant une position critique publique contre les bureaucrates, les corrompus, les traîtres et les « autoproclamés ».

Marco Teruggi
Journaliste franco-argentin, il habite Caracas et publie régulièrement des chroniques sur la vie politique de la révolution bolivarienne depuis son blog www.hastaelnocau.wordpress.com. Il intervient comme analyste dans TeleSur.

« Les Féministes qui, comme moi avons pris la décision de travailler avec les femmes des zones populaires, nous avons pu constater à quel point elles avaient des pratiques féministes dans leur quotidien y de plus, elles se sont approprié les outils développés par le processus pour transformer leurs propres vies, comprenant qu’on ne pouvait pas transformer le pays sans transformer nos propres réalités, nos familles, nos vies. Elles ont commencé à devenir protagonistes dans leurs quartiers, communautés, conseils communaux… alors qu’avant, lors de la 4e république, elles n’avaient pas la possibilité d’étudier, étant mères très jeunes qui devaient travailler ou rester dans la rue avec leurs enfants.
Chavez a réussi à inspirer ces femmes, il a reconnu qu’il y avait une dette historique envers les femmes en ce qui concerne l’éducation, la santé, il a créé des institutions qui ont pour but de garantir ce processus. Il disait toujours que le Venezuela a un visage de femme. La majorité de la population qui s’est émancipé grâce aux différentes stratégies misent en place par le processus révolutionnaire sont des femmes, elles ont pu augmenter leurs capacités et autonomies grâces aux études, à de meilleurs salaires, à la participation et l’organisation populaire. C’est une des plus grandes victoires de cette révolution. Ces femmes qui venaient voir Chavez, suivaient et concrétisaient ses idées dans leurs vies au jour le jour, sont des femmes qui ont su voir dans ce processus leur propre libération, leur propre émancipation. »

Maria Hernández

Avocate, activiste féministe, co-rédactrice de lois à la base de la création de l’Institut National de la Femme (INAMUJER). Professeure d’université, élue défenseuse nationale des droits des femmes 2013/2016

 

De Bruxelles à Paris, comprendre le Venezuela avec les invités de Mémoire des Luttes, Venesol et Zin TV

Le 15 janvier 2018

Deux rendez-vous à ne pas manquer pour tou(te)s les citoyen(ne)s qui veulent se réinformer sur le Venezuela face à l’homogénéisation du champ médiatique !

Rencontre/débat le 31 janvier 2018 au Lieu Dit ( 19 heures-21 heures ) à Paris autour de deux invités du Venezuela : Maria Hernandez, avocate féministe et Marco Teruggi, journaliste et sociologue franco-argentin basé à Caracas et dont Venezuelainfos publie les témoignages de terrain depuis quelques années

Crise politique et économique, tensions régionales, sanctions et ingérences des Etats-Unis (et de l’Union européenne), campagnes médiatiques, la situation au Venezuela fait l’objet de nombreux commentaires, souvent instrumentalisés dans les débats politiques en France et en Europe. Quelle est la situation du pays avant l’élection présidentielle ? Quels sont les défis qui s’imposent au chavisme ? Quels sont les projets de « l’opposition » ?

Cette soirée est organisée à l’initiative de Mémoire des luttes et sera animée par Christophe Ventura, rédacteur en chef du site de Mémoire des luttes ( www.medelu.org)

Ces deux invités seront également présents à Bruxelles le samedi 27 janvier 2018, pour la conférence/concert « Comprendre le Vénézuéla », de 12h à 22h au Pianofabriek, rue du fort 35 – 1060 Bruxelles.

Au programme : 12h. : buffet sud-américain, expo, stands, projection film. 15h: débat avec les invités. 19h: Concert ZONA 7. Prix libre.

Organisé par VeneSol & ZIN TV

« Je ne cesse de m’interroger sur l’arrogance de ceux qui prétendent que l’Histoire commence à partir du moment où ils entrent en scène. Ils ont l’air de croire qu’au Venezuela les critiques n’existent pas, que le chavisme est monolithique, que les expériences d’organisation populaire, les communes par exemple, ne contestent pas la bureaucratie et ne la nomment pas publiquement pour ce qu’elle est : une bureaucratie corrompue. Puis ils viennent nous faire la leçon pour, disent-ils, occuper la place d’une gauche qui ne se tait pas. La première chose qu’ils auraient dû faire, la plus importante, est d’écouter avant de parler. (…)
Leur argumentation ignore tout de l’expression critique constructive qui existe au sein du chavisme. (…) Pour ma part, j’ai choisi de répondre de l’intérieur même du chavisme, en adoptant une position critique publique contre les bureaucrates, les corrompus, les traîtres et les « autoproclamés ».

Marco Teruggi
Journaliste franco-argentin, il habite Caracas et publie régulièrement des chroniques sur la vie politique de la révolution bolivarienne depuis son blog www.hastaelnocau.wordpress.com. Il intervient comme analyste dans TeleSur.

« Les Féministes qui, comme moi avons pris la décision de travailler avec les femmes des zones populaires , nous avons pu constater à quel point elles avaient des pratiques féministes dans leur quotidien y de plus, elles se sont approprié les outils développés par le processus pour transformer leurs propres vies, comprenant qu’on ne pouvait pas transformer le pays sans transformer nos propres réalités, nos familles, nos vies. Elles ont commencé à devenir protagonistes dans leurs quartiers, communautés, conseils communaux… alors qu’avant, lors de la 4e république, elles n’avaient pas la possibilité d’étudier, étant mères très jeunes qui devaient travailler ou rester dans la rue avec leurs enfants.
Chavez a réussi à inspirer ces femmes , il a reconnu qu’il y avait une dette historique envers les femmes en ce qui concerne l’éducation, la santé, il a créé des institutions qui ont pour but de garantir ce processus. il disait toujours que le Venezuela a un visage de femme. La majorité de la population qui s’est émancipé grâce aux différentes stratégies misent en place par le processus révolutionnaire sont des femmes, elles ont pu augmenter leurs capacités et autonomies grâces aux études , à de meilleurs salaires , à la participation et l’organisation populaire. C’est une des plus grandes victoire de cette révolution. Ces femmes qui venaient voir Chavez, suivaient et concrétisaient ses idées dans leurs vies au jour le jour, sont des femmes qui ont su voir dans ce processus leur propre libération, leur propre émancipation. »

Maria Hernández
Avocate, activiste féministe, co-rédactrice de lois à la base de la création de l’Institut National de la Femme (INAMUJER). Professeure d’université, élue défenseuse nationale des droits des femmes 2013/2016.

Source: https://venezuelainfos.wordpress.com/2018/01/15/de-bruxelles-a-paris-comprendre-le-venezuela-avec-les-invites-de-memoire-des-luttes-venesol-et-zin-tv/

Caracas – Cucuta, sur la route du marché noir

Par Marco Teruggi le 20 décembre 2017.

Les billets de bus sont revendus au marché noir; on revend les places directement dans les bus, et on vous revend des billets plus chers que leur valeur pour que vous puissiez acheter le billet de bus qu’on ne peut plus payer avec la carte électronique; ailleurs on revend des emplacements dans les queues, de l’essence, des cartes à puce à un particulier ou un intermédiaire pour recharger de l’essence quasi gratuite au Venezuela et la revende ensuite bien chère en Colombie. Faire le trajet de Caracas à la frontière colombienne c’est  procéder à une radiographie approfondie de la situation économique du pays. C’est dépeindre un tableau qui, en cette fin de 2017, nous parle d’une dynamique croissante de guerre, et qui dit la recomposition en cours dans les sphères économiques, sociales et éthiques.

Pour résumer ce qui est en train de se produire: là où apparaît un besoin, il y a l’opportunité de faire une affaire… Et le Venezuela croule sous les besoins, provoqués par les attaques internationales qui cherchent à asphyxier le pays, par le grand patronat, la corruption ou le piratage des canaux de distribution. Nous sommes dans une société exposée à une faiblesse de l’offre face à un excès de demande. Ceux qui possèdent des biens profitent de la situation pour réaliser des profits colossaux et spéculer aux dépens de la majorité de la population. Ce n’est pas qu’il y ait pénurie de produits, mais les circuits d’approvisionnement ne sont pas ceux qu’ils devraient être.

Bien sûr, chaque secteur a de quoi justifier cet état de fait. Pour ce qui est du secteur des transports de passagers, par exemple, le coût des pièces de rechange et les difficultés d’approvisionnement en essence entraîneraient une diminution du nombre de véhicules en service. Entre nous, la chose est plus complexe car nous sommes là clairement dans un cas de maximisation du chiffre d’affaires. Il n’y a plus de billets en vente aux guichets, mais à quelques mètres à peine on les revend au marché noir. Les entreprises n’acceptent plus d’être payées avec la carte électronique, ainsi elles peuvent revendre à la frontière le liquide acquis, avec des marges importantes. On justifie un surcoût en disant que c’est le dernier bus en partance, sauf que des derniers bus en partance, il y en a toutes les heures ! Les transporteurs jouent gagnant à tous les coups ! Rien de tel que la victimisation classique pour justifier ce qui n’est qu’un vulgaire vol…

Et les passagers sont disposés à payer 150 à 200 mille bolivars en espèces ! La majorité d’entre eux vont à la frontière pour revendre certains produits acquis en territoire vénézuélien, puis en acheter d’autres qu’ils écouleront au Venezuela; ou bien ils s’exilent pour chercher du travail. L’image qui nous est renvoyée de ces mouvements est celle d’une portion de la société vénézuélienne qui a trouvé dans le système de marché noir un moyen de s’en sortir parce qu’ ils ne peuvent plus vivre avec le salaire minimum, d’une fraction de la population qui a intégré de fait les circuits de contrebande organisés par les mafias en connivence avec le gouvernement colombien et les réseaux de corruption. Ce n’est évidemment pas le problème central mais bien la conséquence d’une économie en récession  – récession due en partie à ces structures de contrebande et qui contraint les gens à chercher comment générer des ressources-.

Combien sont-ils ceux qui font quotidiennement le chemin vers la frontière ? Difficile de donner des chiffres. On peut parler de beaucoup de personnes, c’est l’impression que cela donne quand on voit le mouvement vers la frontière et son passage. C’est impressionnant. Quant au nombre de vénézuéliens qui ont émigré cette seule année par diverses voies, des sources donnent le nombre de 2,5 millions de personnes.

Au fur et à mesure que l’on se rapproche de la Colombie, d’autres signaux nous interpellent. La quantité de nouveaux billets vénézuéliens se raréfie; les billets de 100 mille bolivars sont revendus de l’autre côté de la frontière avec 100% de bénéfice : on paie en espèces et on reçoit un transfert sur son compte en banque. L’échange Bolivar-Peso colombien est au plus bas : pour 1 million de bolivars on reçoit 60 mille pesos colombiens en espèces. Côté vénézuélien, il ne reste plus que les vieux billets, que les maisons de change refusent d’échanger et dont le volume augmente au fur et à mesure que leur pouvoir d’achat diminue. C’est ainsi qu’au marché municipal de La Pedrera, état de Táchira, les paiements se font en grande partie avec des billets de 50 et 100 bolivars, c’est-à-dire des sacs de billets ! Les épiciers de quartier ne les comptent plus, ils les pèsent ! 50 mille bolivars en billets de 50 bolivars cela représente une quantité de x grammes, la moitié en billets de 100. Le commerçant a sa balance en permanence, les prix augmentent quotidiennement ou presque.

Beaucoup de ces problématiques ne sont pas nouvelles. Ce qui est nouveau c’est le degré d’importance, la quantité de personnes impliquées, et de voir comment peu à peu la logique de marché noir gagne de plus en plus de domaines de la vie économique. Cela va de pair avec les difficultés croissantes de la situation économique. Quelles alternatives s’offrent à une famille vénézuélienne en 2017 ? Gagner plusieurs salaires minimums n’en est sûrement pas une. Pas question de justifier ce qui se passe, mais on est en droit de penser que face à tout problème il est logique de chercher des solutions, aussi efficaces, illégales ou massives soient-elles. On connaît les conditions de voyage vers la frontière : les coûts comprennent le prix du voyage, en espèces évidemment, le logement, le capital à prévoir pour acheter des marchandises et les faire passer, sans compter les risques inhérents. Et quiconque voyage sans objectif économique sait aussi à quoi s’attendre ; le transport par bus est la seule et unique option, il est quasiment impossible d’obtenir des billets d’avion.

Parler de revente c’est parler de corruption ; de cette micro-corruption qui gangrène tout le tissu social, au point de se normaliser, de devenir une pratique courante, qu’on est réduit par impuissance à tolérer. Cette micro-corruption se connecte avec la grande corruption, celle des hautes sphères, contre laquelle le Procureur général a lancé une offensive depuis le mois d’août dernier. La situation d’ensemble de l’économie ne se résume pas à cet aller-retour quotidien vers la frontière, qui ne concerne qu’une partie de la population, mais résulte bien de cette politique agressive contre le pays, conduite avec la complicité active des mafias qui ont un temps été capables d’affaiblir la nation et de freiner son redressement. On sait pertinemment qu’elles sont actives dans l’industrie pétrolière, et dans les diverses branches du secteur des importations; sinon où ailleurs le pourraient-elles ?

Quand je dis que la micro-corruption s’est connectée à la grande corruption, je fais allusion à  cette impunité qui a longtemps prévalu dans les hautes sphères et qui a irrigué les niveaux inférieurs de la vie sociale. En partant de cette hypothèse, on imagine très bien quel message a bien pu être distillé durant toutes ces années d’impunité ostentatoire. La culture de la corruption, au Venezuela ne s’est pas développée de façon souterraine, bien au contraire. Les mauvais exemples ont proliféré, la perte de crédibilité en a été multipliée. La politique répressive à l’encontre du petit revendeur à la sauvette ne résout pas le problème, elle ne fait que créer une réponse médiatique immédiate à une aspiration urgente de la société à plus d’autorité. Et la situation ne va pas se résoudre ni s’inverser en arrêtant seulement les personnes qui cachent de la viande sous leurs habits pour la revendre en Colombie, alors qu’on laisse passer ceux qui font traverser des troupeaux ou ouvrent des voies clandestines. Bien au contraire : la répression devrait frapper plus en amont pour bien montrer où est la principale cause du problème.

Voilà donc ce qui ressort des enquêtes actuelles sur la corruption menées par le nouveau procureur général. Pour qu’il existe un délit tel que le détournement de fonds il doit y avoir une complicité directe ou indirecte dans les hautes sphères du pouvoir. Frapper précisément là est un message clair et nécessaire qui peut avoir un effet  intimidant. Cela montrerait que la révolution elle-même a la volonté politique de combattre un problème national, de souveraineté, d’intégrité, d’éthique enfin. Elle indiquerait au pays par une action exemplaire qu’elle peut parler avec la voix de l’autorité, cette autorité qui est réclamée par les gens dans tous les recoins du pays, les terminaux de passagers, les stations essence, les frontières. Juger des dirigeants chavistes comme Eulogio del Pino permet et exige que l’on aille plus loin et plus à fond. Certes, quelques entrepreneurs ont été arrêtés ; mais combien d’autres encore doivent l’être ? Là aussi c’est en haut qu’il faut frapper, au sein même de la grande bourgeoisie.

Ce phénomène chaque jour plus parasitant du marché noir, de la spéculation, des allers-retours à la frontière n’impacte pas uniquement  la sphère économique. Il a des implications dans le domaine social, il induit la rupture des liens, l’affaiblissement de la force politique, le désintérêt pour le politique et pour  la recherche de solutions comme unique finalité. Les possibles recompositions qui s’opèrent dans l’ombre sont difficiles à évaluer et à discerner dans l’immédiat ; elles sont potentiellement dangereuses et représentent l’antithèse de la culture chaviste qui place par-dessus tout le souci d’une réponse collective, solidaire et partagée  aux problèmes. Il  est difficile de penser qu’une société exposée durant de longues années  à une telle situation puisse continuer sur sa dynamique, ses valeurs, sa conception de l’altérité.

Cette fin d’année est marquée par un déphasage entre le moment politico-électoral et le moment économique. Le chavisme a réussi à récupérer l’initiative dans le premier de ces moments, à le stabiliser et le maîtriser. C’est le contraire qui se produit dans le second. Combien de temps encore le fossé entre les deux va-t-il se creuser sans dommage majeur? Je n’ai pas la réponse, seulement une interrogation qui se fait chaque jour plus aigüe quand on sillonne de long en large un pays qui réclame des mesures immédiates, qui exige plus d’autorité et de justice. Ce n’est pas seulement l’affaire du gouvernement : le peuple aussi dans ses diverses composantes et organisations a toute sa place dans la construction d’une réponse efficace ; mais au vu de la dimension du phénomène décrit il apparaît clairement qu’on ne pourra pas avancer sans une direction ferme et inflexible de la part du gouvernement.

Source: https://venezuelainfos.wordpress.com/2017/12/28/caracas-cucuta-sur-la-route-du-marche-noir/

 

Les droits des femmes dans la révolution bolivarienne: avancées et défis, par Gioconda Mota (Alba TV)

Le 15 décembre 2015.

Quels ont été les conquêtes du mouvement des femmes et du féminisme dans la révolution bolivarienne ? Quels sont les aspects et les défis actuels ? Quel est le rôle que doivent jouer les mouvements féministes et le peuple organisé en général ? C’est autour de ces questions que nous avons interrogé Gioconda Mota, militante féministe, pour la Revue Sacudón et Alba TV (www.albatv.org ).

Pour commencer, dit Gioconda Mota, il est important de reconnaître que “la Révolution Bolivarienne a assumé le thème de la femme comme un aspect central de sa visibilisation politique. Non seulement en qualifiant la révolution, le gouvernement comme féministes mais parce qu’on fait de manière permanente allusion – sur les plans national et international – au fait que la femme fait partie d’une base sociale très ferme qui impulse les processus bolivariens: on parle de la révolution au “visage de femme”, on parle de “Peuple-Femme”, de sa participation dans les processus de la révolution bolivarienne ”.

Cependant, pour Gioconda Mota, cette visibilisation du thème de la femme “comporte aussi ses risques” : parce qu’énoncer le thème ne se traduit pas automatiquement dans la mise en œuvre d’actions concrètes qui impliquent une amélioration de la vie des femmes. Telle est selon elle le noeud central à considérer de la part des organisations de femmes et féministes.

Les conquêtes législatives

Si on fait un bilan de ce qu’ont été les conquêtes les plus significatives pour les femmes depuis la révolution bolivarienne, Gioconda Mota souligne que celle-ci n’ont pas été obtenues par simple “osmose” mais toujours comme fruit du mouvement des femmes et de sa lutte organisée. Et ce, à partir de l’élaboration de la première Assemblée Constituante, celle de 1999 : l’usage d’un langage inclusif et non sexiste; la reconnaissance du travail des femmes au foyer comme travail qui génère valeur et richesse pour la nation et qui donne droit, par conséquent, à la sécurité sociale ; le rang constitutionnel donné au traités souscrits par le pays en matière de droits humains tels la Convention sur l’élimination de toute forme de discrimination contre la femme (CEDAW, http://www.un.org/womenwatch/daw/cedaw/text/fconvention.htm ); la reconnaissance de la protection de la maternité et de la famille. Cette construction constitutionnelle est cruciale car elle permet de nombreuses avancées dans les législations successives en matière de droit du travail. Exemple récent (décembre 2017), la promulgation par le Tribunal Suprême de Justice du régime de l’allaitement maternel au travail (http://www.correodelorinoco.gob.ve/tsj-establece-regimen-de-lactancia-materna-con-alimentacion-complementaria-en-jornadas-laborales/ )

Une des conquêtes les plus significatives est la Loi Organique du Travail, des Travailleuses et des Travailleurs, qui avait donné lieu à un intense processus de débat “auquel a participé à l’échelle nationale une masse importante de femmes et d’hommes” et dans lequel ont été atteint des objectifs concrets tels que l’allongement du congé post-natal; “l’interdiction de licenciement pour les parents; l’interdiction de licenciement permanente pour les pères et mères d’enfants souffrant d’invalidités à haut niveau de dépendance. Et pour la première fois a été pris en compte le thème des abus sexuels au travail” raconte Mota.

Une autre conquête législative importante est la Loi Organique pour le Droit des Femmes à une Vie Libre de Violence (2007): “une loi d’avant-garde qui reconnaît 19 formes de violence et qui en outre, en 2014, a ajouté le fémicide et l’induction au suicide” explique Gioconda Mota, précisant que cette loi “permet l’avancée d’un ensemble de politiques publiques en matière d’administration de justice […]: commencent à se configurer des tribunaux spécialisés et des juges spéciaux, ainsi que des processus de formation pour les fonctionnaires de justice dans diverses instances”.

La “norme officielle pour l‘attention intégrale de la santé sexuelle et reproductive” du Ministère de la Santé, est également mentionné par la militante féministe : “une norme merveilleuse, pour tout ce qu’implique sa conceptualisation, pour toute la diversité de droits qu’elle inclut, pour la manière dont – dans une bonne mesure –  elle traduit par une route méthodologique ce qui doit se passer dans les instances exécutives, dans les processus qui concernent la santé sexuelle et la santé reproductive des femmes”.

Les problèmes de la mise en pratique

“Il y a eu un corps de conquêtes législatives qui a fait l’objet d’une grande attention des  mouvements de femmes, de l’organisation féministe. Mais cela ne signifie pas nécessairement que toutes ces conquêtes sont devenues des réalités quotidiennes  dans la vie concrète des femmes. C’est là où se trouve la tension concrète du moment présent” affirme Gioconda Mota.

La nouvelle Assemblée Nationale Constituante (ANC), élue le 30 juillet grâce à la mobilisation populaire, appelle la population vénézuélienne “à considérer la possibilité d’élargir les droits conquis à partir de la compréhension que le droit est quelque chose qui bouge en permanence. […] cependant pour moi la tension fondamentale réside dans le fait qu’au-delà des conquêtes législatives – celles déjà obtenues comme celles pour lesquelles nous continuons à lutter – nous avons dans le pays un grave problème de mise en œuvre des politiques publiques » alerte-t-elle.

Cela se traduit par un enlisement et “même un recul” de l’action concrète, qui débouche sur une augmentation de la problématique que vivent les femmes. Parmi les causes directes, Mota signale le caractère vertigineux des changements de ministres (“il y a parfois des ministres qui ne restent que 3, 4, ou 6 mois à leur poste, cela rend difficile l’approfondissement d’une politique”) mais surtout sur la personnalisation de ces politiques: “à certains moments on dirait que les politiques publiques sont aux mains de l’un ou l’autre décideur. Il y a eu des fortes avancées à certains moments, liées à la personne qui dirige à un moment, ou à une politique donnée. Le problème est que lorsque la personne quitte ce poste (..), les politiques se paralysent ou régressent”.

Les thèmes à prioriser

Il existe aussi un problème de netteté dans la définition et dans la mise en œuvre des politiques publiques, dit Gioconda Mota, qui prend pour exemple un thème très grave : “il y a une augmentation étonnante de la mortalité maternelle. En ce moment nous pouvons considérer que c’est une situation d’urgence nationale, bien qu’on ne lui ait pas donné ce caractère visible de la situation d’urgence et par conséquent d’actions à mener face à elle. Près de 5 femmes meurent chaque jour dans notre pays à cause du problème des soins apportés pendant l’accouchement et la période post-accouchement (puerpérale), en particulier dans les centres publics de santé, parce que plus de 80% des accouchements dans notre pays sont traités dans les centres publics de santé”.

Il est donc évident qu’il ne s’agit pas “d’un problème d’accès aux centres de santé, mais du problème qui s’y présente : le ’ruleteo’[1], la violence obstétrique durant les soins – le problème concerne le personnel traitant. Cela signifie deux choses : qu’il n’y a pas de justice de genre (en n’importe quel autre endroit du monde, pour chacune de ces femmes qui meurent, il y aurait au moins une vérification du personnel médical impliqué) et par ailleurs qu’il n‘y a pas de politique centrée sur le nœud du problème. Parce qu’il y a des politiques très positives: par exemple le récent programme national des doulas [2], qui est un programme magnifique. Ce que nous devons nous demander, c’est s’il s’agit d’un programme d’action complémentaire ou si ce programme touche vraiment le fond du problème”.

Il faut une volonté politique pour prioriser ce thème et d’autres points d’honneur qui affectent ce Peuple-Femme qui continue à livrer la bataille, qui aborde les processus révolutionnaires depuis la dimension la plus concrète ” dit-elle.

Selon  Gioconda Mota, une attention particulière doit être donnée à l’impact de la guerre économique sur la vie des femmes, qui s’est aggravée : à la double ou triple journée de travail s’ajoute l’effort de résoudre des problèmes liés à l’alimentation, au transport, aux  services affectés, mais aussi aux articles d’usage féminin et aux méthodes anticonceptives. “Cela a une incidence sur les problèmes de contrôle, d’infection par des maladies sexuellement transmissibles, les problèmes liés à la grossesse (non désirée) et à l’augmentation du nombre de grossesses adolescentes – qui est déjà en soi une problématique grave dans le pays”. Mota précise que ce problème est aggravé par une législation “qui n’est pas en accord avec les besoins réels des femmes : par exemple le thème de l’interruption libre et volontaire de grossesse, qui continue à être un thème non abordé par la révolution, et même invisibilisé”.

Besoin d’exigence, volonté politique et capacités

“Il semble que les mouvements ont centré leur attention sur l’exigence vis-à-vis des législateurs. Je crois que ce foyer doit se déplacer vers l’exécutif, et le judiciaire en particulier. Pace que si l’exécutif n’arrive pas à mettre en place ce que les lois lui ordonnent, le système judiciaire doit faire pression sur l’exécutif: c’est ainsi que fonctionne la trame juridique du pays” dit Gioconda Mota.

Elle évoque trois éléments-clefs: l’augmentation des niveaux d’exigence, la volonté politique et les capacités: “il y a un fort exercice de rhétorique autour du thème du féminisme […] mais qui ne se traduit pas en actions concrètes pour cause de volonté politique, de manque de regard critique sur ce que sont réellement les demandes et les besoins historiques des femmes”. Exiger une plus grande volonté politique doit s’accompagner de l’exigence de majeures capacités pour ceux qui sont désignés pour impulser des politiques publiques orientées vers la construction d’une équité et de l’égalité de genre: “il faut avoir des connaissances, il faut construire une trame de connaissances et de capacités pour que les politiques se traduisent vraiment dans cette direction”.

Les défis de la Constituante

L’attention doit être centrée sur comment “récupérer, reformuler et donner une impulsion puissante aux politiques publiques concrètes de la condition des femmes » affirme Gioconda Mota.

Cependant, “il y a encore une lutte à mener et un effort à faire pour continuer à faire des conquêtes en matière législative”. Dans ce domaine, un des thèmes à souligner est celui de la participation politique des femmes: “nous nous battons depuis des années pour la parité avec alternabilité pour les charges de représentation et d’élection. C’est-à-dire que nous, femmes, ayons les mêmes opportunités politiques, qu’il y ait des mesures d’action positive de l’État pour que les femmes accèdent aux postes de représentation en condition d’égalité. Une culture machiste, patriarcale continue à dominer : la majorité de ceux qui militent et participent socialement sont des femmes mais ce n‘est pas nécessairement le cas de ceux qui détiennent des postes de décision ou des mandats de représentation. […] cela il faut le transformer culturellement mais il faut aussi avoir une incidence juridique pour que ces transformations avancent plus vite”.

Une autre lutte de caractère législatif, poursuit Mota, est celle des droits sexuels et reproductifs qui possèdent différents aspects dont “le droit de décider combien d’enfants on souhaite avoir et donc celui qu’on ne veut pas avoir”; l’éducation sexuelle tout au long des différents processus éducatifs; l’accès public et gratuit aux méthodes de contraception ; la jouissance d’espaces de soins de qualité et territorialisés en matière de santé sexuelle et de santé reproductive, entre autres.

Un troisième aspect est lié au thème du droit au traitement égal. “La Révolution Bolivarienne a revendiqué fortement tout ce thème du Peuple-Femme et cela a signifié une chose à mon avis très positive: de très nombreuses femmes ont cessé d’être circonscrites exclusivement à la sphère privée ou au rôle domestique – à n‘être que des femmes au foyer – pour commencer à occuper différents rôle de la vie publique : en participant aux espaces éducatifs, aux espaces sociaux, politiques… toute une conquête du monde public. Mais cela ne se traduit pas par une reconfiguration du monde privé, dont elle reste souvent l’unique responsable. […] Cela signifie qu’il y a encore un déséquilibre très important dans l’emploi du temps, dans l’effort physique et dans la jouissance d’autres droits fondamentaux pour la vie, comme le loisir et le divertissement”.

L’objectif serait donc une politique publique qui pour une part promeuve culturellement la redistribution des rôles à l’intérieur des familles et qui par ailleurs génère une coresponsabilité dans les actions sur le plan communautaire, affirme Gioconda Mota.

Tels sont les principaux défis législatifs du point de vue des droits de la femme, pour le processus de la Constituante. “L’Assemblée Nationale Constituante (ANC) est un espace pour tout le peuple organisé, dans une perspective historique, dans des secteurs et dans le territoire, pour continuer à faire des conquêtes législatives : mais ce n‘est pas le seul espace” souligne-t-elle.

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Le peuple organisé doit manifester davantage ses exigences

“Je crois que la participation sociale et politique du peuple vénézuélien, dont le Peuple-Femme, est une participation qui doit être orientée dans deux directions : une direction qui est celle des luttes historiques propres au développement, à la transformation et à la libération de nos peuples. Et d’autre part les luttes qui visent à la soutenabilité de la Patrie. Selon moi ce sont des luttes jumelées. Cependant je vois comme une difficulté qu’on veuille les canaliser: c.-à-d. qu’on veuille diriger l’orientation de ce processus d’organisation uniquement depuis l’État” dit Gioconda Mota.

Elle explique qu’en réalité l’État doit être le promoteur de processus d’organisation comme il l’a déjà été “dans un moment de croissance d’un État qui promouvait l’organisation populaire pour qu’elle fût coresponsable de l’exécution des politiques publiques – c’est-à-dire de la formulation, de l’accompagnement et même du contrôle de l’exécution des politiques publiques ”.

Même si cette période est passée, il en est resté “un solde d’organisation substantiel dans notre pays, où existent de “haut niveaux d’organisation populaire très diversifiée” tant sur le plan territorial que sectoriel, avec des luttes d’initiative en propre.

Pour Gioconda Mota, dans le cas spécifique des droits de la femme, les réponses que l’État a apportées ne vont pas au même rythme ni dans la même direction, et c’est pourquoi elle estime que la lutte doit faire preuve de plus d’exigence vis-à-vis de l’État. Et en général, “dans le présent, dans le cadre de la révolution bolivarienne, les mouvements devraient se traduire par des luttes d’un plus grand niveau d’exigence, parce que nous avons lutté au coude à coude avec le processus révolutionnaire, pour la soutenabilité et l’appui au gouvernement bolivarien, en nous comprenant comme partie d’une société et d’un processus historique”. Face à la conjoncture actuelle, dit Gioconda, “en ce moment, dans le territoire et dans la réalité concrète, dans le quotidien de notre vie, nous avons un tas d’éléments qui se trouvent dans un état de démantèlement réel et qui ont besoin d’être abordés aussi par ceux qui impulsons des processus de lutte. Qui répond pour ces éléments ? La responsabilité est de l’État. Il faut donc avoir plus d’exigence vis-à-vis de l’État”.

Notes:

[1] Le “ruleteo” est une pratique dangereuse (mais très commune) qui a lieu quand les centres de santé refusent d’admettre des patients, même en situation d’urgence, et que ceux-ci se voient obligés de parcourir plusieurs hôpitaux pour tenter de recevoir des soins avant qu’il ne soit trop tard.
[2] Plan National d’Humanisation de l’Accouchement (2017), décrit ici : http://www.minmujer.gob.ve/?q=/Parto_Humanizado

[3] Site du Ministère de la Femme et de l’Égalité de Genre : http://www.minmujer.gob.ve/

Traduction: Thierry Deronne

Source: https://venezuelainfos.wordpress.com/2017/12/24/les-droits-des-femmes-dans-la-revolution-bolivarienne-avancees-et-defis-par-gioconda-mota-alba-tv/