Les écoles paysannes du MST sont menacées de fermeture par le gouvernement de Bolsonaro

Brésil | 23 janvier 2019
Le gouvernement du président Jair Bolsonaro menace de fermer les écoles du Mouvement des Sans terres (MST), malgré la qualité reconnue de ces écoles, dénonce mardi le site Internet de Rede Brasil Atual.
Selon la source, les écoles MST sont en danger , d’autant plus lorsque le secrétaire spécial des Affaires Fondamentales de l’Exécutif, Luiz Antônio Nabhan, affirme qu’il travaillerait à la fermeture des écoles appelées par lui «des usines de dictateurs».
Selon Nabhan, «le Brésil ne peut pas accepter les écoles de marxistes, de léninistes et de bolivariens, qui enseignent aux enfants à envahir et à commettre des crimes. Nous allons fermer les écoles et punir les responsables de l’endoctrinement. ‘
En revanche, le responsable officiel, qui est également président de l’Union démocratique rurale (UDR), représentant des propriétaires terriens brésiliens, a défendu le droit du propriétaire foncier de répondre par des balles lorsque sa propriété est envahie.
Bolsonaro a également déclaré qu’il ne dialoguerait pas avec le Mouvement et a menacé de mettre fin aux processus de réforme agraire, une mesure sur laquelle il a du reculer.
À cet égard, le MST a répondu qu’il n’endoctrinait pas les enfants et que toutes les écoles des «asentamentos» étaient publiques et respectaient les directives approuvées par le Ministère de l’éducation.
Rede Brasil souligne que le MST concentre actuellement ses efforts sur la défense de l’agroécologie, la gestion durable des terres et la consommation consciente dans le cadre de la sécurité alimentaire.
Cela implique l’installation de 96 industries agro-alimentaires, de 1 900 associations de travailleurs ruraux et de plus de 350 000 familles sédentaires, produisant des tonnes de produits alimentaires à partir de localités où il n’existait auparavant que des terres improductives.
La nécessité de faire en sorte que les enfants des «asentamentos» et des campements aient accès à une éducation de qualité a conduit à la création de près de 1 500 écoles pour des jeunes de 7 à 14 ans – 100 d’entre elles déjà reconnues par les Conseils d’État d’Éducation et de la Culture.
«Tous les efforts du MST pour apporter une éducation de qualité aux personnes des «asentamentos» et des capements ont donné de bons résultats au fil des ans», a déclaré l’organisation dans une note.
Selon l’indice de développement dans l’éducation de base (IDEB), deux écoles MST de l’État de Piauí (nord-est) ont obtenu les taux les plus élevés d’éducation de base en 2018.

http://www.albatv.org/Escuelas-campesinas-del-MST-son.html

http://www.albatv.org/Escuelas-campesinas-del-MST-son.html

Brésil urgent : la démocratie assassinée

Le Brésil n’a plus de démocratie, son gouvernement élu a été déchu par des manœuvres dignes des pires mafias

L’emprisonnement de Lula, décrété le 5 avril, marque l’apothéose d’un coup d’État minutieusement préparé et mis en route depuis 2014. La version des grands médias en Europe ne fait que reproduire celles des cinq grands groupes de communication brésiliens, tous dans les mains de cinq grandes familles, elles-aussi impliquées dans le coup d’État. Voici une chronologie explicative des événements.

Acte 1 – renverser un gouvernement légitimement élu

1) Dans un premier temps, la stratégie est d’annuler un gouvernement légitimement élu. Aecio Neves, le candidat du PSDB (droite) vaincu par Dilma Roussef aux présidentielles de décembre 2014 (aujourd’hui en disgrâce à cause de multiples accusations de corruption), donne le ton dès le mois de juillet 2015 de ce qui sera la stratégie du coup d’État, Même si la présidente Dilma n’est nullement accusée accusation de corruption, Neves déclare : « nous n’avons pas perdu l’élection pour un parti politique, nous l’avons perdue pour une organisation criminelle ». Il conclut qu’« à la fin du mandat de Dilma, que je ne sais pas quand ce sera, mais probablement plus vite que certains l´imaginent, les Brésiliens seront devenus plus pauvres ». Ce climat de confrontation est créé dès le premier jour du mandat de la présidente, puisque la Chambre des Députés, où elle n’avait pas la majorité, empêche la présidente de gouverner, obstruant tout nouveau projet envoyé au parlement.

2) Eduardo Cunha, président-adjoint du Congrès et homme politique submergé d’accusations de corruption (aujourd’hui en prison depuis près de deux ans), se déclare l’ennemi mortel de la présidente, qui refuse d’entrer dans ses schémas corrompus. Il déclare publiquement qu´il la fera tomber. Excellente opportunité pour les barons de la politique et de l’économie brésilienne, associés aux grands médias, à Aecio Neves et son PSDB, il faut créer l’instabilité politique nécessaire. Le jugement pour corruption de Cunha, qui l’entraînera en prison, est reporté aux lendemains de l’impeachment de la présidente, quand il ne sera plus utile.

Sans réussir à trouver des accusations de corruption contre Dilma qui, au contraire, ne reçoit plus les députés dans son cabinet à cause de leurs pratiques de clientélisme, le Congrès déclare illégale une opération comptable-fiscale que tous les 26 États brésiliens pratiquent (en plus de municipalités), soit celle de s’avancer les fonds, en novembre-décembre, sur le budget de l’année suivante, pour ne pas interrompre les payements de projets sociaux comme la « bourse famille » pour les brésiliens très pauvres. Non seulement, ils rendent illégale ce qui est au pire une infraction administrative, en l’élevant à la catégorie de « crime de responsabilité », le seul type de crime qui peut provoquer une demande d’impeachment par le Congrès.

La grande presse transforme cette infraction en une figure de publicité politique, lui donnant un nom plus assimilable par la population : les « pédalages fiscaux ». Dès lors, n’importe quel chauffeur de taxi au Brésil devient capable de discourir pendant des heures combien ce crime est grave et équivalent à de la corruption.

Après une série de manœuvres illégales faites avec l’appui du pouvoir judiciaire (comme des écoutes non constitutionnelles dans la résidence de la présidente, ou l’empêchement de nommer Lula ministre pour aider à gérer la crise, soi-disant, parce qu’il est sous procès, alors que cela ne l’en empêche pas), le Congrès vote la destitution de la présidente. Les sénateurs sont publiquement « achetés » par le vice-président (et futur président) avec des postes importants pour leurs alliés dans la nouvelle administration.

Il faut savoir aussi que Lula et Dilma, mais aussi Cardoso, leur antécesseur du PSDB, ont comme vice-présidents des gens de parti le plus corrompu du Brésil, le PMDB, qui a comme tactique ne jamais s’éloigner du pouvoir, faisait des accords avec n’importe quel parti pour avoir la vice-présidence. Ayant un grand nombre de députés, leur appui est nécessaire pour quiconque veut disposer d’une majorité au parlement. Mais Dilma est trahie par celui qui est aujourd’hui le président-usurpateur, Michel Temer, lui-même mêlé à des dizaines de cas de corruption.

Montrant à quel point tout cela est une farce, le Congrès «démissionne» Dilma, mais en lui laissant comme « prix de consolation » ses droits politiques, une aberration constitutionnelle (l’impeachment devrait enlever les droits politiques pour huit ans). À ce moment, la constitution brésilienne ne vaut déjà plus rien. La Cour suprême, dans sa première démonstration de servitude envers les pouvoirs dominants, préside cette saga d´inconstitutionnalité, lui donnant des airs de légalité.

Des milliers de personnes vêtues avec le maillot jaune de la « seleção » vont dans les rues demander la chute de Dilma. Ils sont convoqués par des campagnes massives de la presse, de grands magasins, de banques, qui financent des campagnes milliardaires dans les médias : « descends dans la rue toi aussi », « le géant Brésil se réveille », etc. La presse reproduit ces photos, qui font le tour du monde.

Ce que la presse ne montre pas, systématiquement, et que le monde n’a probablement pas vu, c´est qu’à chaque manifestation de ce type, une autre, trois fois plus grande, réunit des centaines de milliers de partisans de Dilma et de Lula dans les rues. La manière dont ces photos sont escamotées par les médias mériterait des thèses en journalisme. Heureusement, les réseaux sociaux montrent la force des manifestations en faveur de Lula et Dilma.

Eduardo Cunha, devenu inutile, subit un procès « exemplaire » et est envoyé en prison. Plusieurs scandales révélés par la presse démontrent qu´il reçoit probablement des paiements élevés pour maintenir son silence.

Mais la classe moyenne brésilienne, celle qui justement a le plus bénéficié de la croissance économique sous Lula, démontre ses préjugés envers les plus pauvres. Un président ouvrier et sans université ne peut qu’être un bon à rien. Il ne peut être là que pour voler. La présidente qu´il a mis à sa place ne peut être qu’une voleuse et une incapable. En fin de compte, elle est une femme et de plus, elle est parrainée par un analphabète. Ce discours sournois gagne de la force, grâce à des financements importants dans les médias. Malgré toute sa popularité auprès des plus pauvres (qui pour la première fois, grâce aux politiques en place, commencent à avoir accès aux universités) et des secteurs intellectuels, Lula perd l’appui des classes moyennes et le Brésil se divise.

En même temps, face à la popularité de Lula et de Dilma, la droite et le PSDB ouvrent, comme dernier recours lors des élections présidentielles de 2010 (quand Lula réussit à faire élire Dilma pour la première fois), la porte à l’extrême droite. José Serra, le candidat d’alors, invite les secteurs de l’extrême droite à prendre part active à sa campagne. Sans succès. Mais le mal est fait. De plus en plus visible et sans se gêner avec la justice, qui au Brésil n’existe plus en tant que telle, le discours de la haine, du racisme, des préjugés contre les pauvres, les femmes, devient de plus en plus libre et généralisé. Il sert, en fait, à démoraliser toutes les politiques de Lula et Dilma envers les plus pauvres et les minorités.

3) À peine six mois après le départ de Dilma, le Congrès (parlement) vote à nouveau la légalité des pédalages fiscaux. Tout revient dans l’ordre. Le nouveau président Temer avance les fonds en décembre 2016 sur le budget de 2017, qui sont deux fois plus élevés que ce que Dilma a fait. Maintenant, c’est légal.

Depuis, une série de scandales se succèdent : des assistants proches du président Temer sont surpris avec des valises bourrées d’argent, une écoute (autorisée) de la police fédérale surprend des échanges du président visant à étouffer des témoignages qui peuvent l’impliquer. Le candidat vaincu par Dilma, Aecio Neves, tombe en disgrâce politique, mais il n’est pas menacé d’emprisonnement. L’hélicoptère d’un sénateur de droite est appréhendé alors qu´il transporte 500 kg de cocaïne. Le sénateur n’est pas dérangé. Un autre sénateur dit, sous écoute : « il faut en finir avec cette hémorragie, il faut finir avec cette opération », se référant aux actions anticorruption.

Dans une série télévisée produite par Netflix, ayant comme thème les opérations contre la corruption au Brésil (dirigée par le polémique metteur en scène de la série Narcos), cette phrase, exactement la même, est prononcée, non pas par un sénateur corrompu du nouveau gouvernement, mais par un personnage ex-président à la barbe blanche, qui rappelle en tout Lula. Tous les moyens sont utilisés pour faire de Lula le bandit numéro 1 de la corruption au Brésil.

En même temps, Temer met en route un processus de destruction systématique des conquêtes sociales obtenues sous le gouvernement Lula : fin des lois régulant le travail, révision à la baisse de la retraite, réduction des terres autochtones, fin du programme de logements, et ainsi de suite.

Acte 2 – Détruire le Parti des travailleurs (PT) et son leader, Lula

Le problème est qu’avec tout cela, Lula, qui a présidé au pays alors qu’il connaissait la plus forte croissance économique de son histoire, leader populaire incontesté, se voit catapulter en première place dans tous les sondages présidentiels, place qu´il n’a plus jamais quitté jusqu’à maintenant. Il n´est alors plus suffisant d’enlever la présidente, il faut à tout prix casser ce mouvement et la force de Lula.

1) Sergio Moro, un juge de première instance de Curitiba, là où le mouvement anti-Lula est très fort, et où s’exprime fortement un « séparatisme » par rapport au « Brésil pauvre (et non blanc) du Nord », décide d’ouvrir un procès pour corruption contre l’ancien président.

Moro a quelques caractéristiques qui ne peuvent être ignorées : il est le fils d’un homme politique du PSDB, le parti d’opposition qui a mené à l’élimination de Dilma ; son épouse est elle-même un cadre du parti dans son État (le Paraná) ; il est connu par sa haine contre Lula, qu´il distille, même en étant juge, dans les réseaux sociaux ; il est connu pour appeler l’ex-président « nine fingers », une allusion au fait que Lula a perdu un doigt dans un accident de travail quand il était ouvrier.

Moro décide de persécuter Lula à partir de la construction d´une fable pittoresque. Une grande entreprise de bâtiment (OAS) aurait offert à Lula un appartement triplex à la plage (de 250 m²), en échange de faveurs de celui-ci pour des contrats avec Petrobras, le géant pétrolier brésilien (entreprise publique), que Lula a fait exploser sur les marchés mondiaux, grâce notamment à la découverte, lors de son gouvernement, des réserves sous-marines. Il se trouve que la femme de Lula (aujourd’hui décédée d’un épanchement cérébral à la suite de ces persécutions) avait en effet demandé d’acheter cet appartement, en 2007, mais Lula s’était désisté par la suite. Il n´y a mis les pieds qu´une seule fois dans sa vie, et l’appartement, en construction jusqu’à il y a quelques mois, n’a jamais été à son nom ni à celui de sa femme (il est toujours au nom de l’OAS). Les huit premiers témoins lors du jugement ont d’ailleurs innocenté Lula. Lors du procès, Lula n’a cessé de répéter (les vidéos sont disponibles sur internet) : « Monsieur le Juge, s’il vous plait, montrez-moi les preuves que je suis le propriétaire de cet appartement, et je me présente immédiatement pour être emprisonné volontairement ». Ces preuves, Moro ne les a jamais eues.

2) L’action suivante a été de promouvoir une version à l’effet que cet appartement était la pointe d’un iceberg d’un réseau de crimes et de corruption avec à sa tête Lula et les principales entreprises de bâtiment et d’infrastructure du pays qui, parce que c´était légal, finançaient toutes les campagnes électorales (y compris celles du PSDB). C´est Dilma, justement, qui a approuvé la loi interdisant le financement des campagnes par les entreprises privées au Brésil. La question est de réussir à prouver à quel point un président sait et contrôle toutes ces magouilles, et à quel point il doit en être responsabilisé. Ce serait bien utile et intéressant que cette discussion soit faite, mais dans le cadre de la loi, avec des enquêtes sérieuses, des preuves et toutes les échéances et appels garantis. Mais non, au Brésil, c’est utilisé par Morto comme une arme de persécution politique. Sans preuves concrètes.

En faveur de Lula, il faut savoir que gouvernement précédent de Cardoso (PSDB), avait, en huit ans, donné l’ordre de lancer 48 opérations anti-corruption de la Police fédérale. Pour leur part Lula et Dilma, en 12 ans, en ont ordonné 2.226 ! De plus, c´est Lula qui a restructuré la même Police fédérale pour augmenter sa capacité à combattre la corruption. Le plus insolite, cependant, est la démesure de l´accusation. Dans un pays où les propriétaires des chaines de télé et les grands milliardaires possèdent – illégalement – des îles entières, avec des villas non autorisées de quelques milliers de m² valant des millions de dollars, Moro et sa troupe d´accusateurs font passer l’idée que Lula serait corrompu pour des contrats du géant pétrolier, contre un appartement de moins de 300 m², le long d’une plage de classe moyenne sur le littoral de São Paulo. L’acceptation de la crédibilité de cette accusation n’a d’explication que dans les préjugés existants au Brésil envers les plus pauvres : « Lula ne sait même pas être corrompu. Lula négocie ce qui est à sa hauteur. Le monde des villas et des millions n’est pas pour lui » ! C’est la base de ce discours médiatique.

Le plus impressionnant est qu´une simple recherche sur Google démontre que Cardoso, l’ancien président a reçu une ferme d’une de ces entreprises (Camargo Correa), qu’il y a même construit une piste d’atterrissage permettant de recevoir…. des Boeings ! Cardoso est aussi accusé d’avoir acheté un appartement dans le quartier le plus cher de São Paulo, à un prix de loin inférieur à celui du marché. Rien de tout cela, cependant, n’est motif à des enquêtes ou des procès.

Il faut bien comprendre qu’en 14 ans au pouvoir, le PT a commis beaucoup d’erreurs et s’est probablement impliqué dans plus d’une affaire douteuse. La corruption est endémique au Brésil depuis 500 ans et ce n´est pas un gouvernement qui, d’un seul coup, peut l’arrêter. Le PT n’est pas exempt d’avoir fait des mauvais choix et d’être entré bien des fois dans la logique de la politique brésilienne (quand même beaucoup moins que les autres partis, étant encore le seul à exercer des gouvernements tournés vers les intérêts des plus pauvres). Mais il ne faut pas confondre les choses : sous l’excuse d’une fausse lutte contre la corruption, ce que les élites brésiliennes, et surtout la justice ont mis en place, est en fait une persécution qui met en échec toute la démocratie.

Pour obtenir des « preuves », quelles qu’elles soient, Moro innove du point de vue juridique. Il reçoit de la Cour suprême, et c´est là sa deuxième action en faveur du coup d’État, que les gardes à vue se transforment en prison indéterminée. En 2016, après la sortie de Dilma, la Cour décide, par 6 voix contre 5, d’interpréter un texte de la Constitution, selon lequel au Brésil une personne ne peut être emprisonnée qu’une fois terminés tous les appels possibles. Elle décide que finalement, ce n’est pas le cas, qu’après le jugement de la deuxième instance, une personne peut être emprisonnée, alors que les appels aux instances supérieures continuent encore.

Cette décision est importante pour comprendre ce qui se passe aujourd’hui avec l’emprisonnement de Lula.

Ces deux décisions de la Cour suprême permettent au juge Moro de mettre en place une forme de chantage juridique, Il envoie en prison des personnes ayant une quelconque relation avec Lula, en leur promettant leur libération, s’ils acceptent de devenir délateurs. La presse laisse échapper que dans l’un des cas, la demande a été spécifique : « je vous laisse sortir si vous me présentez des accusations contre Lula ». Lorsque l´une de ces délatrices a dit que le Juge Moro lui avait demandé deux millions de réais pour permettre sa libération, elle a été rapidement oubliée par la presse.

Plus tard, le procès suit son cours, pendant que la population est harcelée par une campagne intense de diffamation de Lula et de Dilma. À chaque nouvel épisode du procès, alors qu’apparaît de plus en plus le manque de preuves, les élites sortent leurs casseroles pour les frapper dans les vérandas des appartements de luxe. La population plus pauvre a de plus en plus de difficultés à suivre les méandres juridiques. La classe moyenne fête la « fin de la corruption », alors que le gouvernement actuel, sous Temer, est probablement l’un des plus corrompus de l’histoire du Brésil.

Alors qu’un procès au Brésil dure des années à cause de la nonchalance du pouvoir judiciaire, celui de Lula sous le juge Moro est conclu en un temps record. Sans preuve, Moro condamne l’ex-président, toujours loin devant dans tous les sondages présidentiels, à neuf ans de prison. Une petite ironie envers le « nine fingers » ? C’est possible. Le juge qui ne met que des chemises noires avec cravates rouges, rappelant des moments sombres de l’histoire du monde, n´a plus aucun scrupule.

Un livre signé par plus de 200 juristes brésiliens est alors publié, sans aucune couverture médiatique. Les juristes y dénoncent l’inconsistance du jugement de Lula sur une affaire sans preuves concrètes. Les arguments du juge Moro sont si peu solides que lui-même admet ne pas avoir de preuves, mais la « conviction » de la culpabilité de Lula. Depuis, au Brésil, vous pouvez vous faire incarcérer lors d’une garde à vue suite à une simple « conviction » du juge. C’est ce que le pouvoir judiciaire entend faire, d’ailleurs, en poursuivant cinq présidents des plus grandes universités fédérales, les emmenant en prison lors d’opérations policières avec mitraillettes et camions blindés (alors que la loi prévoit une convocation amiable devant le juge) pour des affaires insensées, comme « des erreurs de factures à l’achat de machines photocopieuses ». L’objectif de tout cela ? Montrer à la population que les universités fédérales, objet d’une des actions les plus impressionnantes du gouvernement Lula qui avait créé une centaine de campus partout au Brésil, ne sont en fait qu’un antre de corruption de la « machine criminelle » du PT. L´un des recteurs, trop humilié par ces événements, s’est suicidé. Mais cela n’a semblé déranger personne, outre la communauté de gauche des réseaux sociaux.

Malgré tout cela, les avocats de Lula font appel à la deuxième instance,. Encore une fois, c’est une procédure qui dure normalement plus de deux ans. Pour Lula, elle ne dure que quelques mois. Ce jury conclut par un jugement éclair, avec des arguments identiques, alors que les votes devraient être sensés indépendants. Les juges confirment le verdict de la première instance, et augmentent la peine de Lula à douze ans et deux mois. Pourquoi cette précision ? Le « crime » non prouvé de l’appartement remontant à plus de dix ans, Lula aurait le droit de la purger en liberté. Les méandres du coup d’état sont pleins de petits détails.

Acte 3- Les militaires entrent dans le match

Lula peut donc être incarcéré. Mais ses avocats, invoquant que la Constitution a été changée de manière opportuniste, demandent une révision de cette décision. En même temps, ils demandent à la Cour suprême un Habeas Corpus pour que Lula ne soit pas emprisonné.

Les rites « normaux » de la Cour suggèrent, par les dates chronologiques des demandes, qu´elle juge tout d’abord l’inconstitutionnalité de la décision sur l’emprisonnement en deuxième instance, Cependant, Carmen Lucia, la présidente de la cour, sait que ce vote pourra défaire la décision antérieure, car un des juges annonce avoir changé de position, ce qui annulerait l’emprisonnement de Lula et la demande d´habeas Corpus. Elle inverse donc l’ordre, et décide de juger d’abord l’habeas corpus.

La veille du jugement final, le 4 avril, la mobilisation de la droite pour faire pression en faveur de l’emprisonnement est intense. Les casseroles retentissent sur les vérandas des riches bourgeois. Les médias convoquent à des manifestations contre Lula. Un géant de la communication du pays, l’entreprise SKY, autorise ses employés à participer aux manifestations sans perte de salaire.

Le même jour, un général à la retraite se fait menaçant : « Si la Cour suprême n’envoie pas Lula en prison, l’armée interviendra ». Quelques heures plus tard, le commandant de l’état-major sort de ces attributions constitutionnelles lui interdisant de se prononcer sur des questions politiques et écrit : « l’armée se solidarise avec les désirs de tous les citoyens « du bien » de condamner l’impunité, et se maintient attentive pour ses missions institutionnelles ». Le message ne peut être plus clair.

Certes, les commandants de l’armée de l’air émettent plus tard un communiqué plus rassurant, ce qui démontre que, même dans les armées, les avis sont partagés. Mais ce qui est retenu est le menace d’intervention. Ainsi, une des juges de la Cour suprême change d’opinion, ce qui donne contre Lula six votes contre cinq en faveur de l’emprisonnement. Le changement est tellement bizarre, au point où cette juge dit textuellement qu’elle a endossé un jugement anticonstitutionnel. Est-ce la peur des militaires ?

La Cour suprême annonce donc que Lula peut être emprisonné, une fois terminés tous les appels en deuxième instance », ce qui pourrait encore durer 15 jours, étant donné que des appels sont encore possibles et légalement déposables. Mais la justice, le droit de défense, la présomption d’innocence, sont des valeurs périmées au Brésil, en tout cas pour Lula, et sûrement pour les sympathisants du PT. En moins de 24 heures, encore une fois de manière illégale, Moro donne l’ordre d’emprisonnement.

Des milliers de militants encerclent maintenant le siège du syndicat des métallos de São Bernardo, berceau de la carrière politique de Lula. Accompagné de sénateurs et du peuple qui le soutient, Lula ne s´est pas présenté à la justice. Moro lui avait donné jusqu’à 17 heures, le 5 avril, pour se présenter à Curitiba pour être emprisonné. Une action d’humiliation. Moro rajoute : « en raison de la dignité du poste qu´il a occupé, j’ordonne que l´on ne le menotte pas ».

Encore une fois, Moro montre que sa persécution acharnée de Lula passe au-dessus, non seulement des lois et de la Constitution, ce qu’il peut faire grâce à la bienveillance de la Cour dont le rôle ne semble plus de de protéger la Constitution, mais aussi des risques de provoquer une partie imposante de la population. Celle qui, dans les sondages de la semaine dernière, met Lula chaque fois plus loin devant dans la course á la présidence. Tous les débouchés sont maintenant pensables, y compris les plus tragiques. Le Brésil n’a plus de démocratie, son gouvernement élu a été déchu par des manœuvres dignes des pires mafias. La volonté démocratique du peuple est violée par des décisions à chaque fois illégales. Les militaires sont aux aguets. La presse continue son action irresponsable. Le pays est divisé. Le monde n’est plus capable de suivre les subtilités de ce coup d’État ignoble.

Comme l’observe un jeune sur les réseaux sociaux, l’élite « fête » l’emprisonnement imminent de Lula. Comme les brésiliens sont blagueurs, plusieurs messages ironisent. On se moque de son niveau de scolarité, de son doigt en moins, des homosexuels qui « devront maintenant quitter le pays », de l’indigence de Dilma (une femme), des pauvres, des sans-terre, des Noirs, qui maintenant, seront « obligés de travailler au lieu de vivre aux dépens du gouvernement », sur la « mort de la gauche ». La corruption n’est jamais citée. C’est le portrait du Brésil qui émerge des décombres d’une démocratie ravagée.

João Whitaker (urbaniste et militant de gauche à Sao Paulo)

»» http://alter.quebec/++cs_INTERRO++p=1726
URL de cet article 33180
https://www.legrandsoir.info/bresil-urgent-la-democratie-assassinee.html

Lula et le « crime » de la gauche

L’ex-président brésilien s’est vu refuser la demande d’habeas corpus préventif déposée par ses avocats.

Le « crime » de Lula, c’est d’être de gauche, dans un contexte où les forces de la droite internationale imposent leur hégémonie déstabilisatrice dans la région.

Son « crime », c’est d’avoir aidé à fonder, il y a 38 ans, le Parti des travailleurs (PT), une plateforme qui a donné la parole aux mouvements syndicaux et qui se bat pour leurs droits.

Le « crime » de Lula est d’avoir remporté les élections présidentielles de 2002 en tant que représentant du PT et d’être devenu le président ayant obtenu le plus de voix de l’histoire du Brésil. C’est d’avoir quitté son second mandat avec 80% d’approbation, offrant à son pays une croissance économique de 7,5% et un salaire minimum 54% plus élevé que celui de son premier gouvernement.

Le « crime » de cet ouvrier métallurgiste, c’est d’avoir sorti plus de 30 millions de Brésiliens de la pauvreté, d’avoir réduit le taux de chômage et placé son pays sur la carte des puissances émergentes.

Le « crime » de Lula, c’est d’avoir inspiré le plus grand pays d’Amérique latine et projeté une image d’ « d’ordre et de progrès », comme le veut la devise inscrite sur le drapeau national.

Le « crime » de Lula, c’est d’avoir stabilisé l’économie nationale et remboursé la totalité de la dette contractée par son pays auprès du Fonds monétaire international.

Le « crime » de Lula est d’avoir apporté son soutien à sa dauphine Dilma Rousseff, qui a poursuivi ses programmes de progrès au Brésil et qui, pour cette même raison, a également été victime d’une persécution qui a mis fin à son mandat.

Le « crime » de Lula, c’est son intention de se présenter aux élections présidentielles d’octobre. Et sa plus grave « faute », d’être en tête des sondages en tant que candidat dans un pays où le mécontentement populaire à l’égard des mesures néolibérales du président de facto Michel Temer ne cesse de croître.

Le « crime » de Lula, c’est d’être devenu le grand espoir de la résurgence du Brésil et de la relance des mouvements progressistes dans la région.

Le « crime » pour lequel Lula est jugé est le « crime » de la gauche ; celui pour lequel ils veulent aussi juger Dilma, Nicolas Maduro, Evo Morales, Cristina Fernandez, et tout autre leader qui refusera de baisser la tête et de suivre les ordres du Nord.

Gabriela Avila Gomez

»» http://fr.granma.cu/mundo/2018-04-06/lula-et-le-crime-de-la-gauche
URL de cet article 33182
https://www.legrandsoir.info/lula-et-le-crime-de-la-gauche.html

   

Les nouvelles techniques des coups d’État légaux

Par Christophe Ventura  |  27 mars 2018 

Fragment. Comment Marielle Franco est utilisée par le système médiatique et politique pour justifier la politique sécuritaire et meurtrière du gouvernement ?

Qui se promène dans le quartier de Gavea à Rio doit s’arrêter manger chez « Lorena. Confiserie et restaurant ». Situé sur une petite place où stationnent taxis, marchands ambulants et, en permanence, une voiture de police de la ville de Rio, ce bar-restaurant-épicerie est un lieu populaire. Il accueille à longueur de journée ce peuple des taxis, des petits commerçants, des fonctionnaires de police, des ouvriers qui travaillent dans le quartier, des femmes de ménage qui nettoient les appartements des familles de la classe moyenne (pour beaucoup elles vivent dans la favela de Rocinha), des jeunes qui vont travailler sur les plages de Rio, des retraités qui trouvent ici un espace de socialisation convivial, etc.

Dimanche 18 mars, quatre jours après l’exécution de Marielle Franco et l’organisation de nombreuses mobilisations en son hommage (50 000 personnes à Rio, 30 000 à Sao Paulo ce même 18 mars), démarre sur Globo tv (principal média engagé dans la campagne contre la gauche et Lula) à 20h30 l’un des programmes les plus connus de la chaîne : « Fantastique : le show de la vie ». Mélange de journalisme sensationnel et de divertissement.

Tout le monde regarde chez « Lorena ». Émission spéciale. Monica, la compagne de Marielle, et toute la famille de la défunte icône ont accepté de parler, de raconter Marielle.

Étrange sensation du téléspectateur. Pourquoi la famille d’une militante politique accepte-t-elle d’entrer dans ce jeu médiatique ?

Présentation de la maison de Marielle, souvenirs intimes, bientôt les larmes coulent sans s’arrêter sur le visage de Monica. « Nous comprenons votre douleur » lâche la journaliste vedette. « Parlez nous encore ».

Et Monica s’effondre, elle pleure, elle parle. C’est ensuite le tour de la fille de Marielle, de ses parents.

Une certaine Marielle domine désormais le spectre médiatique national et international. Globo en est l’une des principales matrices. L’opinion se fabrique sous nos yeux chez « Lorena ».

Globo célèbre un individu qui s’est affirmé face à certains conservatismes de la société. Elle est femme, métisse, a quitté un mari pour une femme. Elle a toujours aimé sa communauté et donné de sa personne pour aider les autres.

Tout ceci est si vrai. Mais cette identité est sélective, elle n’est que le reflet partiel d’une militante dont la radicalité des positions est gommée. De sa critique des structures sociales et économiques qui produisent les conditions des rapports sociaux qu’elle combattait, de son engagement résolu contre l’intervention militaire dans les quartiers il ne reste rien. Quatre jours après sa disparition.

Le système peut accepter une partie des demandes d’émancipation individuelle dans la société si elles ne remettent pas structurellement en cause la hiérarchie économique et sociale. C’est le nouvel ordre intérieur qui explique pourquoi montée des revendications des libertés individuelles peut coïncider avec néoconservatisme économique et social, autoritarisme étatique. Donner là, désintégrer et réprimer ici.

Ce point est capital à analyser pour la gauche et les mouvements sociaux.

Pire dans le cas brésilien. Au lendemain des hommages à Marielle et de l’émission de Globo tv, O Globo, journal papier du mastodonte médiatique, titre : « Le gouvernement va dégager des crédits supplémentaires pour la sécurité » (voir photo).

Et d’annoncer que la police militaire remplacera la police de proximité (mise en place sous Lula) dans la favela de Rocinha .

L’icône Marielle reformatée est désormais utilisée pour la mise en place de politiques qu’elle combattait et pour lesquelles elle a été assassinée. Son image est désormais sa version acidulée. Marielle est morte ? Plus d’intervention militaire.

A la question : « Pourquoi des militants politiques qui combattent ce gouvernement et son allié Globo contribuent à cette manœuvre ? », aucune réponse.

Pendant ce temps, les jours s’égrènent – dans le silence médiatique – avant le possible emprisonnement de l’ancien président Lula qui signifierait l’élimination d’un projet plus favorable aux majorités populaires à l’élection présidentielle d’octobre 2018.

http://www.medelu.org/Les-nouvelles-techniques-des-coups

Le fascisme menace le Brésil

Le fascisme menace le Brésil

Juan Manuel Karg

29/03/2018

Il ne s’agit pas un titre risqué et hâtif. La double attaque contre le convoi de l’ancien président Lula da Silva à Parana –dans un premier temps avec des œufs et ensuite avec des tirs- dessine le moment dramatique que la démocratie vit au Brésil, quelques semaines après l’assassiner de la militante des droits de l’homme et féministe Franco Marielle à Rio de Janeiro. De quelle autre façon, si ce n’est par le terme fascisme, peut-on cataloguer l’extrême droite brésilienne qui prétend à prendre le pouvoir d’assaut avec la candidature du militaire à la retraite Jair Bolsonaro, qui arrive en deuxième place dans les sondages et qui continue de progresser face à l’effondrement de la « droite classique brésilienne»? Quel qualificatif, si ce n’est fascisme, pour caractériser le groupe de hors-la-loi qui a tiré sur la caravane de l’homme le plus important de l’histoire contemporaine du Brésil?

Le problème n’est pas les » électrons libres», si tenté qu’il y en ait, hypothèse difficile à croire étant donné l’organisation et la planification des faits, mais le message qu’envoient les institutions : Bolsonaro lui-même, lorsqu’il a appris les attaques, les a relativisés dans les réseaux sociaux avec l’expression «ils se victimisent». Celui qui parle est celui qui a voté la destitution de Rousseff en rendant hommage au tortionnaire de l’ex présidente, dans un grave mépris pour la démocratie dans son pays. Plus grave encore est la phrase de celui qui a été battu par Lula lors d’élections transparentes et démocratiques, Gerardo Alckmin (PSDB), qui a condamné «le PT récolte ce qu’il a semé». Pour ceux qui n’en croient pas leurs oreilles : Alckmin n’est pas un homme retiré de la politique; il n’est rien moins que le gouverneur de l’état de San Pablo. Ses mots sont un poignard pour une démocratie sérieusement endommagée par le PSDB lui-même, qui, en pariant sur le coup d’Etat parlementaire de Temer, continue à s’effondrer dans les sondages.

Que cherche l’extrême droite brésilienne avec les tirs sur la caravane de l’ex-président? Intimider les organisations et les mouvements sociaux face à l’arrestation probable de l’ancien dirigeant métallurgique. L’objectif fondamental est de faire peur face à une condamnation manifestement injuste, dans un processus aussi vicié que celui qui a conduit au départ de Rousseff de Planalto. Que recherchent Alckmin et la PSDB avec leurs déclarations malheureuses? Naturaliser la violence politique contre les dirigeants populaires, après que les médias brésiliens – principalement Globo, Folha et Estado de Sao Paulo- ont inoculé depuis des années la haine contre Lula, Dilma et tout ce qui est une alternative au statu quo, qui pendant siècles, a gouverné ce pays.

Le Brésil court le risque sérieux d’entrer dans une phase de mexicanisation de sa politique, avec des assassinats de dirigeants politiques, des attaques contre des dirigeants populaires et des tentatives de légitimer cette violence, grâce à la complicité de divers secteurs du pouvoir. C’est la triste évolution d’un coup d’État parlementaire qui, depuis 2016, maintient le pays dans un véritable état d’urgence, dont la condamnation et la disqualification de Lula constituent la deuxième phase. Pendant ce temps, l’UNASUR et la CELAC – freinés par le passage à droite de plusieurs pays du cône Sud, n’agissent pas et l’OEA -toujours inféodée aux intérêts extérieurs à notre région- continue de ne parler que du Venezuela. L’Amérique latine ne peut pas détourner le regard : il s’agit de défendre ce qu’il reste de démocratie dans ce pays, le plus grand et le plus influent dans la région en termes politiques et économiques, avant qu’il ne soit trop tard pour eux et nous tous.

Juan Manuel Karg   Politologue de l’UBA (Université de Buenos Aires). Analyste International.

https://www.pagina12.com.ar/104547-el-fascismo-amenaza-a-brasil

Traduction FAL33

Les Brésiliens manifestent contre la réforme des retraites de Temer

Les centrales syndicales et les mouvements sociaux du Brésil défileront lundi contre la réforme des retraites promue par Michel Temer.

La Confédération unitaire des travailleurs (CUT) du Brésil ainsi que les mouvements sociaux et d’autres centrales syndicales se sont prononcés ce samedi contre la réforme des retraites et ont invité la population à descendre dans la rue le lundi 19 février.

Dans le cadre de l’intervention militaire menée par le président de facto, Michel Temer, qui empêche le vote sur la réforme des retraites, les mouvements sociaux ont appelé à la mobilisation contre la réforme prévue ce mois-ci.

«Cette Réforme est presque abrogée. Mais néanmoins, ce Congrès national corrompu, avec ce gouvernement de facto, met une fois de plus cette réforme au programme du jour «, a insisté le coordinateur national du Mouvement des travailleurs sans terre (MTS), João Paulo Rodrigues. La mobilisation est faite pour garantir le respect du droit des travailleurs.

Michel Temer a donné l’odre à l’armée d’intervenir à Rio de Janeiro.

Rodrigues a déclaré que «nous ne pouvons pas accepter qu’une fois de plus ce gouvernement essaie de retirer ses droits aux travailleurs comme il l’a fait avec la réforme du travail».

Pour sa part, le coordinateur national du Mouvement des travailleurs sans terre (MTS), a déclaré que l’intervention de l’armée à Rio démontre le passage en force du président brésilien pour faire passer la réforme.

En ce sens, le président de la CUT, Vagner Freitas, a indiqué que la pression sur Temer doit être intensifiée, arguant que la lutte à pour objectif d’enterrer la réforme une fois pour toutes et de garantir le maintien du droit des travailleurs et des travailleurs.

Le PT votera contre l’intervention militaire de Río de Janeiro.

Freitas a fait valoir que la manifestation doit être renforcée par des grèves et des blocages en plus d’intensifier les actions de rue et sur les réseaux.

https://www.telesurtv.net/news/reforma-previsional-brasil-movimientos-sociales-sindicatos–20180218-0043.html

Traduction : FAL33

Les 300 familles du campement des Travailleurs Sans Terre « Hugo Chavez » expulsées manu militari au Brésil

Publié par Venezuela infos dans Brésil, Internationalisme/Solidarité, Mouvements Sociaux de l´ALBA, réforme agraire, travailleurs ruraux le 14 décembre 2017 et traduit par: T.D.

Aujourd’hui 14 décembre 2017, sous la pluie et dans le froid, le Commando des Missions Spéciales (CME) est arrivé au campement Hugo Chávez et en a expulsé les quelques 300 familles qui y vivaient avec leurs 150 enfants, dix jours avant Noël, en dépit de l’appel lancé par les organisations, mouvements et organisations sociales nationales et internationales, religieux, artistes pour demander l’arrêt de cette procédure.

C’est une expulsion de plus parmi les 20 prévues dans la région, toutes décidées par le juge Amarildo Mazzuti de la juridiction agraire de Marabá. Le Mouvement des Sans Terre du Para dénonce l’action de la police, coordonnée par le gouvernement de l’état, le harcèlement et la violence auxquelles les familles des travailleurs ruraux ont été soumises sur place. Les familles se retrouvent à la rue, n’ont nulle part où aller, et les enfants ne pourront pas terminer leur année scolaire. Le gouvernement de l’État, ainsi que d’autres organismes publics, ne se sont pas prononcés sur ces violations des droits humains et n’ont proposé aucune solution alternative au conflit. Les familles ont résisté jusqu’au dernier moment mais ne pouvant plus gérer la situation ont choisi de commencer le démantèlement des cabanes. En cette heure, les familles organisent un campement temporaire dans une région avoisinante.

Ces derniers jours, les paysans avaient été attaqués par des hommes armés, ce qui avait suscité une grande mobilisation d’amis et d’organisations solidaires et rouvert le débat sur la propriété de la terre et la violence dans cette région du nord du Brésil.

Le Mouvement des Sans Terre remercie  les centaines de gestes de solidarité du Brésil et de l’étranger et réitère son engagement pour défendre les droits des familles des travailleurs ruraux sans terre dans la lutte pour la réforme agraire et la justice sociale. Celles-ci n’abandonneront pas la région.

Le latifundio veut la guerre, nous, nous voulons la terre!

Direction de l’État du Para du Mouvement des Sans Terre

Source:

https://venezuelainfos.wordpress.com/2017/12/14/les-300-familles-du-campement-des-travailleurs-sans-terre-hugo-chavez-expulsees-manu-militari-au-bresil/

 

Lula : J’espère que le juge aura le courage de dire « nous n’avons pas de preuves, nous avons menti »

Brésil | 14 septembre 2017

Dans la nuit du mercredi 13 septembre, l’ex-président Luiz Inácio Lula da Silva a prononcé un discours dans le centre-ville de Curitiba, après avoir déclaré pendant près de trois heures devant le juge Sergio Moro pour les allégations de corruption passive et blanchiment d’argent dans l’opération Lava Jato.

Lula a déclaré aux sept mille personnes présentes à la manifestation de ne pas s’inquiéter de l’enquête en cours, car il ira à la ville de Curitiba autant de fois que nécessaire et a souligné que «la vérité vainc le mensonge».

L’ex-président a affirmé qu’il respectait les membres du pouvoir judiciaire brésilien, mais a exhorté les institutions, les juges et les procureurs impliqués dans l’opération à avoir la dignité de «dire aux médias qui l’accusent qu’ils se sont trompés et qu’ils s’excusent», s’ils n’ont pas de preuves pour le condamner.

«Je connais les raisons des attaques, des mensonges. Mais, cela ne me rend pas nerveux, je suis très fier parce qu’après avoir étudié ma vie pendant deux ans, après avoir mis mon téléphone portable sur écoutes, après s’être introduit dans ma maison, ils n’ont trouvé aucune preuve» a déclaré l’ancien président.

Lula a également rappelé les faits marquants de son gouvernement, tels que les programmes sociaux, le développement de Petrobras et le rôle du Brésil sur la scène mondiale, tout ce qui a permis aux Brésiliens de «dépasser leur complexe d’infériorité». «Seulement j’ai commis une erreur impardonnable pour l’élite : j’ai augmenté le salaire minimum de 84%», a-t-il déclaré.

Enfin, l’ancien président a déclaré qu’il préfère «la mort plutôt que d’entrer dans l’histoire comme menteur» et il a titillé les procureurs de l’opération Lava Jato en affirmant qu’ils se trompent dans leur recherche : «Je vais me battre jusqu’aux derniers jours de ma vie. Qui a des camarades comme ceux que j’ai,  n’a rien à craindre. Lula dérange beaucoup de gens, mais des millions de Lulas dérangent beaucoup plus et ils vont transformer ce pays «.

Source: Brasil de Fato

http://www.albatv.org/Lula-Espero-que-el-juez-tenga-el.html