Milagro Sala rentre à la maison

Argentine | 29 décembre 2018

Au cours des premières heures de la journée, le tribunal pénal n ° 3 a ordonné le transfert de la dirigeante  de l’Organisation de Quartier Tupac Amaru, Milagro Sala, qui a pu regagner sa résidence dans le quartier de Cuyaya, dans la capitale Jujuy. C’est depuis chez elle qu’elle continuera sa détention provisoire à la suite de la demande présentée par les avocats de la dirigeante.

Son retour à la maison a eu lieu avant 9 heures du matin. En outre, cette nouvelle disposition n’inclut pas les contrôles et la surveillance infinis des gendarmes imposés jusqu’ à ce jour par le juge Pullen Llermanos. À cette occasion, la Cour 3 a estimé que le bracelet électronique devrait être le seul dispositif de contrôle légal à domicile.

«Quand on me l’a annoncé, je n’étais pas sûre (du transfert). Parce que la semaine dernière, ils sont venus me chercher et ensuite ils m’ont dit que c’était suspendu. Comme je l’ai dit ces jours-ci, il s’agit d’une petite lueur d’espoir pour commencer à croire en la justice, ce qui est difficile. Tant de dégâts qu’ils nous ont causés, tant d’injustices ont été commises par la justice à notre encontre, c’est difficile  à croire », a déclaré Sala récemment arrivée chez elle lors d’une entrevue du site web La García.

Ainsi, après presque trois ans de détention préventive, la Cour s’est conformée aux dispositions de la Cour inter américaine des droits de l’homme de novembre dernier et, plus tard, à la ratification de la Cour suprême de justice de la nation, qui a ordonné que la militante sociale doit rester à la maison puisque sa vie et sa santé était en danger, tant dans la prison de Alto Comedero que dans le bâtiment «El Carmen», la maison «aménagée» pour lui servir de prison (pillé, avec des restrictions des visites et la surveillance permanente des forces fédérales).

En août de cette année, la Cour suprême a approuvé à l’unanimité que la décision de la Cour inter américaine des droits de l’homme établissant la détention à domicile ou des mesures moins restrictives applicables à Sala devait être pleinement et urgemment mise en œuvre. Cependant, jusqu’à présent, la Cour supérieure de justice de Jujuy avait ignoré la demande des deux organismes.

C’est dans sa maison à Cuyaya, où elle a vécu toute sa vie, que Milagro Sala a été arrêtée en janvier 2016 pour avoir organisé une manifestation devant la Maison du gouvernement de Jujuy, au cours de laquelle des organisations sociales ont exigé une réunion avec Gerardo Morales, lequel avait récemment ses fonctions de gouverneur, pour exiger qu’il s’occupe des questions liées à la continuité du travail des coopératives dans le cadre du changement de direction.

Au cours de la semaine, Sala a été acquittée avec Alberto Cardozo dans l’affaire de la « Fusillade de Azopardo ». Cette affaire a commencé après son arrestation en janvier 2016, lorsque le parti Cambiemos (Parti de Macri)  a gagné le gouvernement aux niveaux national et provincial. Son procès a eu lieu en 2007, lorsque deux personnes ont tiré sur Cardozo. Neuf ans plus tard, les deux assaillants ont déclaré que l’incident avait été commandité par Sala, un fait qui a par la suite été rejeté par la justice de Jujuy. Malgré cela, le gouverneur Morales a critiqué la décision via Twitter, qualifiant de «criminels» Sala et Cardozo. Un an plus tôt, Sala avait été acquittée dans «le cas des sous-vêtements», dans laquelle elle était accusée d’avoir menacé les policiers de la police de Jujuy par téléphone en 2014.

Pendant ce temps, la dirigeante sociale fait face à d’autres accusations devant la justice. L’une d’elle autour de la construction de logements sociaux, pour lesquels l’ancien gouverneur Eduardo Fellner et l’ancien secrétaire aux Travaux publics José López ont été mis en examen. Une accusation parallèle est connue sous le nom de «pibes villeros», il s’agit d’une enquête sur le détournement supposé de fonds pour la construction de logements. Sala est également accusée d’association illicite depuis le moment de son arrestation, il y a presque trois ans. En 2017, elle a été poursuivie dans une affaire de blessures graves pour un épisode de 2006.

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Publiée par La García sur Samedi 29 décembre 2018

Publié par : http://www.albatv.org/Milagro-Sala-vuelve-a-casa.html

Traduction FAL 33

Le procureur met en examen Mauricio Macri pour accord avec le FMI

Argentine | 6 septembre 2018

 

 

 

 

 

 

Le procureur fédéral Jorge Di Lello a mis en examen le président de l’Argentine, Mauricio Macri, et d’autres membres du gouvernement pour l’accord signé en juin avec le Fonds monétaire international (FMI).

La mise en examen est due à «un abus de pouvoir et à une violation du devoir de fonctionnaire», celui-ci n’ayant pas soumis au débat au Congrès la signature de l’accord avec l’institution financière, a fait savoir Prensa Latina.

Di Lello a agi après la plainte déposée par Unidad Popular, le Mouvement populaire La Dignidad et l’Observatoire du droit à la ville.

L’administration Macri a signé un accord avec le FMI pour consolider un prêt de 50 000 millions de dollars sur trois ans.

Pour cette raison, le ministre argentin des Finances, Nicolas Dujovne, est arrivé mardi à Washington pour rencontrer la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, et déterminer une nouvelle avance de 29 milliards de dollars.

LDD/AlbaTV/2018

traduction FAL33

Mémoire, vérité et justice : de multiples actes commémorent aujourd’hui un nouvel anniversaire du cycle le plus sombre de l’histoire de l’Argentine

24 mars 2018

«Nous serons des milliers dans les rues», a déclaré Nora Cortiñas, des Mères de la Plaza de Mayo ligne Fondatrice. Hier, la gouverneur Vidal a ouvert un espace de mémoire dans l’ancien quartier général de la station de police 5 de La Plata  à la titulaire de Grands-mères de la Plaza de Mayo, Estela de Carlotto.


Le 42e anniversaire du dernier coup d’État, qui a déclenché la dictature la plus sanglante de l’histoire de l’Argentine, se commémoré par  aujourd’hui des manifestations, des événements et des festivals dans tout le pays. L’épicentre de la commémoration de la Journée Nationale de la Mémoire pour la Vérité et la Justice une fois de plus l’espace entre la Plaza de Mayo jusqu’à la Pirámide de Mayo

Définir l’image mise en avant

« Nous marchons contre les ajustements, la répression et l’impunité, pour une démocratie sans prisonniers politiques ni génocidaires en liberté », tel est le mot d’ordre central des organisations de défense des Droits Humains, qui appellent à une concentration dès 13 heures à l’intersection  Avenida de Mayo et 9 Julio.  «Nous serons des milliers dans les rues. Nous exigeons la vérité et la justice, à la fois pour Santiago Maldonado et pour les victimes du terrorisme d’État «, a déclaré Nora Cortiñas, Mères de la Plaza de Mayo ligne Fondatrice.

« Comme chaque année, nous appelons à manifester sur les places pour protester contre le coup d’Etat génocidaire de 1976 et revendiquer les luttes des 30.000 camarades détenus- disparus », ont précisé les organismes dirigés par des mères et grands-mères de la Plaza de Mayo. «Ce Mars 24, l’appel à l’unité est nécessaire pour demander la libération des prisonniers politiques, dénoncer les retours en arrière des politiques de l’État quant à la Mémoire, la Vérité et la Justice, les procédures judiciaires lentes et l’octroi indiscriminé par le gouvernement de la prison domicilia        ire pour les auteurs du génocide «, ont-ils souligné.

https://www.youtube.com/watch?time_continue=86&v=OynbUglazaA

NOUVEL ESPACE DE MÉMOIRE DANS LA PROVINCE

Le gouvernement de la province de Buenos Aires a inauguré hier un Espace de la Mémoire où opérait un centre de détention clandestin. C’est l’ancien poste de police 5 de La Plata. Au cours de la cérémonie, le président de Grandmothers de la Plaza de Mayo, Estela de Carlotto, a déclaré que « cet endroit devient notre maison, celle des grands-mères, et si nous regardons en arrière, nous voyons comment la mémoire se consolide, sans recul avec une volonté politique que nous célébrons et nous remercions «.

A ses côtés se trouvait la gouverneur  María Eugenia Vidal, qui a souligné que «la mémoire n’a pas de bannières  politiques, elle a besoin de tous les Argentins». Entre avril 1976 et février 1978, il a servi de camp d’extermination qui abritait quelque 200 personnes, dont des enfants, et au moins treize femmes enceintes qui ont accouché dans cette maternité clandestine. L’administration et l’utilisation de cet espace ont été cédées à Abuelas par Vidal pour 30 ans.

http://www.primerplanoonline.com.ar/index.php/2018/03/24/memoria-verdad-justicia-multiples-actos-se-conmemora-hoy-nuevo-aniversario-del-ciclo-mas-oscuro-la-historia-argentina/

Traduction : FAL33

« Macri. Origines et installation d’une dictature mafieuse »

Par Jorge Beinstein le 19/12/2017.

Après deux ans d’avancée systématique, l’ombre de la dictature mafieuse s’étend maintenant sur l’ensemble de la société argentine, une petite clique rassemble les trois pouvoirs de l’Etat ainsi que les pouvoirs économiques et communicationnels, ce qui demeure hors de sa portée se traduit en un éventail de forces impuissantes devant le rouleau compresseur du régime.

Prologue de l’auteur

Entre la rédaction de ce prologue (vers la fin Novembre 2017) et celle du premier chapitre du livre (Septembre 2017) sont intervenus des faits qui accélèrent la tragédie argentine.

La stratégie gouvernementale de contrôle médiatique a conclu sa première étape avec succès : la liquidation du groupe Indalo à travers une vente forcée (grâce à une combinaison de pressions fiscales et judiciaires suivant le style mafieux classique du régime) et de cette façon la main mise sur les chaines de télévision comme CN23 ou C5N (le canal le plus important de télévision ayant un profil d’opposition), des radios de grande audience comme Radio 10, des quotidiens (par exemple « Ambito Financiero »), des portails d’informations, des maisons de productions, des maisons d’éditon, etc. Les grands médias ont déjà été dévorés. Après le gros balayage, viendra sous peu le temps du balayage fin des médias de moindre envergure (radios, maisons d’éditions et chaines locales, maisons de productions de télévision et d’autres voies d’information populaire) pour ce faire ils approfondiront et étendront sûrement les techniques déjà courantes (contrainte physique, décisions arbitraires policières et judiciaires, etc.). L’objectif est la formation d’un système communicationnel entièrement régimenté, non pas à la manière des vieilles dictatures militaires mais en suivant le nouveau schéma flexible et abrutissant de l’ère de la Guerre de Quatrième Génération (la désintégration culturelle de la population combinée avec des manipulations ponctuelles de haute intensité).

Le cadavre de Santiago Maldonado est ainsi apparu confirmant son assassinat exécuté par la Gendarmerie Nationale, agissant sous les ordres du Ministre de Sécurité, Patricia Bullrrich (évidemment par requête du président) et de son Chef de Cabinet, Pablo Noceti, qui dans le passé s’était distingué comme avocat de la défense de militaires génocidaires [1].

La partie de chasse raciste contre le peuple mapuche a continué sans le moindre répit après l’assassinat de Maldonado et jusqu’à fin Novembre a réussi à faire de nouvelles victimes. L’assassinat de Rafael Nahuel, commis par la Préfecture Navale, de nouveau sous les ordres directs du Ministère de Sécurité, démontre beaucoup plus que l’acharnement du gouvernement contre le peuple mapuche, ce qui au début de 2016 se présentait comme un régime de CEOs/PDGs, de voleurs de haut vol et gants blancs, commence à montrer son essence criminelle, les habits sanguinaires de la mafia s’installent au milieu de la pourriture du pays bourgeois et le terrorisme d’Etat renaît. La vague répressive ne fait plus que commencer, le cercle supérieur du Pouvoir sait très bien que l’intoxication médiatique a des rendements décroissants au fur et à mesure que la catastrophe économique et sociale s’ approfondit, la perte d’efficacité de cet instrument requerra de plus en plus l’emploi de la force brute. Ces jours derniers on a su que le Groupo Halcón, (Groupe Faucon) de la Police de la Province de Buenos Aires s’était rendu à un entraînement en territoires palestiniens occupés illégalement par Israël, là, ils ont reçu une formation israélienne de techniques répressives contre la population civile [2]

Soutenus par le gouvernement, les services d’intelligence des États-Unis comme la CIA et la DEA, ou le Mossad d’ Israël, ont pénétré en profondeur non seulement les structures d’intelligence, de la police et les systèmes de sécurité intérieure en général, mais aussi les sphères politiques comme le Ministère des Affaires Etrangères. La DEA, par exemple, spécialisée dans le trafic de drogues, a un comportement remarqué dans des pays comme le Paraguay, la Colombie, le Mexique… et l’Argentine. Le contrôle de ce trafic (et non son élimination) lui permet de manipuler des hommes politiques, des entrepreneurs, des policiers et d’autres pour les utiliser dans ses diverses opérations coloniales. Dans le cas argentin, l’association entre des services étasuniens, israéliens et européens a obtenu au cours des deux dernières années non seulement la consolidation ou la reconquête d’ espaces d’influence antérieurs mais de plus d’ avancées remarquables dans les sphères politiques et militaires de l’Etat de grande importance stratégique [3].

D’autres parts en profitant de son bon résultat électoral, le gouvernement a rapidement avancé dans son offensive intimidatrice contre l’opposition, mettant en prison (à travers tout un show de lynchage mediatique) l’ex-Vice-président Amado Boudou et l’ex-Ministre de Planification Julio De Vido, au moment où il lançait des initiatives sur de « réformes » sur le travail, le budget et la fiscalité, qui sont allées beaucoup plus loin dans l’agression des travailleurs et des retraités que ce qu’avaient fait des gouvernements de droite comme ceux de Menem et De la Rua ou la dernière dictature militaire, en transférant de succulents bénéfices aux groupes économiques les plus concentrés.

L’espace déjà bombardé du pouvoir judiciaire n’a pas non plus été absent, le toilettage des magistrats qui étaient en dehors de leur contrôle s’est poursuivi , comme la Procurateur Générale de la Nation Gils Carbó ou les juges Freiler et les Arias. La mafia a besoin de manière urgente de discipliner complètement ce secteur non seulement pour pouvoir l’utiliser de manière confortable dans ses actions répressives mais aussi pour amortir la vague ascendante de découvertes de ses affaires illégales, depuis le Panama Papers jusqu’à l’affaire Odebrecht [4], en passant par des innombrables cas de corruption qui impliquent la quasi totalité du gouvernement.

Avançant à plein régime

Après deux ans d’avancée systématique, l’ombre de la dictature mafieuse s’étend maintenant sur l’ensemble de la société argentine, une petite clique rassemble les trois pouvoirs de l’Etat ainsi que les pouvoirs économiques et communicationnels, ce qui demeure hors de sa portée se traduit en un éventail de forces impuissantes devant le rouleau compresseur du régime. Le blocage complet du système institutionnel pourrait prochainement être obtenu si Macri réussit à imposer le vote électronique, la farce électorale couronnerait le show macriste. Comme dans les vieux temps de la domination oligarchique, la souveraineté populaire, aujourd’hui abâtardie par la conjonction médiatico-judiciaire, serait totalement annulée par la fraude.

Cependant l’ascension des actions répressives qui ont culminé avec la capture et l’assassinat de Santiago Maldonado ou la succession des agressions morale et/ou physique sur les enseignants, handicapés et retraités, n’ont pas affecté sa base électorale, le bombardement des médias est suffisant pour la préserver.

Il s’agit d’un phénomène nouveau, dictatorial mais civil et orné par des valeurs constitutionnelles, en brandissant son origine « Démocratique » (évidemment imposé par une gigantesque manipulation médiatique). Héritière de l’euphorie « gorille » [5] de 1955 qui a réuni les classes moyennes et élevées en entourant les militaires putschistes, apparemment éteinte, mais réapparaissant après une période de latence, cachée dans le plus profond de l’âme de la droite argentine et héritant aussi de l’obsession antisubversive de 1976, cousine germaine de la précédente.

En somme une dictature qui a pu s’installer sans sortir les chars dans la rue, exhibant des bonnes manières qui de toutes façons ne peuvent cacher leur manque de culture (sous culture primitive de la lumpen-bourgeoisie). Soutenue par les masses classe-moyennes excitées non seulement contre les pauvres (comme leurs ancêtres « gorillas » mais aussi contre le progressisme et son espace culturel considéré comme une antre de voleurs et de transgresseurs par ses hypnotiseurs médiatiques, à ceux qui obéissent encore entraînant dans le délire des pans importants des classes modestes. Et comme d’autres fois, combinant cyniquement moralisme discursif, croisade rhétorique contre la corruption, avec des vols extraordinaires et d’autres flagrants délits présentés comme mises au point, ajustements nécessaires ou simplement affaires normales.

Mélange néofasciste du XXIe siècle dont les conducteurs jouent au poker au bord de l’abîme, faisant enfler sans cesse une bulle financière destinée à éclater.

Auparavant les argentins n’avaient jamais connu pareille chose, l’irruption d’un régime civil dictatorial exercé directement par le niveau supérieur du pouvoir économique apparaît comme un fait surprenant.

Ce que l’histoire nationale présente est une longue succession de gouvernements populaires stratégiquement faibles, des dictatures militaires plus ou moins sanguinaires et des gouvernements conservateurs instables sous le contrôle de l’élite entrepreuneuriale et dans des certains cas sous pressions du pouvoir militaire. La séquence confirmait la permanence du cercle vicieux du sous-développement dont la dynamique a finalement réussi à produire un saut qualitatif monstrueux. Puisqu’en regardant en arrière nous pouvons vérifier que ce processus a dégradé plus et plus la structure sociale dans son ensemble, a engendré et dilaté non seulement des tendances destructrices du niveau des élites dominantes, qui se transformaient en bandes prédatrices, mais aussi de vastes secteurs des classes moyennes éblouies par ceux d’en haut et accumulant du mépris vers ceux d’en bas. La barbarie qui s’est étendue vers les classes basses fragmentées par des décennies de désindustrialisation, où s’accentuaient les différences entre les intégrés et les marginaux, où la plupart des appareils syndicaux se sont mis à être les places fortes de bureaucrates noyés dans le délit. La docilité des chefs la CGT devant les assauts du gouvernement contre les salariés s’explique non seulement par la proximité idéologique entre les deux, mais aussi, principalement, par la vulnérabilité judiciaire des bureaucrates.

 

L’élite mafieuse a imposé les décisions qui nuisent à l’immense majorité de la population, mais cette majorité objective est scindée entre ceux qui réagissent et se défendent (sans oser, pour l’instant, dépasser les limites que leurs bourreaux fixent) et ceux qui fêtent stupidement les bandits qui les volent. Dans ce dernier secteur, nous pouvons distinguer ceux à qui l’euphorie fasciste fait privilégier la haine sociale plutôt que la détérioration concrète de leur situation matérielle, de ceux qui réussissent à se maintenir à flot, comme une classe moyenne fragile, transférant ainsi le dommage reçu vers d’ autres plus faibles qu’eux.

Un néofascisme périphérique du XXIe siècle, nouveau et donc difficile à décrire, employant des schémas conceptuels du passé. Nous assistons à une crise gigantesque de perception où l’évident devient invisible. Le secteur droitisé de la population célèbre l’échec du « populisme », vote contre le « populisme » tandis que la navire où il est embarqué se dirige vers la catastrophe financière et ses inévitables tragédies sociales. En face de cela, une grande partie de l’opposition apparaît dominée par une sorte de drogue, pacificatrice qui l’empêche de reconnaître la réalité, elle s’accroche aux mythes d’une institutionnalité pourrie, veut croire que la dictature mafieuse est une démocratie « restreinte » ou « de basse intensité » ou « conditionnée » ou « bourgeoise » selon l’inclinaison de l’observateur. Mais se refuse à reconnaître la dictature comme dictature, ni sa nature mafieuse, décadente, comme un aspect décisif, irréversible de la petite noblesse argentine et en conséquence de la culture dominante pénétrant un vaste éventail de hiérarchies sociales inférieures.

Parce que le faire signifie enlever les pieds du plat, rompre avec le système, organiser une résistance populaire qui pointe vers la transformation (démocratisation) profonde de la société, régénérée sur la base de l’éradication du pouvoir élitiste, de ses structures médiatiques, institutionnelles, financières, agraires, industrielles, des liens de soumission coloniale.

Le cas de l’Argentine n’est pas isolé, en Amérique Latine nous assistons à des phénomènes pareils, il suffit d’observer les réalités du Paraguay gouverné par un narco-président, du Brésil après le coup d’État avec un gouvernement complètement impopulaire et instable de bandits, du Mexique, de la Colombie, la République Dominicaine…

Un regard plus étendu nous permettrait de voir une planète capitaliste encore sous domination (déclinante) occidentale, contrôlée par une lumpen-bourgeoisie reposant sur les affaires financières et une vaste variété d’activités mafieuses qui la distingue.

L’Empire US avec une économie ébranlée et « gouverné » par un président grotesque. Du point de vue global, Macri n’est pas une exception bien qu’il ait ses particularités, produit peut-être de la spécificité de la dégradation argentine. Le fait qu’un pays se trouve gouverné par le premier – né d’un clan mafieux sur lequel survole à l’ombre de la ‘Ndrangheta – n’est pas un cas habituel. ça sonne bizarre, et ressemble à un film présomptueux inspiré du « Parrain ». Bien que la réalité soit beaucoup plus complexe, Macri est une sort de primus inter pares, de numéro un (nous ne savons pas pour combien de temps) d’une articulation mafieuse qui réunit les propriétaires réels du pays. Une association instable excitée par le pillage, immergée dans un monde bourgeois financiarisé poursuivi par la crise économique et géopolitique.

L’idéologie de l’élite argentine ne se nourrit pas de paradigmes impériaux relativement stables comme ce fut le cas de la vieille oligarchie et de sa relation coloniale avec l’empire britannique y compris avec la classé supérieure d’un passé plus récent alimentée par l’illusion de faire partie de l’empire nord-américain considéré comme l’invincible centre du monde. C’est une bande nihiliste navigant à la dérive, intéressée uniquement par le court terme. Elle ne sait même pas brandir les valeurs autoritaires anciennes ou récentes mais seulement la brutalité du pouvoir autolégitimé à travers un journalisme mercenaire.

 

– Jorge Beinstein est un économiste argentin, professeur à la Université de Buenos Aires.

Source: https://www.alainet.org/fr/articulo/189947

Argentine: Casseroles matinales contre l’ajustement

Le 19 décembre 2017

Des milliers de personnes sont arrivées au congrès cette nuit pour rejeter la réforme prévisionnelle.

De nombreuses personnes de différentes zones de la ville de Buenos Aires ont convergé vers la Place Des Deux Congres pour exprimer leur rejet des lois d’ajustement promues le gouvernement national. Une scène qui se répète dans différents quartiers et de nombreuses capitales de province.

Une vague interminable de personnes s’est réunie ce matin sur la Place Des Deux Congrès armées de casseroles, bouteilles en plastique et de drapeaux argentins, elles ont fait entendre leur opposition à l’ajustement prévisionnel qui est en train d’être débattu par la Chambre des Députés depuis plus de huit heures et qui devrait encore  durer  cinq heures. Ce rassemblement nocturne n’a pas seulement lieu à Buenos Aires, des scènes semblables ont lieu dans différentes villes du pays et avec un autre dénominateur commun, elles se sont tenues là où les drapeaux partisans n’étaient pas présents.

Sur l’avenue Corrientes depuis le quartier de Almagro une grande quantité de personnes a afflué. Quelque chose de semblable s’est déroulé sur l’avenue Santa Fe, où ceux qui avaient précédemment parcouru l’avenue Cabildo se son retrouvés. Les deux colonnes ont ensuite débouchées sur l’avenue Callao et ont culminé dans la rue de Bartolomé Mitre ou est située une des grilles installées par la police.

Une autre partie des manifestants s’est dirigée vers la place du Congrès où la police a réinstallé des grilles sur les coins de l’avenue Rivadavia et Rodrigez Peña et à l’intersection de Hipólito Yrigoyen et Solís. Ce sont des milliers de personnes qui se sont entassées sur les grilles, les frappant sans cesse et causant un bruit entendu à plusieurs pâtés de maisons.

La foule était surtout composée de jeunes, même si on pouvait trouver des familles entières, avec même des enfants, disposées a faire entendre leurs plaintes.

Le défilé incessant de personnes a continué jusqu’aux alentours de quatre heures du matin, quand la police a décidé de lancer une autre offensive répressive. Pour cela elle est sortie violemment de derrière les grille et s’est lancée sur les manifestants qui faisaient encore du bruit sur la place. Cette action s’est soldée par au moins deux nouvelles arrestations.

A Rosario, les gens se sont réunis autour du Monument au Drapeau. C’est une foule unie qui a fait entendre son opposition à la reforme prévisionnelle.

Dans la capitale de Tucuman il y a également eu des protestations. Face à la «Casa de Gobierno» un groupe de personnes est allé faire entendre ses réclamations au gouverneur Juan Manzur, qui ce matin était au Congrès de la Nation pour entériner, avec d’autres dirigeants provinciaux, leur soutien à la réforme rejetée par beaucoup.

Des rassemblements similaires ont eu lieu à Córdoba, Mendoza et La Plata.

Source:https://www.pagina12.com.ar/83696-cacerolas-de-madrugada-contra-el-ajuste

Traduction: FAL33

Affrontements en Argentine suite à des manifestations contre la réforme prévisionnelle

Publié le par anonyme

Buenos Aires, 14 décembre (Prensa Latina) Les environs du Congrès argentin ont aujourd´hui été le terrain d´un véritable chaos avec des clôtures, des tanks et des centaines de policiers qui ont réprimé les manifestants, alors qu´à l´intérieur de l´enceinte c´est un scandale houleux qui a obligé à lever la séance lors de laquelle la réforme prévisionnelle devait être débattue.

 

Alors que la manifestation a commencé pacifiquement, un groupe d´infiltrés, avec les visages masqués, a détérioré l´atmosphère et a commencé à lancé des bâtons et des pierres, puis la sécurité a répondu par de puissants jets d´eau et du gaz poivré lorsque la session allait débuter dans l´hémicycle.

L´intérieur de l´enceinte a quant à elle vécu un épisode déplorable, alors qu´au début il y a eu des problèmes pour que les députés de l´opposition puissent entrer, se sont ensuite écoutés des cris de part et d´autres entre l´opposition et les représentants du pouvoir en place, ce qui a obligé à suspendre la séance.

« En 12 ans de législatrice je n´ai jamais vu que les forces de sécurité ne laissent pas entrer l´opposition au Congrès pour débattre une loi. L´un des trois Pouvoirs de l´État doit mettre fin à cette folie pré-démocratique et retirer cet absurde dispositif », a commenté sur Twitter la députée Juliana di Tullio.

La députée du Front de Gauche, Myriam Bregman, a souligné devant les caméras qu´ « aujourd´hui cela n´a finalement pas été débattu, mais nous n´allons pas permettre que les pensionnés et les retraités payent l´ajustement budgétaire ».

Mario Negri, le chef du groupe au pouvoir Cambiemos, a quant à lui signalé « qu´une chose c´est de réclamer, et une autre est de faire obstruction puis de tenter de rompre la séance », alors que la députée de ce même groupe Elisa Carrio que a souligné que « ce soit cette semaine ou la prochaine nous allons faire gagner cette réforme ».

Selon ce qu´affirment les syndicats et l´opposition, ce projet de loi est une attaque aux portefeuilles des pensionnés, des retraités et des anciens combattants des Malouines.

Augustin Rossi, chef du groupe Front pour la Victoire, a ajouté que les « conditions que le gouvernement a provoquées pour débattre cette loi ne correspondent pas à celle d´un État démocratique. Ils voulaient débuter la séance avec un quorum qu´ils n´ont pas pu obtenir ».

« Cette loi est mauvaise. Si l´exécutif a des problèmes, qu´il les résolvent sans mettre la main dans les poches des retraités », a-t-il fait remarquer.

Après que la séance ait été levée les forces de l´ordre continuaient à réprimer les manifestations à l´aide de balles en caoutchouc et de gaz.

Source:    http://mouvementcommuniste.over-blog.com/2017/12/affrontements-en-argentine-suite-a-des-manifestations-contre-la-reforme-previsionnelle.html

Dictature en Argentine: prison à perpétuité pour les «vols de la mort» de l’Esma

Par RFI Publié le 30-11-2017

En Argentine, le plus important procès des violations des droits de l’homme sous la dictature des années 70 a pris fin ce mercredi. 54 anciens militaires étaient jugés pour des crimes commis contre 789 personnes à l’Esma, l’École de mécanique de la marine, le plus grand centre de détention clandestin de la dictature. 29 prévenus ont été condamnés à perpétuité et 19 à de lourdes peines de prison. Notre correspondant a partagé l’écoute du verdict avec des proches des victimes.

avec notre correspondant à Buenos Aires, Jean-Louis Buchet

Paula Donadío, fille d’une rescapée de l’Esma, a perdu quatre de ses oncles dans ce centre de détention. Après le verdict, elle souligne l’exemplarité du procès. «Ce procès a été très important. D’abord, parce qu’il a montré le caractère systématique des enlèvements et des disparitions. Ensuite, parce que c’est la première fois qu’on a pu juger les vols de la mort. C’était un des mécanismes utilisés par les bourreaux pour se débarrasser des corps des détenus qui deviendraient ensuite des disparus ».

Dora Loria pense à sa cousine, disparue dans un vol de la mort. Elle salue la décision des juges. «Justice, enfin, une vraie justice. Et perpétuité pour les bourreaux ! Ma seule cousine, fille unique de mes oncles, a été détenue à l’Esma, et éliminée dans un vol de la mort. Elle avait dix-huit ans ».

Les audiences du procès des «vols de la mort», prisonniers jetés vivants et drogués d’avion dans les eaux boueuses du Rio de la Plata, se sont ouvertes en novembre 2012, à Buenos Aires. Les accusés, d’anciens gradés de l’armée, des pilotes, devaient rendre des comptes sur le sort des 789 victimes, sur plusieurs milliers de disparus au cours de la dictature argentine.

Justice a donc été rendue. Mais les prévenus, comme dans les autres procès de la dictature, ont respecté le pacte du silence qui semble lier les anciens militaires. Ils n’ont donné aucune information permettant de retrouver les corps des disparus.

►Parmi les prisonniers de l’Esma, les deux religieuses françaises Alice Domon et Léonie Duquet, arrêtées et disparues en 1977, sur dénonciation de l’ex-capitaine Alfredo Astiz. Elles furent détenues à l’Esma. Le corps de Léonie Duquet a été retrouvé dans une fosse commune et formellement identifié en 2005.

Source: RFI – http://www.rfi.fr/emission/20160128-argentine-memoire-dictature-proces-impunite

 

Où est Santiago Maldonado ?

Solidarité avec les Mapuches

Où est Santiago Maldonado ?

Traumatisé par les 30.000 victimes de la dictature (1976 – 1983), l’Argentine veut savoir où se trouve le jeune homme de 28 ans porté disparu le 1er août alors qu’il participait à une manifestation de la communauté Mapuche de Cushamen, en Patagonie.
Il était là parce qu’il s’était lié d’amitié avec les membres de la communauté et parce qu’il partageait leur revendication du droit de vivre là où leurs ancêtres ont vécu et sont morts.

Santiago Maldonado est porté disparu, suite à une brutale répression perpétrée par la gendarmerie en Patagonie argentine à l’encontre de la communauté Mapuche. Depuis, sa famille, ses amis, ainsi que diverses organisations militantes, syndicales et politiques de gauche, des droits de l’homme, réclament sa réapparition, sain et sauf, tout en pointant la responsabilité du gouvernement de droite Macri et de l’Etat argentin.

Les Mapuches occupent une portion de terres ancestrales appartenant officiellement à l’entreprise italienne Benetton et bloquent régulièrement des routes pour en revendiquer la propriété.

Les représentants des forces de répression, ainsi que le gouvernement à travers ses différents porte-paroles et ministres, persistent à dire qu’il n’y a aucune image ou vidéo de l’opération où Santiago a été arrêté par la gendarmerie. Cette tentative de criminalisation est d’autant plus visible et scandaleuse qu’il y a actuellement plus de quarante des membres de la communauté Mapuche qui sont inculpés dans le cadre des mobilisations. Cet acharnement de la part de l’état et du gouvernement doit cesser.

Tous les jeudis à 17h, devant le magasin Benetton à la rue neuve n°9 à Bruxelles, des citoyens informent les passants sur la situation en Argentine.

Publié par ZinTV

http://www.zintv.org/Ou-est-Santiago-Maldonado,4922

 


 

Onze ans après sa disparition, ce lundi, nous marchons pour Julio López et Santiago Maldonado

Ce lundi 18 septembre, la Plateforme Mémoire, Vérité et Justice marchera vers la Plaza de Mayo. Le rendez-vous est à 17 heures au Congrès. Soyons des milliers, pour Julio López et Santiago Maldonado.

Vendredi 15 septembre | Édition du jour

Onze ans se sont écoulés depuis la disparition de Julio López, onze ans de dissimulation de l’état. Il y avait une décision claire de ne pas avancer dans la recherche qui visait les groupes qui opèrent sous couvert et protégés par l’appareil répressif de l’État. Depuis le  Kirchnerisme, ce fait grave a été minimisé et on a perdu un temps précieux à suivre de fausses pistes ou àprétendre, comme l’a dit Anibal Fernandez, qu’il pourrait se trouver  «chez sa tante». Pendant ce temps, l’affaire  est devenue un véritable monument à l’impunité.

L’anniversaire de sa disparition cette année est marqué par la disparition de Santiago Maldonado aux mains de la Gendarmerie, où l’État et le gouvernement Macri dissimulent et sont responsables. Nous demandons son apparition immédiate en vie. Santiago Maldonado a disparu le 1er août. Le mardi 5/09, les membres de la communauté mapuche ont témoigné. Il ne fait aucun doute dans ces déclarations, Santiago se trouvait sur les lieux des faits ce jour-là. L’un d’entre eux a même vu comment des membres de la gendarmerie l’ont emmené dans une camionnette.

Le peuple Mapuche a souffert de la répression et de la persécution depuis des années parce qu’ils veulent les effrayer pour mettre leur terre à la disposition des propriétaires fonciers de la  Patagonie, les Benetton, Lewis et autres amis de Macri.

Le juge qui recueille le témoignage est celui-là même qui a ordonné la répression en janvier et a poursuivi une grande partie de la communauté.

«Comme aujourd’hui avec Santiago Maldonado, dans le cas de Julio, les investigations ont été faites tard et mal.  Non par incompétence, mais par volonté politique, consciemment pour couvrir les responsables, liés aux forces de sécurité. Lorsque López a disparu, on nous a dit qu’ils accorderaient la priorité à la gouvernance de la police de Buenos Aires «. Telle est la déclaration de Myriam Bregman représentante du Centre professionnel des droits de l’homme (CeProDH), l’un des organismes membres de la Plateforme Mémoire, Vérité et Justice et l’un des avocats de Lopez lors du procès du génocidaire Miguel Etchecolatz, procès dont Julio était un témoin clé.

[Vidéo] 2006 – 2017: où est Julio López?

Ce lundi 18, tu ne peux pas manquer. Soyons des milliers à exiger la justice pour Julio López. Apparition en vie immédiate de Santiago. L’État est responsable.

La Izquierda Diario