Des saboteurs détruisent cinq tours électriques dans l’État de Zulia

Caracas, le 23 décembre 2018.

Cinq tours électriques ont été démolies par des groupes de saboteurs associés à des secteurs d’extrême droite dans la municipalité de Mara, dans l’État de Zulia, selon le ministre de la Puissance populaire de l’énergie électrique, Luis Motta Domínguez. «Il ne fait aucun doute que l’extrême droite et l’oligarchie colombienne sont derrière tout cela», a déclaré Motta Domínguez en contact téléphonique avec VTV.

Il a signalé que l’attaque avait eu lieu aux premières heures de ce samedi sur la ligne Pivoine-Cuatricentenaria, affectant le service rendu à la population de Zulia.
Les équipes de Corpoelec, appuyées par des responsables des Forces armées nationales bolivariennes (FANB), se sont rendues sur le site pour commencer les travaux de réparation et les enquêtes pertinentes. L’Electric Corporation a réussi à effectuer un transfert de charge pour aider à rétablir le courant et empêcher le peuple de Zulia de revivre les épreuves causées par un nouveau sabotage comme il y a 10 mois.

Le ministre a dénoncé le fait que cette nouvelle attaque contre le service national de l’électricité dans l’État de Zulia avait été perpétrée exactement un an après les dégâts causés en décembre 2017 lors de la coupure de la ligne sublacustre. «Ils veulent rééditer ce qu’ils ont fait il y a un an, ils veulent troubler la tranquillité et la paix du peuple Zulian. Corpoelec travaille, la FANB est en place avec le major général Zavarce et le gouverneur Omar Prieto. Nous travaillons «, a déclaré Motta.

Il a également averti que ces groupes cherchaient à perturber le Venezuela au moment de l’inauguration du nouveau mandat du président Maduro, en janvier 2019. Mais l’État vénézuélien ne le permettra pas, a-t-il déclaré. Il a demandé aux Zuliens de connaître les personnes ou les groupes impliqués dans cet acte de sabotage pour les dénoncer. Il a expliqué que la confidentialité de la plainte sera respectée et que des bonus seront offerts.
«Le personnel de Corpoelec travaille. Nous allons faire tout ce qui est humainement possible pour terminer l’année en paix et dans la joie», a-t-il déclaré.

Traduction FAL 33

Pamphlets exilés – Chili

CNRS Maisons des Sud… avec Nadine Perez du  Burloco Théâtre pour  clore le Festival Luis Sepulveda du Récit au Théâtre  et pour finir l’année du 45eme anniversaire du Coup d’État Militaire…

Mardi 4 décembre à 13h, vernissage suivi d’un apéro chileno.
Mardi 21 décembre à 15h.  Finissage : Table ronde sur l’exil et les territoires de la Mémoire, suivi a 16h40 d’un cocktail

 Autres dates sur rendez-vous car le lieu de l’Expo est un Centre de Recherches..CNRS.

Vous êtes les bienvenus !

Contact : enzo-chili.france@netcourrier.com

De cette façon, nous allons clore l’année du 45ème anniversaire de la mort de Salvador Allende et des milliers de chiliens lors du Coup d’État militaire !

Marche Admirable des Paysans

Voyage Solidaire au Venezuela – août 2018 

 

 

Ils sont partis des terres basses de l’état de Portuguesa pour rejoindre Caracas à 400 km, pour rencontrer Nicolas Maduro. Il faut qu’il les entende, ils n’en peuvent plus. Ils sont partis à pieds, avec une grande colère, 18 kg de riz, autant de manioc et des haricots. Ils sont partis début août et à leur arrivée à Caracas Nicolas Maduro les a fait installer dans le lycée Fermin Toro, non loin du palais présidentiel.

C’est là que nous les avons rencontrés, juste avant notre retour, devant les caméras de TERRA TV.

Un paysan

« A la télé (1) avec Maduro, on a dit la vérité : Les attaques incessantes de la part des grands propriétaires, qui ne sont même pas réprimées par la police ; la corruption des hauts fonctionnaires ; le manque d’engrais ; l’absence de soutien du gouvernement. On s’est engagés à produire. On est responsable. On sait que le mouvement paysan est le fer de lance d’une 2ème révolution à l’intérieur de la révolution bolivarienne. Si les attaques ne cessent pas, on passera à d’autre s formes de lutte.    (1) Emission spéciale exigée par Maduro sur les chaînes de télévision.

Une paysanne

« Nous, les paysans, on ne nous prenait pas en compte, on ne nous écoutait pas… nos problèmes, notre façon de penser… On doit devenir visibles ; on doit s’unir, se fortifier. Nous devons dénoncer les attaques des grands propriétaires et aussi celles des policiers. On ne doit pas supporter les emprisonnements injustes : en fait, c’est pour nous chasser de nos terres. On demande justice !

  Une jeune femme de la ferme « Los Colorados »

« L’occupation des terres a eu lieu le 28 février. On est 128 personnes (20 familles). Il y a 140 hectares non cultivés depuis 8 ans. Le propriétaire, Domingo Camacho, a profité du fait que nous sommes des femmes (beaucoup célibataires avec enfants) : Il a envoyé des gens dans des camions, ils nous ont attachées, ont brûlé nos cultures ; ils nous ont accusé d’avoir détruit des outils, c’est faux.  On veut que ces terres nous soient attribuées selon la loi par l’INTI (1) et qu’on soient défendues. Seulement, l’INTI fait traîner ; de fait, c’est un refus d’appliquer la résolution de Maduro ; pendant ce temps, nous, les femmes, on reste sans défense. Mais on ne bougera pas. »

(1)Institut National des Terres

  DERNIERE NOUVELLE :

Le 2 novembre 2018, nous apprenons que deux paysans de la Marche Admirable ont été assassinés dans leur village (voir communiqué de la plateforme de lutte des paysans : http://www.albatv.org/Justicia-para-el-campesino-honor-y.html)

FAL 33

JUSTICE POUR LA PAYSANNERIE

Communiqué

Venezuela, 2 novembre 2018

Au peuple du Venezuela.

C’est avec une profonde douleur et une grande indignation que nous voulons dénoncer l’assassinat du camarade Luis Fajardo. Comme membre de la Marche Paysanne Admirable, et militant du PCV, il avait une longue trajectoire de lutte dans le sud de l’état de Lago. Depuis la promulgation de la Loi sur la Terre, il a toujours été en première ligne du combat contre le latifundio, et a creusé les tranchées de la résistance paysanne face aux centaines d’attaques de la police et de la  justice qui n’ont jamais vu d’un bon œil la révolution agraire impulsée par le Commandant Chavez.

Aujourd’hui, au centre d’une guerre féroce de cinquième génération, qui cherche à annihiler la révolution bolivarienne, nous assistons à une offensive sanglante de l’oligarchie des grands propriétaires terriens qui, en moins de 6 mois, a assassiné 8 de nos frères paysans, avec l’emploi de tueurs à gages.  Cette offensive des grands propriétaires qui cherchent la restauration du latifundio n’aurait pas atteint cette terrible dimension si elle n’avait pu compter sur la négligence complice des fonctionnaires de justice et de police qui empêche l’exercice de la Justice et maintient L’IMPUNITE pour plus de 300 assassinats de paysans au cours de la révolution.

C’est pourquoi nous réclamons du haut gouvernement QUE CESSENT L’IMPUNITE ET TANT DE NEGLIGENCE ENVERS LA PAYSANNERIE  car, non seulement on nous déloge, on nous traduit en justice, on nous criminalise, mais en plus, on nous tue. Jusqu’à quand l’engagement et les instructions du président resteront –ils lettres mortes et ne seront appliqués ni par le Tribunal Suprême de Justice ni par les procureurs ?

Les assassinats de Luis Fajardo, Reyes Parra, Guillermo Toledo, Jésus Leon et tant d’autres auraient pu être évités si les procureurs et autres autorités publiques avaient répondu à nos demandes de Mesures de Protection pour les paysans qui couraient de grands risques.

Nous dénonçons publiquement cette pratique négligente des procureurs et nous enjoignons le Procureur Général de donner des explications publiques au peuple vénézuélien ; STOP A L’IMPUNITE ET A LA NEGLIGENCE.

De même, nous sollicitons le Président Nicolas Maduro et l’Assemblée Nationale Constituante pour que, une fois pour toutes, ils agissent avec fermeté et que leur engagement envers la paysannerie devienne réel et concret. Nous demandons qu’ils remanient et restructurent le Tribunal Suprême de Justice, le Ministère Public, les corps de police qui sont impliqués dans l’emploi d’hommes de mains et qu’ils rendent JUSTICE A NOS CENTAINES DE PAYSANS TOMBES.

La révolution bolivarienne doit, aujourd’hui plus que jamais, solder cette dette avec la paysannerie : Rendre justice et garantir les conditions réelles pour impulser de nouveau la production à la campagne.

Nous appelons tout le mouvement populaire à se mobiliser  et à exprimer sa solidarité avec le mouvement paysan face à l’attaque latifundiste.

Nous appelons le mouvement paysan dans son ensemble à mettre en place un Plan de Lutte Unitaire pour garantir justice et dignité à la campagne. Face au Congrès Constituant Paysan, construisons l’unité des « bouseux » pour affronter l’offensive de la restauration latifundiste.

Honneur et gloire à Luis Farjardo ! Sans justice, il n’y aura pas de paix !

Plataforma de lucha Campesina Marcha Campesina Admirable

https://www.youtube.com/watch?v=Hz8PTApixwA

Les États-Unis et l’exode d’Amérique centrale

Ángel Guerra Cabrera

L’exode d’Amérique centrale, principalement aux États-Unis, a été rendu visible par la caravane actuelle qui traverse le Mexique, mais c’est un phénomène de longue date. En 2017, l’Organisation internationale pour les migrations, agence des Nations Unies, a annoncé que 450 000 migrants, principalement des Centraméricains, traversaient chaque année le Mexique pour se rendre dans le pays du nord. Ce phénomène a commencé à prendre racine dans les années quatre-vingt du siècle dernier grâce au soutien massif de Washington aux armées et aux forces répressives d’El Salvador et du Guatemala dans leur guerre sanglante contre les mouvements de libération des pays qui, avec le Honduras, ont été très affectés. La guerre a été à l’origine, notamment au Salvador, d’un afflux important de réfugiés, dont des milliers de jeunes orphelins, qui se sont dirigés vers la puissance du Nord.

Ce n’est ni la première ni la dernière fois que l’impérialisme américain est intervenu dans les pays d’Amérique centrale. Dès le début du 20ème siècle, Washington a envoyé des dizaines de fois les Marines pour imposer leurs volontés à cette région de notre Amérique. L’acte héroïque d’Augusto César Sandino et de sa «petite armée folle» contre l’intervention militaire yankee du premier quart du XXe siècle au Nicaragua est bien connu. Des décennies plus tard, ce pays et le gouvernement du Front de libération sandiniste allaient subir une agression implacable et sanglante de la part du gouvernement de Ronald Reagan. Une armée contre-révolutionnaire organisée et armée illégalement par les États-Unis était approvisionnée par voie aérienne en provenance du Honduras dans le cadre d’une opération de la CIA, l’Iran-Contras, mise en œuvre par des terroristes d’origine cubaine. Les avions arrivaient chargés d’armes des États-Unis et revenaient avec de la drogue dans ce pays. Dans le même temps, cette agence a organisé les escadrons de la mort qui, au prix de graves violations des droits de l’homme, tenaient les révolutionnaires honduriens à distance. En 1989, George Bush père a ordonné l’invasion sournoise du Panama, qui a coûté la vie à 3 000 personnes.

En 2009, c’est depuis la base militaire de Soto Cano, au Honduras, où se trouve la Force Opérationnelle Bravo du Commandement Sud des États-Unis, que celui-ci a lancé le le coup d’État contre le président Manuel Zelaya. Cette action a beaucoup à voir avec les événements qui ont conduit à la migration massive des Centraméricains. Zelaya est entré dans l’ALBA et a établi une relation de coopération fluide avec Venezuela chaviste. Il a réussi à convaincre l’OEA de lever l’exclusion de Cuba lors d’une assemblée générale de l’organisation tenue dans son pays et a tenté d’organiser une assemblée constituante pour transférer au peuple hondurien le contrôle de sa souveraineté nationale et de ses ressources naturelles. Rien de tout cela n’était tolérable pour Washington, qui non seulement avait ordonné le coup d’État mais avait tout fait pour le consolider. Depuis lors, toutes les élections au Honduras ont été frauduleuses, y compris celle qui a conduit au président actuel, Juan Orlando Hernández. Zelaya, allié au Nicaragua de Daniel Ortega, aurait été un obstacle aux plans de pillage et d’expansion territoriale à travers les transnationales minières et les soi-disant zones économiques spéciales.

La genèse du courant migratoire actuel et irrépressible a été l’application en Amérique centrale des politiques néolibérales conçues par le soi-disant consensus de Washington, politiques qui sont devenues de plus en plus sanglantes et insoutenables. Les peuples d’Amérique latine et des Caraïbes sont soumis à une seconde reconquête et recolonisation, par le biais de sociétés transnationales et de la militarisation promue par les États-Unis, qui s’accompagne de la présence de bases militaires dans nos pays. Les gouvernements satellites de l’impérialisme fournissent toutes les facilités aux transnationaux dans leurs plans expansionnistes de dépréciation accélérée des ressources naturelles et de surexploitation de la main-d’œuvre. Tout cela par le biais de la dépossession des terres et de l’eau des communautés autochtones, afro-descendantes et de paysans, qui sont réprimées lorsqu’elles se rebellent, et pas seulement par les forces de sécurité. Souvent, c’est le crime organisé qui s’en charge en échange de récompenses non négligeables. À cela s’ajoute la rupture des chaînes de production qui a entraîné la désindustrialisation et la perte de dizaines de milliers d’emplois.

Cette agression néolibérale contre les formes précédentes d’organisation productive capitaliste qui entraîne le chômage et l’effondrement du tissu social, est la principale cause du déplacement croissant et de l’exode forcé de millions de personnes vers les États-Unis. Mais il est considérablement aggravé par la montée inéluctable des organisations criminelles et par la violence brutale qu’elles exercent contre les peuples et les communautés, dont le plan d’action se superpose à celui des mégaprojets du néolibéralisme 3.0.

Ce n’est pas à Caracas, c’est à Washington que la tragédie migratoire de l’Amérique centrale et du Mexique se prépare depuis longtemps.

Publié par : http://www.rebelion.org/noticia.php?id=248224

Traduction : FAL 33

Caravane de migrants réprimée alors qu’elle tentait de passer au Mexique

Amérique latine et les Caraïbes | 20 octobre 2018

La caravane de migrants honduriens cherchant à atteindre les États-Unis a été arrêtée par les forces de police à la frontière mexicaine. Dans cette situation, les migrants ont tenté de forcer leur entrée en raison des restrictions que leur avait présentées le gouvernement du pays.
Lors de l’affrontement avec les forces mexicaines, la caravane a réussi à briser le mur qui lui avait été imposé et, pendant 15 minutes, des dizaines de migrants ont réussi à pénétrer dans la municipalité de Suchiate au Chiapas. Cependant, la police mexicaine a eu recours à l’utilisation de gaz lacrymogène contre les migrants malgré la présence de femmes et d’enfants.
Le gouvernement mexicain, qui a pris ces mesures sévères contre la caravane à la suite des déclarations du président américain Donald Trump, tente d’exprimer qu’il ne cherche que l’ordre de la migration et tente de mettre fin à la promotion de l’asile avancé au Mexique au lieu de permettre le passage aux États-Unis.

 

 

Momentos de tensión después de que la caravana de hondureños forzara su entrada a México | Noticiero

http://www.albatv.org/Caravana-migrante-es-reprimida-al.html

Le procureur met en examen Mauricio Macri pour accord avec le FMI

Argentine | 6 septembre 2018

 

 

 

 

 

 

Le procureur fédéral Jorge Di Lello a mis en examen le président de l’Argentine, Mauricio Macri, et d’autres membres du gouvernement pour l’accord signé en juin avec le Fonds monétaire international (FMI).

La mise en examen est due à «un abus de pouvoir et à une violation du devoir de fonctionnaire», celui-ci n’ayant pas soumis au débat au Congrès la signature de l’accord avec l’institution financière, a fait savoir Prensa Latina.

Di Lello a agi après la plainte déposée par Unidad Popular, le Mouvement populaire La Dignidad et l’Observatoire du droit à la ville.

L’administration Macri a signé un accord avec le FMI pour consolider un prêt de 50 000 millions de dollars sur trois ans.

Pour cette raison, le ministre argentin des Finances, Nicolas Dujovne, est arrivé mardi à Washington pour rencontrer la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, et déterminer une nouvelle avance de 29 milliards de dollars.

LDD/AlbaTV/2018

traduction FAL33

L’élection d’AMLO : Une formidable opportunité pour le Mexique et l’Amérique latine

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 Le Mexique est, avec le Brésil, l’un des « grands frères » de l’Amérique latine et des Caraïbes. Non seulement en raison de son poids démographique ‑ ses 128 millions d’habitants représentent un cinquième de la population totale de la région ‑ ou pour la taille de son économie, dont le PIB équivaut à environ 20% du total régional.

Le Mexique a marqué l’histoire de l’Amérique latine avec des traces qui ont marqué profondément l’avenir politique et social collectif. La Révolution de 1910 ‑ cet exploit du Mexique profond contre la dépossession paysanne, le pillage des ressources et du territoire, la dictature porfiriste, la modernisation forcée et un système d’exclusion ‑ a donné naissance à des voies héroïques de justice sociale pour ceux qui ont suivi, entre autres, Sandino et Farabundo Martí.

La Constitution de 1917 fut la première à établir des droits sociaux, la séparation de l’État et de l’Église, l’amélioration des conditions de vie des travailleurs avec la création des huit heures de travail, la garantie d’un salaire minimum mensuel et la reconnaissance du statut juridique des syndicats. Il incluait également la répartition des terres, le fédéralisme et la division des pouvoirs en tant que système politique.

Un peu plus tard, dans les années 1930, le général Lázaro Cárdenas sera de nouveau un pionnier avec la nationalisation du pétrole et des chemins de fer, la production communale et la réforme agraire, ainsi que la généreuse acceptation des exilés de la guerre civile espagnole.

Des années plus tard, à l’époque de l’obscurantisme néolibéral, le soulèvement zapatiste donnerait une perception à la revendication indigène, qui s’étendrait alors comme un brasier relançant les mouvements indigènes, lesquels deviendraient décisifs une décennie plus tard dans la politique équatorienne et avec l’arrivée d’Evo Morales à la présidence en Bolivie.

Par conséquent, dans le contexte actuel, l’élection de Andrés Manuel López Obrador, AMLO s’inscrit comme une possibilité que se constitue comme un signe pour démarrer une nouvelle avance des revendications populaires sur le continent.

Régénération du Mexique

Le Mexique connaît un état de dégénérescence sévère. Dégénérescence produite par les diverses violences qui dévastent son peuple. La violence généralisée du narcotrafic, les assassinats de journalistes, les meurtres de femmes et la violence politique récente dressent un tableau qui, de quelque manière rappelle le souvenir d’une certaine tradition sacrificielle aztèque, qui à l’époque facilitait l’invasion coloniale par la collaboration des groupes ethniques soumis.

À cela s’ajoute l’énorme violence économique qui a plongé plus de 53 millions de Mexicains dans la pauvreté, dont près de 10 millions dans l’indigence absolue.

La dégénérescence sociale laquelle correspond à une dégénérescence profonde de l’appareil politique, dans lequel le fédéralisme formel est devenu un véritable féodalisme, au sein duquel règne la corruption, le trafic d’influence, l’évasion fiscale tolérée et, dans le cas contraire, le pouvoir omnipotent des cartels de communication monopolistiques dans la formation de l’opinion publique.

C’est pourquoi, par le biais de son nom, le Mouvement de Régénération Nationale (MORENA) et de son leader López Obrador, ont été capables d’interpréter correctement la nécessité impérieuse, et c’est la raison pour laquelle il est majoritairement en accord avec la population. Le Mexique – sans aucun doute – doit être régénéré.

Ni tout, ni maintenant, ni seulement

L’énorme colère accumulée, le besoin pressant de profondes transformations sociales seront un facteur de pression populaire irremplaçable pour prendre une nouvelle direction. Cependant, l’impatience et les justes exigences qui en découlent pourraient paradoxalement se créer, avec les résistances qui seront placées par le pouvoir concentré établi, dans les principaux obstacles pour le gouvernement moreniste [NDE. Mouvement de Régénération Nationale (MORENA)].

L’obligation de López Obrador sera de démontrer que ce n’est pas une continuité du mensonge politique. Cela devra se manifester en inversant le plus rapidement possible l’orientation et les effets du Pacte pour le Mexique, scellé en 2012. Transformer la réforme de l’éducation mercantiliste, recouvrer la souveraineté énergétique, lutter contre la financiarisation de l’économie, démocratiser les télécommunications, voilà les défis majeurs. Mais surtout, engager un programme de réformes économiques qui libérera le Mexique de la soumission impitoyable aux Etats-Unis, pays auquel il envoie 73% de ses exportations totales.

De la même façon, le début d’un désarmement progressif de l’appareil pénal et de la répression étatique qui sont leurs complices, l’émergence d’une culture des droits humains et le rétablissement de la vertu dans la sphère publique seront parmi ses défis les plus difficiles.

Encore plus lent, mais tout aussi impératif, sera le processus de reconnaissance effective des droits de la multiculturalité du Mexique et la revendication culturelle de ses racines, un processus de réconciliation et de valorisation personnelle qui est également en suspens dans de vastes régions de l’Amérique métisse, noire et amérindienne.

Rien de tout cela ne sera réalisable d’un jour à l’autre. Cela ne pourra non plus être fait (ou défait) intégralement en seulement un sextennat. Peut-être que le plus important serait que le peuple mexicain assume, au-delà du volontarisme et du personnalisme, que le soutien citoyen organisé serait essentiel pour se conformer à ce programme.

Les espoirs d’intégration en Amérique latine et dans les Caraïbes sont avec López Obrador

Dans un monde où les tendances rétrogrades et les néofascismes ont momentanément pris la tête ‑ en partie en réponse à une mondialisation économique et culturelle étouffante ‑ la victoire du lopézobradorisme représente une sorte de « nationalisme bénin », une tentative de reprendre l’idée d’un état souverain, d’insérer ses relations dans un sens multilatéral et de repositionner le Mexique dans le domaine de l’intégration régionale.

Les forces progressistes célèbrent la victoire de López Obrador parce que cela implique l’affaiblissement de l’un des principaux gouvernements satellites de l’interventionnisme étranger en Amérique latine et dans les Caraïbes, propulsé principalement par les États-Unis d’Amérique mais aussi par certains gouvernements européens.

La défense de la paix dans la région sera particulièrement importante. Le nouveau gouvernement mexicain, en opposition à la position prise au cours du mandat de six ans qui s’achève, pourrait devenir une sorte de médiateur régional, amortissant la salve des actions et des sanctions du Nord, par exemple envers le Venezuela, Cuba ou le Nicaragua.

Une position mexicaine avec de telles caractéristiques serait non seulement solidaire des nations sœurs du Sud, mais aussi conforme à sa tradition diplomatique, d’où sont issus des traités remarquables comme celui de Tlatelolco – en vigueur jusqu’à aujourd’hui – à travers lequel l’Amérique latine et les Caraïbes sont devenues la première zone exempte d’armes nucléaires dans le monde.

De cette position de dialogue et de conciliation ont également surgi les médiations efficaces du Groupe de Contadora, où le Mexique, avec le Panama, la Colombie et le Venezuela ont joué un rôle central dans la réalisation des accords de paix qui ont mis fin à la guerre en Amérique centrale.

Ce groupe est ensuite devenu le Groupe de Rio, qui était l’antécédent immédiat de la création en 2011 de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC). En reprenant ce chemin, López Obrador pourrait énormément contribuer à revigorer le CELAC aujourd’hui paralysé, en tant que contrepoids à l’instrument d’hégémonie incarné par l’OEA, que contrôlent les États-Unis.

Pour toutes ces raisons, l’élection de Andrés Manuel López Obrador à la présidence est une opportunité « formidable » » pour le Mexique et les peuples frères d’Amérique latine et des Caraïbes.

Traduction de l’espagnol par Ginette Baudelet

https://www.pressenza.com/fr/2018/07/lelection-damlo-une-formidable-oppo…

Publié par : https://www.alainet.org/es/node/193887

 

 

Mexique : Tous contre López Obrador

México | 11 juin 2018

Alors que nous sommes à peine à trois semaines des élections présidentielles au Mexique, la panique que suscite le fait que le candidat Andrés Manuel López Obrador (AMLO) devance ses adversaires de 30 points génère des tactiques de plus en plus sales de la part des secteurs considérés comme menace la possible présidence du candidat de centre-gauche. Au cours du week-end dernier, les électeurs mexicains ont reçu des appels téléphoniques d’un prétendu sondage qui a abouti à des attaques et des diffamations contre López Obrador.
D’un autre côté, les grands groupes d’entreprises mexicains invitent leurs travailleurs à ne pas voter pour l’option López Obrador. Le chercheur et documentaliste, López Bengoa, souligne que «dans un pays démocratique, nous assisterions à la victoire d’AMLO, mais au Mexique cela ne se passe pas ainsi».

On craint une intervention de dernière minute des États-Unis à travers la création d’un scandale médiatique contre le candidat à la tête des sondages et une éventuelle union entre les candidats qui occupent la deuxième et la troisième place dans les sondages, pour signaler ensuite que les chiffres La faveur d’AMLO a été gonflée et justifie ainsi un triomphe par une marge étroite du candidat du système.

.http://www.albatv.org/Mexico-Todos-contra-Lopez-Obrador.html

Traduction : FAL 33