La plus grave violation des droits de l’homme en Amérique

Par Pedro Martínez Pírez

Impacts de l’embargo cubain

La date du 10 décembre choisie par l’administration Donald Trump pour  l’entré en vigueur de la suspension des vols des États-Unis est très significative, 9 destinations sont concernées : Varadero, Cayo Coco, Cayo Largo, Matanzas, Camagüey, Santiago de Cuba, Santa Clara, Manzanillo et Holguín.
La nouvelle interdiction concerne les compagnies aériennes américaines American Airlines, Delta et JetBlue, ainsi que des dizaines de milliers de voyageurs, dont de nombreux Cubains qui viennent à Cuba pour rendre visite à leurs proches.

L’administration Trump avait déjà interdit les voyages de bateaux de croisière, d’avions ou de yachts privés et réduit le montant des envois de fonds que les Cubains résidant aux États-Unis pouvaient envoyer à leur famille à Cuba.
La persécution des navires transportant du pétrole vers ce pays des Caraïbes a également été récemment ajoutée à la guerre économique de Washington contre Cuba.

Auparavant, l’administration Trump, dans son effort pour effacer toutes les avancées des relations nouées sous l’administration Obama, avait retiré le personnel consulaire de La Havane et contraint les Cubains qui souhaitent se rendre aux États-Unis à traiter leurs visas dans d’autres pays d’Amérique latine.

Les calculs de Washington avec cette politique brutale à l’égard de Cuba, recommandée par la mafia terroriste de Miami, sont ceux qui visent à obtenir des suffrages dans l’État de Floride pour être réélus, mais l’inverse peut se produire en raison de l’indignation croissante de nombreux Cubains résidant aux États-Unis, ainsi que du malaise et de l’impact économique sur les étasuniens qui veulent faire des affaires et se rendre à Cuba, seule destination interdite par leur gouvernement.

Le 10 décembre, Journée des droits de l’homme, proclamée par l’ONU, lorsque les mesures les plus récentes et les plus draconiennes des États-Unis contre Cuba entreront en vigueur, l’analyse de l’écrivain colombien Gabriel García Márquez, prix Nobel de littérature, sera confirmée : le blocus des Yankees contre la petite Cuba est la violation la plus grave des droits de l’homme commise au cours du siècle dernier en Amérique.

* Pedro Martínez Pírez, journaliste cubain, diplomate, législateur, internationaliste, professeur à l’Université de La Havane, directeur de l’information et directeur général adjoint de Radio Habana Cuba.

http://martianos.ning.com/profiles/blogs/la-m-s-grave-violaci-n-de-los-derechos-humanos-en-am-rica-por

SOIREE CUBAINE 27 octobre 2019

Présentation du projet écotourisme proposé par France Amérique Latine Gironde (FAL33) à Playa Larga, à Cuba en présence d’une délégation de cubains et cubaines, bénéficiaires de ce projet.

1 8H – 22h à la Maison Basque de Bordeaux, 7 Rue du Palais de l’Ombrière

Présentation en images du projet écotouristique
Échanges
Présentation de l’expo-vente de l’artiste cubaine Susana Guevara Apéro dînatoire et musique cubaine

PARTICIPATION AUX FRAIS : LIBRE Réservation conseillée avant le : 23.10.19
OUVERT AU PUBLIC
Tél : 09.50.32.24.28
solidarite@fal33.org

Les 3 600 mensonges contre le gouvernement du Venezuela

Tous ont fait la une des journaux et des nouvelles entre janvier et fin avril de cette année.


Le mensonge, la supercherie, le piège et la simulation ont toujours été une ressource de guerre dans l’histoire de la lutte politique et sociale, celle des classes et celle des États. Ce qui est étonnant, c’est le degré de systématisation atteint au cours des dernières années ou décennies, en particulier depuis la Seconde Guerre mondiale.


 Social Media Manager, une société dédiée au Inbound Marketing, a mené une enquête dans des dizaines de médias à travers le monde sur des titres faisant référence au «Venezuela», «Chavismo» ou «Nicolas Maduro». L’étude a été réalisée entre avril et mai. Le résultat a surpris les chercheurs. Ils sont arrivés à un total de 3 600 fausses nouvelles vérifiées, contrastant dans chaque cas avec les événements survenus. Cette quantité acquiert de la pertinence lorsque nous la localisons dans le temps. Tous ont fait la une des journaux et des nouvelles entre janvier et fin avril 2019. Par rapport à trois cas similaires, par exemple l’Iran, Cuba ou le Nicaragua, le nombre total de mensonges journalistiques sur le Venezuela les dépasse considérablement.


Rappelons que le coup d’État de 2002 contre Hugo Chavez était basé sur une fausse nouvelle : le président avait démissionné de la présidence. Malheureusement, la source était l’un des généraux les plus dignes de confiance de Chavez, fatigué d’une tension nerveuse insupportable à 3 heures du matin qu’il ne savait pas contrôler.


Le président n’avait pas démissionné, mais le dire à la télévision et à la radio avait deux objectifs : paralyser et repousser le mouvement Chavez et légitimer les généraux et les civils putschistes dans «l’opinion publique». Dans la biographie Qui a inventé Chavez?  Nous avons documenté ce fait curieux qui a été illustré de manière cinématographique dans le film Puente Llaguno. Rayon X d’un massacre.


Ce type de stratagème a été utilisé par les généraux de l’Empire romain il y a plus de trois mille ans contre les peuples et armées ibériques, gaulois et germaniques, selon Perry Anderson. Les presses d’imprimerie que Napoléon Bonaparte avait chargées d’artillerie lorsqu’elle envahit l’Europe et attaquèrent Haïti étaient aussi utiles pour dissuader de croire aux villes ennemies que les canons pour détruire des corps et des bâtiments.


La guerre du Vietnam (1945-1975) a enregistré le degré le plus élevé de systématisation du mensonge en tant que ressource de guerre, comme le montre le documentaire The War Vietnam, des réalisateurs américains Ken Burns et Lynn Novick, diffusé par Netflix. L’ancien président Richard Nixon et son chancelier Henry Kissinger sont restés deux symboles de la tromperie, de la cruauté et de la guerre dans l’histoire tragique du XXe siècle.


En 2014, lors des «guarimbas» (foyers de violence urbaine) au Venezuela, plus de 40 fausses images photographiques des événements ont été reconnues. Chaque image avait pour but de montrer le gouvernement de Maduro comme tyrannique et meurtrier. Ils ont fait la même chose avec la Libye, l’Irak (rappelez-vous les «armes de destruction massive») et en Syrie (l’État islamique).

Source www.perfil.com
Modesto Emilio Guerrero

Ex Deputé. Journaliste vénézuélien domicilié en Argentine. Auteur du livre Qui a inventé Chávez?

Campagne mondiale : #Trump, Débloque le Venezuela !

Appropriation illégale des ressources monétaires du Venezuela par le gouvernement des États Unis

• Les agences de notation financière sont des institutions qui travaillent au service de la politique extérieure des États-Unis d’Amérique. Le Venezuela a perdu plus de 1,4 milliard de dollars en raison de la manipulation des informations publiées par ces sociétés.

 • Le blocus que les États-Unis ont imposé au Venezuela depuis 2014 avec la première loi de «sanctions» signée par Obama et ratifiée par Donald Trump, représente pour le pays plus de 300 millions de dollars de pertes dans le secteur alimentaire seulement.

• Les banques et institutions internationales pillent l’argent vénézuélien déposé à l’étranger. Plus de 5 milliards de dollars ont été volés au Venezuela par ces organisations criminelles.

• Les institutions financières internationales ont exclu le Venezuela de leurs systèmes par crainte des «sanctions» américaines. Ils ont unilatéralement annulé des contrats de correspondance bancaire avec notre pays, aggravant ainsi les souffrances du peuple vénézuélien.

• Quotidiennement, les banques aux États-Unis et en Europe limitent et interrompent les processus financiers liés au Venezuela. Ils refusent la possibilité que nous fassions des transactions librement. Ils essaient de nous isoler afin d’asphyxier tout le peuple.

• En imposant les soi-disant sanctions contre la Banque Centrale du Venezuela, les États-Unis cherchent à empêcher le gouvernement national d’importer des denrées alimentaires de base et des médicaments essentiels pour le traitement des patients qui sont dans un état délicat. Des criminels.

• Les «sanctions» signées par l’Administration Trump le 24 août 2017 interdisent au système financier mondial de participer à tout achat, vente, négociation ou renégociation de la dette souveraine du Venezuela.

• ​La Banque d’Angleterre garde sous séquestre les économies du peuple vénézuélien en or d’une valeur de 1,359 milliard de dollars. Ils refusent de restituer l’argent à la demande des États-Unis et de ses institutions. Ce qu’ils font, c’est un pillage de pirates.

• La banque étasunienne Citibank s’est unilatéralement approprié au moins 196 millions d’euros appartenant à l’État vénézuélien, sans raison logique. C’est un vol flagrant du patrimoine vénézuélien.

• Les banques européennes bloquent les comptes et pillent les ressources du Venezuela comme à l’époque de la piraterie. À elle seule, la Banque de Londres retient 453 millions d’euros en otage, qui étaient destinés à l’achat de nourriture et de médicaments.

• Le Venezuela est victime d’un vol qualifié flagrant dirigé depuis les États-Unis et l’Europe. Ils pillent les ressources de la nation pour les briser de l’intérieur. La North Capital Bank à elle seule nous a volé 238 millions d’euros.

• Les banques portugaises ont également participé au pillage des richesses vénézuéliennes. Ils suivent la politique américaine. Rien que le Novo Banco séquestre 1’543 millions d’Euros.

Les mesures coercitives du gouvernement Trump ont empêché PDVSA de transferrer la somme de 4.851.252€ nécessaire aux soins médicaux de 26 patients (parmi eux des enfants) en Italie pour la greffe de moelle osseuse, trois fois le système financier a refusé la transaction.

• Toute opération liée à la dette de la compagnie pétrolière nationale PDVSA est affectée par les mesures coercitives et unilatérales signées contre l’économie vénézuélienne par les États-Unis.

• Depuis août 2017, Donald Trump a signé trois décrets punitifs contre l’économie vénézuélienne :

– Contre la cryptomonnaie Petro.
– Contre les comptes débiteurs.
– Et contre l’or vénézuélien.

• Avec la signature des décrets de sanction, le gouvernement étasunien a légalisé sa politique d’intervention directe dans la souveraineté et les affaires intérieures du Venezuela.

• Les «sanctions» ont permis au gouvernement des USA d’approfondir et de légitimer la persécution contre l’économie vénézuélienne, imposant -de fait- un blocus économique et financier contre notre pays.

• La politique des «sanctions», l’attaque contre les finances et le commerce des nations souveraines, vise à établir un siège économique en vue de provoquer un effondrement dans le «pays cible».

• Les gouvernements qui n’obéissent pas à Washington sont attaqués financièrement pour permettre aux secteurs alignés sur les intérêts des États-Unis de s’emparer du pouvoir politique.

• Le récit portant sur l’existence d’une «crise humanitaire» au Venezuela fait partie du scénario écrit depuis le nord, pour justifier une intervention directe ou indirecte du pays.

• Les mesures coercitives et unilatérales, appelées «sanctions», constituent dans la pratique un blocus à l’économie, aux finances et au commerce international du Venezuela.

•  Le blocus économique et financier entrave l’accès du Venezuela à la nourriture, aux médicaments, aux produits de base et au financement, ce qui a eu de graves répercussions sur les résultats économiques du pays depuis 2015, affectant durement le peuple vénézuélien.

• Le Venezuela ne peut négocier sa dette souveraine ni celle de PDVSA en raison du blocus imposé par les Etats-Unis depuis août 2017.

• Ces dernières années, des multinationales pharmaceutiques ont refusé d’expédier des médicaments achetés par le Venezuela sur ordre du gouvernement des États-Unis d’Amérique.

• Le refus de crédit et le blocus financier du Venezuela ont généré des pertes financières gigantesques pour la République.

• La » Loi publique de défense des droits humains et de la société civile au Venezuela » (Ley Pública de Defensa de los Derechos Humanos y la Sociedad Civil en Venezuela) est l’instrument juridique qui détermine la ligne d’action du gouvernement US concernant le blocus contre le Venezuela.

• Depuis 2015, un total de 2,5 milliards de dollars en dividendes a été distribué par Citgo Petroleum au Venezuela, un chiffre qui est actuellement compromis par le blocus financier.

Au cours des trois dernières années, le Gouvernement des États Unis a appliqué des sanctions punitives au Venezuela, parmi les plus importantes se trouve l’embargo de ses exportations de pétrole, soit 95% des revenus de la nation, la confiscation illégale de ses réserves d’or à la Banque d’Angleterre et l’interdiction de l’utilisation de comptes bancaires pour l’achat de médicaments.

• Le durcissement des sanctions américaines empêche la renégociation ou la restructuration de la dette souveraine du Venezuela et de la dette de PDVSA. Cette mesure vise à entraver le processus de renégociation avec les créanciers internationaux.

• En mars 2018, l’administration Trump a interdit la restructuration de la dette vénézuélienne par de nouvelles sanctions et empêché le rapatriement des dividendes de Citgo Petroleum, société publique du Venezuela.

• Lors du Sommet des Amériques de 2018, les États-Unis et la Colombie ont convenu d’accélérer les mécanismes visant à entraver les transactions financières du Venezuela et à entraver l’approvisionnement en produits de base du pays.

• La banque suisse Hyposwiss Private Bank a clôturé les comptes du fournisseur alimentaire Kabuco, bloquant le paiement de 15,9 millions d’euros destinés à payer un navire avec plus de 90 mille tonnes de gâteaux au soja destiné au Venezuela.

• En octobre 2018, la banque suisse Hyposwiss Private Bank a suspendu le paiement de 15,9 millions d’euros pour un navire qui transportait plus de 90’000 tonnes de gâteaux au soja destinés au Venezuela.

Venezuela : Ce n’est un coup d’État que si le gouvernement états-unien le dit, par Alan MacLeod (FAIR)

La rage médiatique qui a légitimé la répression contre les Gilets jaunes en France aide, par analogie, à mesurer l’étendue du mensonge sur le Venezuela. L’occultation de la base populaire du chavisme et la transformation en “société civile luttant pour la démocratie” d’une minorité nostalgique de l’apartheid, victorieuse à Brasilia et impatiente à Caracas, ont déjà fait l’objet de quelques centaines d’analyses sur ce blog (voir “médiamensonges/propagande/désinformation”). Les médias français étant, avec un retard de quelques heures ou minutes, l’ombre portée des médias privés du Venezuela et des États-Unis, on gagne du temps à étudier l’original.

Venezuelainfos

Les médias se rangent du côté de Trump plutôt que du bon sens en qualifiant le coup d’État de  » protestation « . Par Alan Mc Leod, de FAIR

Un militant de l’extrême droite putschiste (photo: Fernando Llano, AP).

L’Histoire semble se répéter au Venezuela, où l’opposition locale de droite a lancé une nouvelle tentative de chasser le Président Nicolas Maduro du pouvoir. Entouré d’une poignée de partisans inconditionnels, Juan Guaidó, président “autoproclamé”… par Washington, a appelé les militaires à se soulever pour renverser le président démocratiquement élu Nicolas Maduro, ce 30 avril 2019. Guaidó, un homme qui ne s’est jamais présenté aux élections présidentielles, avait tenté la même chose en janvier. La droite vénézuélienne a déjà tenté de renverser Maduro et son prédecesseur Hugo Chávez en de nombreuses occasions, notamment en 2017, 2014, 2013, 2002 et 2001.

Bien qu’elle porte les marques évidentes d’un coup d’État – défini comme « le renversement violent ou la modification d’un gouvernement existant par un petit groupe » – les médias états-uniens ont massivement soutenu cette tentative, comme ils l’ont fait dans le passé – (FAIR.org1/25/195/16/184/18/02). CNN (4/30/19) a dit aux Etats-Unis qu’il faut “soutenir le peuple” du Venezuela, avant de déclarer explicitement : “soutenir le peuple vénézuélien signifie espérer que Maduro va partir” – répétant ce phénomène étudié par FAIR (1/31/19) qui veut que pour les médias privés, “le peuple du Venezuela” est la minorité (raciste, blanche) qui est d’accord avec le gouvernement états-unien. CNN (4/30/19) a également utilisé les images des paramilitaires de Guaidó (identifiables par leurs brassards bleus) pour illustrer un rapport expliquant que les forces du “dictateur socialiste” Maduro “fauchaient des citoyens dans les rues.”

Pas un Coup d’Etat mais un…

Traduction: « En photos : Un défi de l’opposition soutenu par l’armée est en cours au Venezuela »… Le prix de l’euphémisme le plus lourd revient au …the Washington Post (4/30/19)!

Le cadre perceptif est un puissant outil de propagande. Ne dites pas “bombardement massif” mais “attaque chirurgicale”. Ne dites pas “tortures” mais “techniques avancées d’interrogatoire”. Ne dites pas “droite putschiste” mais “opposition”, ou “société civile”. Dans leurs efforts pour éviter l’usage du terme négatif, bien qu’approprié, de “coup d’Etat” pour décrire les événements qu’ils soutiennent, les médias doivent parfois emprunter des détours bizarres et des voies tordues. Le Washington Post (4/30/19) a employé l’expression confuse de “défi mené par l’opposition et soutenu par les militaires”.  Le Post (4/30/19) a aussi publié un article en appui à Guaidó sous le titre “Une tentative de coup d’Etat est-elle en cours au Venezuela ?” Commençons par définir “coup d’Etat” pour voir s’il en existe de “nobles” et “démocratiques”…

D’autres médias ont également refusé d’utiliser le mot le plus logique pour décrire les événements. CBS (4/30/19), Reuters (5/1/19) et CNN (5/1/19) ont choisi le mot “soulèvement” NPR (4/30/19), le New York Times (4/30/19) “protestation”. Yahoo! News a préféré “pari à haut risque” (5/1/19). De son côté le Miami Herald (4/30/19) a insisté sur le fait que la “rébellion militaire” au Venezuela “peut être appelée de multiples manières. Mais ne l’appelez pas une tentative de coup d’Etat.

Même des médias internationaux comme la BBC (5/1/19), le Guardian (5/1/19) ou Al-Jazeera (5/1/19) n’ont utilisé le terme “coup d’Etat” qu’entre guillemets, en le définissant comme une accusation provenant des autorités gouvernementales que ces médias ont satanisés depuis des années (Extra!11–12/05FAIR.org5/28/184/11/19). Et ceci en dépit du fait qu’Al-Jazeera (4/30/19) a rapporté, le jour même du coup d’Etat, qu’Erik Prince, Le PDG de l’entreprise militaire privée Blackwater, a tenté de convaincre Donald Trump de le laisser envoyer 5000 mercenaires au Venezuela pour “chasser” Maduro.

Sténographes du pouvoir

Les raisons de la résistance des médias à user du terme “coup d’Etat” sont à rechercher dans les annonces officielles du gouvernement. Avec autant de crédibilité qu’un homme armé et masqué criant à plusieurs reprises “ceci n’est techniquement pas un hold-up”, le conseiller national à la sécurité John Bolton a déclaré aux journalistes le 30 avril : “clairement il ne s’agit pas d’un coup d’Etat” mais d’un effort du ”peuple vénézuélien” pour récupérer “sa liberté”, que les Etats-Unis “soutiennent pleinement.” De la même manière, le Secrétaire d’Etat et ex-directeur de la CIA Mike Pompeo a annoncé que ce que nous voyons au Venezuela “est la volonté du peuple de changer pacifiquement le destin de leur pays et de passer du désespoir à la liberté et à la démocratie.”

Peu après les commentaires de Bolton, Bloomberg a publié une série d’articles (4/30/19; 4/30/19; 4/30/19), tous d’auteurs différents, pour nous expliquer pourquoi ces événements ne constituaient pas une tentative de coup d’Etat. Et ceci malgré le fait que le reporter de Bloomberg Andrew Rosati a révélé que le leader du coup d’Etat Leopoldo Lopez lui a dit ainsi qu’aux autres médias internationaux, qu’il voulait que les Etats-Unis gouvernent officiellement le Venezuela lorsque Maduro tomberait.

“Nous avons menti, nous avons volé” a declaré Pompeo mais croyez-le : si Maduro est resté au pouvoir c’est parce que Poutine le lui a ordonné (CNN, 5/1/19)!

Pompeo a fait des vagues en avril après avoir admis pubiquement lors d’un événement à l’université de Texas A&M University qu’il était un menteur en série, un tricheur et un voleur. En tant que directeur de la CIA, a-t-il déclaré, “Nous avons menti, nous avons triché, nous avons volé. Nous avions des cours complets pour ça !” Cela n’a pas empêché les médias de crédibiliser ses déclarations étonnantes faites lors d’une interview par Wolf Blitzer de CNN (5/1/19) selon lesquelles Maduro, qui a survécu à plusieurs tentatives de coups d’Etat et d’assassinats, se trouvait sur le tarmac de l’aéroport pour s’envoler vers Cuba, “prêt à quitter le Venezuela pour de bon”, et n’était resté sur place que sur injonction de la Russie.

Cette affirmation douteuse, non vérifiée et contestée officiellement a fait les titres du monde entier (Daily Beast4/30/19Newsweek4/30/19Times of London, 5/1/19Deutsche Welle4/30/19), sans que sa crédibilité soit vraiment remise en cause.

Ce n’est pas la première fois que les médias suivent la ligne gouvernementale sur un coup d’Etat au Venezuela. Comme je l’ai expliqué en détail dans mon livreMauvaises nouvelles du Venezuela : vingt ans de mensonges et de désinformation, les médias états-uniens ont appuyé le coup d’Etat d’avril 2002 contre le président Chavez, utilisant des euphémismes tels que “soulèvement populaire” (Miami Herald, 4/18/02), “troubles” (New York Times5/23/02) ou “chute temporaire de Chavez” (New York Times4/29/02) pour traiter plus positivement des événements. Ce n’est qu’après qu’un porte-parole de la Maison Blanche usa du terme “coup d’Etat” le 15 avril 2002 que le mot fut fréquemment utilisé dans les médias, ce qui suggère une synergie étroite entre les fonctionnaires gouvernementaux et ceux dont le travail supposé est de leur demander des explications.

Après 12 heures à peine, la plus récente tentative de coup d’Etat semble avoir échoué sous le poids de sa propre impopularité. Selon le New York Times (4/30/19), Guaidó a échoué à réunir un appui suffisant des militaires, son co-mentor Leopoldo Lopez a cherché refuge dans l’ambassade du Chili puis d’Espagne et 25 de ses paramilitaires ont fait de même dans celle du Brésil. Guaidó n’a pas gagné l’appui de la majorité des vénézuéliens qui ont auparavant chassé son cortège de voitures du quartier populaire où il avait essayé d’entrer. Les vénézuéliens ordinaires ont continué à vaquer à leurs occupations ou se sont mobilisés en défense du gouvernement. Comme USA Today (5/1/19) l’a résumé:

Guaidó a appelé en ce moment les vénézuéliens de réclamer leur démocratie une fois pour toutes. Mais à mesure que les heures se sont écoulées, il est resté seul sur un tronçon d’autoroute avec le même petit groupe de soldats avec lequel il avait lancé l’effort téméraire d’allumer une révolte militaire.

Il semble en réalité que l’appui principal du coup d’État furent le gouvernement américain … et les médias. L’extraordinaire complicité de la presse, qui préfère s’aligner sur la version du département d’État plutôt que d’examiner les preuves empiriques, met en évidence le fait qu’en matière de politique étrangère, il n’y a souvent plus de différence entre l’État profond et le “quatrième pouvoir”.

Alan-MacLeod

L’auteur: @AlanRMacLeod est membre du Groupe sur les Médias de la Glasgow University. Son dernier ouvrage “Bad News From Venezuela: 20 Years of Fake News and Misreporting” (Venezuela : 20 ans de mensonges ou d’inexactitudes) a été publié par Routledge en avril 2018.

Source : https://fair.org/home/venezuela-its-only-a-coup-if-the-us-government-says-so/

Traduction de l’anglais: Thierry Deronne

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Venezuela, la leçon de Sun Tzu

Venezuela | 16 avril 2019, par Geraldina Colotti

Le traité sur l’art de la guerre, rédigé il y a plus de 2 300 ans par le général chinois Sun Tzu, offre encore des pistes pour comprendre les conflits modernes, y compris les conflits asymétriques et non conventionnels : «De la même façon que l’eau s’adapte au sol, dans une guerre, la victoire est obtenue en s’adaptant à l’ennemi «, déclare le général. Une indication prise en compte par le gouvernement bolivarien pour briser le siège auquel il est soumis, tant à l’intérieur qu’à l’international.

La stratégie de siège – par suffocation économique, financière, commerciale, diplomatique et médiatique – est en fait fondamentale, même dans les guerres de quatrième génération, qui soulignent néanmoins une constante : la réticence de l’impérialisme à employer ses troupes dans une confrontation terrestre, où certains conflits pourraient être résolus à son avantage sur la base de la supériorité numérique et technologique, mais où les pertes seraient difficiles à assimiler dans des pays habitués à l’opulence.

Sans aucun doute, les États-Unis n’oublient pas la leçon reçue au Vietnam au XXe siècle. Mais il y a aussi un autre facteur : dans la perception du monde occidental, s’il est compatible qu’il y ait une augmentation du nombre de morts au travail (ouvriers d’usine ou d’échafaudage), il est inacceptable que le soldat professionnel ou l’agent de police considère la mort comme un risque inhérent à leur rôle.

Comment peuvent-ils mourir puisque les guerres d’agression sont «humanitaires» et «chirurgicales», les assassinats «sélectifs» et «ciblés» et que le sang est gardé hors de la vue du citoyen «civilisé» moyen? Comment peuvent-ils mourir puisque les missions militaires sont présentées comme des actes d’assistance humanitaire aux populations dans le besoin? Vu de loin, l’objectif, correctement diabolisé et désincarné, acquiert une connotation virtuelle : tuer le «tyran» et saboter le système électrique des pays considérés comme des «hors-la-loi», battre les enfants palestiniens qui jettent des pierres, devient un jeu vidéo comme ceux qui sont commercialisés contre le Venezuela.

À mesure que les sociétés occidentales deviennent «complexes», pleines de doutes et de clairs-obscurs, en particulier à gauche, les messages dominants se simplifient. Ainsi, les gouvernements qui ne plaisent pas l’Occident impérialiste sont appelés des «régimes», ceux qui se conforment à leurs règles, leurs alliés, sont des gouvernements «démocratiques», même s’ils séparent les femmes ou jettent des enfants en prison.

Contre le Venezuela, qui a osé s’opposer à «la voix du maître», éclate à présent une guerre aux contours fluides et hallucinés, derrière laquelle passent cependant de véritables affrontements d’intérêts, représentés par des groupes et des gens de chair et d’os. Prenons le grand mensonge sur la «crise humanitaire» et «l’aide humanitaire», que nous avons vus le 23 février : une tentative pour masquer l’invasion armée, qu’ils ont essayé de mettre en œuvre par voie maritime et terrestre.

Le siège par la mer et le rôle central joué par l’Europe à travers les Pays-Bas, un pays aux intérêts impérialistes issus de trois îles considérées comme leurs territoires «autonomes», très proches du Venezuela : Aruba, Bonaire et Curaçao, ont été peu évoqués.

Un envoyé de la BBC a parlé d’un voyage effectué à bord d’un navire «d’aide humanitaire» organisé par Voluntad Popular, de Porto Rico et battant pavillon australien. L ‘»aide» de Miami est toujours stockée à Curaçao. Les photos diffusées révèlent leur véritable objectif sur les documents figurant sur les caisses : USAID.

Vue d’Italie, pays dans lequel l’attaque contre le Venezuela a rassemblé presque tous les partis politiques, l’opération montre les véritables intérêts du profil des personnes qui la dirigent et des organisations qui la mènent. L’un des centres les plus actifs se trouve dans les Abruzzes, une région où résident les grands constructeurs italiens qui ont fait fortune au Venezuela et qui s’opposent au processus bolivarien. Dans cette région, les journalistes présumés qui reviennent d’Amérique du Sud décrivent un Venezuela négligé, en proie aux «escadrons de la mort» identifiés dans les groupes et présentent le pays comme s’il se trouvait au niveau de la Somalie. En Italie, les honteux fugitifs de la justice vénézuélienne trouvent un soutien politique et un soutien des médias. Le jeune nazi Lorent Saleh est également passé par là, en tant que défenseur de la «liberté d’opinion», rôle qui lui a valu le prix Sakharov.

Pour soutenir cette mise en scène dangereuse, il existe de nombreuses figures d’extrême droite qui n’ont certainement pas de voie «humanitaire». Le 13 février, lors du voyage en Italie de la délégation «autoproclamée», une réunion a eu lieu à Rome qui a rassemblé un parterre indiscutable de couleur politique : l’ancien maire de la grande région de Caracas, Antonio Ledezma, désormais fugitif de la justice, le député de l’AN en outrage José Sucre Gifuni, la française Marie Le Pen, le représentant européen du Venezuela pour l’aide humanitaire, Rodrigo Diamanti, et le secrétaire général du syndicat Ugl (de droite) Paolo Capone, qui est allé à Cúcuta à la fin du mois de février, distribuer «de l’aide humanitaire» avec sa délégation.

Maintenant, la farce de l’aide humanitaire est revenue à son apogée, alimentée par les déclarations retentissantes de la Conférence épiscopale du Venezuela, de «l’autoproclamé» et du représentant de la Croix-Rouge italienne, qui avait déclaré lors d’une conférence de presse tenue à Rome une distribution de l’aide en plus grandes proportions que celle réalisée en Syrie. Pour désactiver une nouvelle torpille, Maduro a bien fait de recevoir les représentants de la Croix-Rouge internationale.

S’adaptant à l’ennemi «à mesure que l’eau s’adapte au terrain», le gouvernement bolivarien, d’une part, laisse l’auto-proclamé «mijoter  dans son jus», d’autre part, il tente de diriger ce type d’opération dans les circuits juridiques : réitérant que les canaux  assignés à l’entrée de l’aide sont ceux établis par la coopération internationale (avec l’ONU ou l’OMS), canaux qui n’ont jamais échoué et qui ne peuvent être déployés que sur la volonté du président légitime, Nicolás Maduro.

Un concept réitéré à l’ONU par l’ambassadeur Samuel Moncada, qui a dénoncé les intentions criminelles des États-Unis, sa «tentative macabre de destruction», exposée au sein d’une organisation internationale qui aurait pour tâche de préserver la paix. Le Venezuela est au centre d’un conflit géopolitique mondial entre le vieux champ de forces unipolaire, en crise d’hégémonie, et les nouveaux acteurs déterminés à le contenir, dans la reconfiguration d’un monde multipolaire. À présent, le Fonds monétaire international est également entré en jeu, déclarant que «face à la crise humanitaire au Venezuela», il se demande si «reconnaître ou non Guaidó comme président».

Le Venezuela, qui jouit d’une position centrale, tant pour ses immenses ressources que pour les relations sud-sud établies au cours des vingt dernières années, ainsi que pour la mise en œuvre d’un modèle alternatif au capitalisme, vit une situation sans précédent, en établissant des éléments généralisables qui dépassent ses frontières et en construisant une barrière commune contre la barbarie dominante.

http://www.albatv.org/Venezuela-la-leccion-de-Sun-Tzu.html

Déclaration de la Confédération Bartolina Sisa

18/04/2019

 CNMCIOB «Bartolina Sisa»

«Bartolina Sisa», la Confédération nationale des femmes paysannes indigènes de Bolivie, lance la déclaration «Trahison à la patrie et souveraineté nationale».

La Confédération nationale des paysannes autochtones de Bolivie «Bartolina Sisa» (CNMCIOB-BS), se déclare indignée et condamne l’attitude de trahison envers le pays à l’égard des députés nationaux qui demandent au gouvernement nord-américain d’intervenir devant l’Organisation des États Américains (OEA) dans des domaines internes tels que les élections nationales.

La raison en est l’envoi par des députés au président américain Donald Trump, le premier avril. La lettre est signée par la sénatrice Carmen Eva Gonzales et les députés Amílcar Barral, Enrique Siles, Agustín Condori, Norma Piérola, Susana Campos, Cira Castro, Yeimi Peña, Rodrigo Valdivia, María Eugenia Calcina, Isabel Villca et Edgar Rendon. Par cette action, ils démontrent leur incapacité de quatre années d’inefficacité et qu’ils ne sont que de simples laquais du gouvernement nord-américain. C’est pour cette raison qu’ils ont fait appel à leurs pairs les sénateurs démocrates Bob Menéndez et Dick Durbin et le républicain Ted Cruz, afin qu’ils approuvent une résolution contre La Bolivie et le président, en violation flagrante de la souveraineté nationale.

Ces législateurs ont violé la Constitution politique de l’État. Etant donné que leurs fonctions sont de légiférer, de superviser, de gérer et de ne pas s’adresser à d’autres gouvernements pour intercéder en faveur de leurs intérêts politiques, cette action est une trahison à la patrie.

Par conséquent, le comité exécutif de la «Bartolina Sisa» (CNMCIOB-BS) de la Confédération nationale des femmes paysannes autochtones de Bolivie, usant de ses pouvoirs, décide d’approuver ce qui suit :

Déclare :
1. Nous condamnons et rejetons tout type d’intervention portant atteinte à la souveraineté nationale et à la dignité des Boliviens.
2. Nous demandons au procureur d’engager des poursuites pour trahison contre la sénatrice Carmen Eva Gonzales et les députés Amílcar Barral, Enrique Siles, Agustín Condori, Norma Piérola, Susana Campos, Cira Castro, Yeimi Peña, Rodrigo Valdivia, María Eugenia Calcina, Isabel Villca et Edgar Rendon.

3. Nous demandons à la Chambre des sénateurs et des députés d’envoyer la commission de déontologie et de les expulser avec ignominie pour trahison.

4. Nous nous déclarons en état d’urgence et appelons tous les mouvements sociaux de tous les secteurs sociaux à s’exprimer et à organiser la mobilisation afin que ces traîtres au pays soient poursuivis et jugés.

GLOIRE AUX FEMMES QUI ONT DONNE LEUR VIE POUR LA SOUVERAINETÉ NATIONALE!

Mort aux traitres à leur pays! GLOIRE À BARTOLINA SISA!

Source de l’article : http://www.apcbolivia.org/noticias/

Traduction FAL 33

http://www.apcbolivia.org/noticias/noticia.aspx?fill=58679&t=pronunciamiento-de-la-confederaci%C3%B3n-bartolina-sisa:-traici%C3%B3n-a-la-patria-y-a-la-soberan%C3%ADa-nacional

La tête claire, le coeur solidaire et le poing combattif des travailleuses et travailleurs ruraux.

Guatemala | 17 avril  2019

41 ans du Comité d’Unité Paysanne – CUC

Le CUC est une organisation et paysanne présente au niveau national, qui regroupe actuellement des milliers de familles indigènes, blanches ou métisses pauvres.

Son objectif est de contribuer à l’éradication de l’injustice et du système d’exclusion, d’exploitation et d’oppression et de semer les germes d’un nouveau modèle de développement national, basé sur le Bien Vivre.

Parmi les revendications, on note la récupération de la terre mère et du territoire, le respect des Droits collectifs des peuples originaires. Ainsi que le respect des droits politiques économiques sociaux et culturels.

Ainsi que leur lutte contre la discrimination et l’oppression des femmes, la participation active de la jeunesse, pour l’égalité, la justice et la démocratie.

Vidéo en espagnol : http://www.albatv.org/Cabeza-clara-corazon-solidario-y.html

Traduction FAL 33

http://www.albatv.org/Cabeza-clara-corazon-solidario-y.html

Nous ne sommes pas convaincus que le gouvernement colombien veuille respecter les accords de paix

Colombie | 3 avril 2019


Après avoir parcouru les territoires de Cauca, Tolima et Sumapaz en Colombie, les délégués de La Vía Campesina ont indiqué qu ‘»il y a un manque d’application des points de l’accord de paix (signé entre les FARC et le gouvernement) et une remise en cause générale» de l’accord du processus de paix «, de la part des représentants du gouvernement d’Iván Duque.


«Oui, nous avons connu, vécu et entendu une grande motivation chez le peuple colombien, dans les secteurs paysans, pour continuer à miser sur le processus de paix dans le pays», a déclaré Federico Pacheco de Vía Campesina Europe lors de l’ouverture de la conférence de presse mardi 2 avril. La troisième mission de solidarité internationale de la Vía Campesina en Colombie s’est achevée avec cette activité.


Les délégués de LVC ont parlé aux autorités, aux parlementaires et aux communautés paysannes pour savoir comment les points de l’accord de paix signé à La Havane (Cuba) sont mis en œuvre en 2016.


Ils ont mis en garde du fait que l’opposition de la présidence colombienne à la justice spéciale pour la paix «était quelque chose de grave» et que «c’est le processus de paix dans son ensemble, les institutions de défense des droits de l’homme et les systèmes de protection internationaux des droits des Nations Unies qui sont menacés».


«Nous notons qu’il y a une criminalisation des ex-combattants des FARC, qui ont laissé les armes derrière eux il y a deux ans et construisent une économie paysanne au niveau local, une économie qui manque de soutien et de budget pour se développer», a ajouté Pacheco.

Des voix pour la paix


En plus de Pacheco, ont participé à la conférence : Kim Jeong Yeol Kim – Association paysanne de femmes coréennes, María José Venancio – Mouvement national des paysans autochtones (MNCI) d’Argentine et Diego Montón de la Coordination latino-américaine des organisations de terrain (CLOC).


Kim Jeong Yeol Kim a insisté sur l’importance de parcourir les territoires et de parler aux paysans qui luttent pour la paix en Colombie. «Des millions de meurtres, de disparitions et de personnes en prison se sont produits ici. Nous ne les oublierons jamais. Il est essentiel d’organiser la force internationale pour exiger du gouvernement colombien, car nous ne sommes pas convaincus que le gouvernement veuille réellement mettre en œuvre les accords de paix «, a déclaré le dirigeant coréen.


Au sujet du conflit foncier, les délégués ont affirmé qu’ils ne voyaient pas suffisamment de progrès «par manque d’une politique claire qui soutienne l’économie paysanne». «Le gouvernement reste attaché à un modèle agraire qui encourage la monopolisation des ressources, l’extractivisme et l’agroalimentaire», ajoutant qu ‘»il n’existe aucun mécanisme permettant de distribuer 500 000 hectares dans le plan de distribution des terres». Ils ont également dénoncé le fait que les cultures illicites continuent d’être fumigées au glyphosate.


L’Etat est responsable


María José Venancio a déclaré avoir reçu des informations faisant état de plus de 400 assassinats de défenseurs de territoires depuis la signature des accords de paix et que 300 anciens membres des FARC étaient toujours en détention.


«Il n’ya pas d’excuses : l’État est le principal responsable des crimes et des violations des droits de l’homme après la signature des accords de paix. Nous demandons à l’État colombien de mener une enquête pour connaître la vérité sur les meurtres de combattants sociaux. Avec ce nombre de morts, il est évident que l’État ou les agences de surveillance créées ne fonctionnent pas «, a déclaré Venancio. Et il a conclu : «L’accord doit être respecté, non seulement en tant qu’instrument de paix pour la Colombie, mais pour toute l’humanité.»


«Nous sommes convaincus que la paix est un besoin fondamental dans la région et dans le monde. Comme le dit la Déclaration des droits des paysans, la justice sociale est très difficile sans une réforme agraire garantissant l’accès à la terre. J’espère que l’État colombien reconnaît la justice sociale et la réforme agraire comme des impératifs pour parvenir à la paix «, a ajouté Diego Montón.

Couverte spéciale de Radio Mundo Real

Vidéo en espagnol : http://www.albatv.org/No-tenemos-confianza-de-que-el.html

http://www.albatv.org/No-tenemos-confianza-de-que-el.html