Coup d’état électoral dans la république bananière du Honduras

OFRANEH

30/11/2017

Sambo Creek, le 29 novembre 2017.- Le Honduras se réveille une nouvelle fois au bord de l’abîme créé par les intérêts de la direction actuelle du Parti national, qui, après trois jours d’une longue attente, a choisi de consolider l’apparente fraude qu’il préparait des années, pour ainsi se perpétuer au pouvoir, comme cela a été souligné publiquement à plusieurs reprises.

La population est en colère face aux arguties utilisées par le groupe de politiciens de l’administration actuelle, ceux-là mêmes qui ont entrepris une manipulation du comptage des actes, avec une panne record de cinq heures des serveurs du Tribunal suprême électoral (TSE), afin d’empêcher que des membres de leur clan ne soient déportés aux États-Unis, où ils font face à des accusations liées avec le trafic de drogue.

   

La baisse brutale en matière de droits de l’homme et de la gouvernance a commencé avec le coup d’Etat de 2009, quand Manuel Zelaya a été évincé, ce qui a donné lieu à l’effondrement de la démocratie naissante du Honduras, qui a toujours été soumise au pouvoir militaire et bien sûr aux ordres de l’ambassade américaine.

Avec le soutien sans limites de la communauté internationale lors des élections truquées de novembre 2009, et avec la participation quasi exclusive du Parti national, le Tribunal Suprême Électoral a couronné M. Porfirio Lobo qui a donné libre cours au laboratoire social et politique qui a transformé le Honduras et en a fait, de plus, un centre d’opérations pour les cartels de la drogue en Amérique centrale. La côte nord du Honduras a désormais contrôlée par le crime organisé qui s’est également approprié l’appareil politique du système judiciaire et de sécurité. Les faits sont décrits en détail dans les dossiers de la South Court de New York, où le fils de l’ancien président Lobo et d’autres fonctionnaires très proches du parti au pouvoir ont été condamnés.

En même temps, que le Honduras est livré aux cartels de la drogue, est apparu le prophète de la macroéconomie Paul Romer avec la recette du XXIème siècle, des villes modèles, une variante de zones économiques spéciales auxquelles on a rajouté la sous-traitance de la justice et sécurité. La recette de Romer a provoqué un coup d’état à Madagascar pour s’opposer à ce que l’île soit livrée à la filiale DAEWOO de la société métallurgique coréenne POSCO.

Les villes modèles ont été déclarées inconstitutionnelles en Octobre 2012 par la Cour constitutionnelle, alors le Congrès national, qui à cette époque était un fief de l’actuel président Juan Orlando Hernandez  a destitué cette cour en décembre de la même année.

La destitution de la Cour a été l’opportunité d’y intégrer de nouveaux magistrats liés au régime, qui ont ensuite permis de se débarrasser des articles durs qui interdisaient la réélection présidentielle. L’illégalité du coup porté à la Cour constitutionnelle et l’abrogation des articles de la Constitution qui empêchaient la réélection, font partie de la distorsion juridique qui entache le mandat du régime actuel et le processus réélection entrepris par Hernandez.

Le Honduras a atteint en 2012 le chiffre de plus de 90 homicides pour 100 000 habitants. Dans les villes, la moyenne des meurtres dépasse celle des pays en guerre. L’augmentation de la violence était directement liée à la main mise de la côte nord et de l’ouest du pays du crime organisé, qui à l’époque contrôlait apparemment la police nationale en décrépitude.

L’administration actuelle qui se trouve entre les mains du cabinet de conseil McKinsey a commencé depuis 2015 à délimiter du plan d’action du gouvernement, qui inclus la résurrection des Villes Modèle, également appelées aussi Zones d’Emploi et de Développement Économique (ZEDE), ainsi que l’impulsion du tourisme en tant que l’un des axes économiques du pays, qui, face à la violence et à la corruption, est boudé par les touristes.

Mckensey donne les directives en matière de publicité et de propagande, transformant ce qui devrait être normal en extraordinaire. Une prétendue baisse du nombre d’homicides est devenu un énorme succès pour l’administration actuelle, alors que la justice américaine tardivement fait pression sur le gouvernement actuel pour qu’elle remette certains « capos » qui sont liés à la détérioration de la gouvernance au Honduras.

Le coup d’état perpétré hier, plus de 72 heures après la fin des élections, démontre l’absence d’esprit démocratique de l’administration actuelle, qui a apparemment la bénédiction de l’OEA, des États-Unis et de l’Union européenne, tous ceux qui, face à une fraude évidente, ont préféré garder le silence.

   

La menace de répression plane sur le peuple hondurien et l’illégalité du régime est exacerbée malgré sa mascarade électorale. Le cauchemar que vit le peuple hondurien est dans une certaine mesure impulsé par les pays parrains de la narco-démocratie, et il est temps qu’ils assument leur responsabilité.

Nous dénonçons la fraude électorale et nous lançons un appel aux forces de sécurité pour qu’elles évitent un bain de sang.

Organisation Fraternelle Noire Hondurienne, OFRANEH

https://www.alainet.org/es/articulo/189536

 

 

 

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